Communication de crise, mais pas de crise de la communication

28 mai, 2010 28 mai, 2010   28 mai, 2010 0 commentaire

Frédéric Fougerat – Directeur de la communication du groupe Geoservices (Enseignant à l’Institut des Médias de Paris) Editeur de DirComLeBlog

Communication de crise, mais pas de crise de la communication.

Quand l’économie mondiale est affectée par la crise, quand toutes les entreprises, mêmes les plus solides s’économisent pendant la tempête, les professionnels des Relations Presse peuvent avoir à gérer des communications de crise, mais pas de crise de la communication.

Quand l’activité marketing est en stand by, quand les budgets fondent, quand la situation est exceptionnelle, qu’elle le soit de façon positive ou négative d’ailleurs, les Relations Presse sont en première ligne. Non pas que les budgets RP évoluent nécessairement, mais l’activité se densifie, tous les outils doivent être optimisés, et les professionnels des relations media doivent rivaliser de créativité pour maintenir au plus haut l’image et le discours de l’organisation publique ou privée dont ils assurent la promotion.

L’enjeu : rester présent dans la course médiatique. Mais aujourd’hui, le Bruit Médiatique ne se mesure plus seulement aux nombres de lignes dans la presse écrite ou aux temps d’antenne radio ou télé. Le pouvoir du web est de plus en plus important, de plus en plus imposant. Par rapport aux media traditionnels, Internet permet de toucher des populations plus larges et diversifiées, et offre la possibilité de cibler plus facilement son auditoire. Faire le buzz sur le web, c’est immédiatement s’exposer à des milliers, centaines de milliers et parfois millions d’internautes. Faire le Buzz, c’est aussi, finalement, une technique pour accéder aux media traditionnels, sans passer par le circuit habituel des rédactions ou des agences de presse.

Si le pouvoir médiatique s’installe indéniablement sur le web, c’est en grande partie en raison du développement et du succès des réseaux sociaux, que les professionnels des RP exploitent de plus en plus. Si certains n’en sont qu’au stade de l’expérimentation ou de la découverte, d’autres en font déjà un usage plus avancé. Tous, sans le savoir, écrivent une nouvelle page d’histoire de la communication. Les mêmes qui dans les années 80 étaient les pionniers des radios libres, explorent aujourd’hui les nouveaux territoires qu’offrent le web. La seule différence est qu’ils sont  poussés par une nouvelle génération de communicants, née avec le langage HTML.

Internet repousse toutes les limites d’espace, de temps ou de géographie, et va nous installer durablement dans une culture de l’instantané, de l’immédiat, du live. Aujourd’hui, chacun peut, facilement,  produire et diffuser du texte, des images et du son. Mais les schémas de pensée du monde économique, politique ou médiatique n’ont pas encore bien intégré cette révolution douce et pourtant radicale.

Bien que le monde soit à la conquête de ses nouveaux territoires, nous sommes, en réalité, au degré zéro de l’exploitation des possibilités offertes par le web en général, et par les réseaux sociaux en particulier. Pourtant, nous devrions déjà réfléchir à des gardes fous, à une déontologie, à un contrôle ou à une sélection de l’information.

Le rôle des professionnels des RP dans les années à venir sera d’apprendre à manier et dompter un outil de communication qui sera de plus en plus incontournable. Leur responsabilité sera d’imaginer, inventer, créer les règles ou les moyens nécessaires pour garantir la reconnaissance et le crédit des informations que nous diffuserons sur le web, conditions indispensables pour ne pas contribuer, nous-même, à créer une société de désinformation.

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