Comment rater ses relations avec la presse !!!

3 mai, 2011 3 mai, 2011   3 mai, 2011 0 commentaire

Bernard Giroux & Pierre Zimmer

 

 

 
Comment rater ses relations avec la presse
Ed de l’Archipel 2011

Plaidoyer pour un respect mutuel

Des ouvrages sur les relations avec la presse, il en existe une kyrielle. Sans vouloir faire de la peine aux auteurs, s’ils sont souvent bien faits, ils suintent fréquemment l’ennui. En publiant « Comment rater vos relations avec la presse », nous avons parié sur les vertus pédagogiques de l’humour. Certains de nos lecteurs nous ont dit que nous avions forcé le trait en décrivant des communicants ignorant tout des journalistes auxquels ils s’adressent et des journalistes toisant les attachés de presse comme s’ils n’étaient que de vulgaires marchands de salade. Quitte à étonner, en fait, nous avons plutôt pêché par excès de pudeur et de retenue.

Il s’agissait en fait de dissiper un malentendu. Du côté de la sphère com’, ce qui nous surprend toujours depuis le temps que nous y évoluons, c’est que beaucoup de chargés de relations avec la presse n’ont aucun respect et aucune considération pour la mission d’informer si essentielle dans nos démocraties et ne sécrètent que défiance vis-à-vis des journalistes.

Or, que les choses soient claires, si l’on veut travailler efficacement avec la presse, il faut conjuguer respect de la mission et relations de confiance. Cela implique de comprendre les contraintes dans lesquelles évoluent les journalistes, qu’elles soient techniques, temporelles ou financières.

C’est d’ailleurs un des paradoxes de notre médiacratie : la place des médias n’a jamais été aussi centrale dans nos sociétés, l’offre d’information ne cesse de croître grâce notamment à internet qui a bouleversé les façons de travailler ; pour autant les moyens alloués au traitement de l’information n’ont pas augmenté : les rédactions s’effilochent et le travail des journalistes n’a jamais été aussi difficile. Ils ne savent plus où donner de la tête. Hiérarchiser et traiter la masse d’information dont nous sommes abreuvés devient une tâche titanesque.

La plupart des journalistes exercent heureusement leur métier de bonne manière dans des conditions souvent difficiles. Il est inexact de penser que tous les journalistes ne pensent qu’à piéger leurs interlocuteurs et leur nuire. Il leur arrive même de connaître leurs dossiers correctement. Quant au métier lui-même, il est plus délicat à exercer qu’on ne l’imagine car il exige curiosité, réactivité et esprit de synthèse.

Lorsque le journal Les Echos, une fois l’an, confiait à une centaine de personnalités du monde politique et du monde économique le soin d’assumer la sortie du quotidien, il est connu que la plupart de nos têtes d’œuf en bavaient.

Du côté des journalistes, il faut qu’ils apprennent eux aussi à ne pas mépriser systématiquement les attachés de presse qui tentent eux aussi de faire correctement leur travail. Ces derniers également subissent des contraintes hiérarchiques, avec des patrons qui n’éprouvent guère de respect pour la presse et les journalistes. Un grand patron cynique ne disait-il pas « après tout, un journal ça sert aussi à emballer le poisson ». Les chargés de com’ subissent aussi des contraintes économiques et financières. Certes, les entreprises cotées ne sont qu’au nombre de 700, mais les dircoms de ces entreprises exercent leur métier avec la crainte de peser négativement sur les cours boursiers. Cela ne rend pas audacieux.

Une des meilleures directrices de la communication de la place parisienne a dû quitter un grand groupe coté car on lui imputait, d’ailleurs à tort, la chute du cours boursier de l’entreprise après un article critique sur la stratégie du groupe paru dans un news magazine.

Au delà des anecdotes authentiques dont nous avons truffé notre livre, notre message subliminal est bien de faire comprendre aux diverses forces en présence que le respect mutuel est le meilleur et certainement le seul gage de la réussite.

 

 

 

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