Steve Jobs : génie oui, mais du marketing

7 octobre, 2011 7 octobre, 2011   7 octobre, 2011 0 commentaire

Matière à réflexion : Bernard Petitjean et Corinne da Costa – Seprem Etude & Conseil

 

 

 

A l’annonce de la mort de Steve Jobs, le maire de New York, Michael Bloomberg, a estimé que le fondateur d’Apple « restera dans l’histoire à l’égal d’Albert Einstein et de Thomas Edison », ce qui n’est pas exact.

Steve Jobs n’a en effet inventé ni l’informatique, ni le micro ordinateur, ni le baladeur numérique, ni Internet, ni le smartphone, ni la tablette tactile, ni le cloud computing, ni, bien sûr, les normes qui permettent de créer des écosystèmes fermés et lucratifs ou la gestion autocratique de l’entreprise.

Son talent était d’abord celui d’un grand marketeur, c’est à dire d’un maître d’une discipline qui cherche à définir des offres de biens et de services en fonction des attitudes et des comportements des consommateurs ou de la société en général.

C’est cette capacité d’observation sans a priori et d’analyse non uniquement technicienne qui l’a conduit à remplacer des lignes de codes informatiques par des interfaces intuitives, à comprendre que ce qui était utile devait désormais aussi être beau, à transformer les outils nécessaires que sont l’ordinateur ou le téléphone en moyens d’accès à la distraction et à la convivialité, ou encore à prendre toute la mesure du nouveau nomadisme.

Mais observer et comprendre n’est pas tout. Jobs se référait souvent à Henry Ford, inventeur de la première voiture populaire, qui aimait à dire : « Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils attendaient, ils auraient répondu « un cheval plus rapide » et non une voiture ».

Dans un monde où l’on recherche le consensus à tout prix par manque de courage ou absence de conviction, le fondateur d’Apple avait aussi pour mérite de nous rappeler que, s’il faut de plus en plus observer et mesurer, il faut aussi être capable de promouvoir une vision, contre vents et marées.

Mort, Steve Jobs n’a plus que des amis. Vivant, il se réjouissait d’avoir des ennemis, car il avait compris que c’est l’affrontement qui permet de transformer des différences en préférences pour créer de la valeur et de la fidélité, définition du processus de construction des vraies marques.

Lors d’une de ses dernières interventions publiques, cet homme sensible qui était aussi un homme debout, a délivré un conseil que peuvent désormais méditer tous ceux qu’affolent des changements trop rapides et la disparition des repères traditionnels : « Nous allons tous mourir bientôt. Si l’on veut agir, c’est maintenant ».

Bon travail, et à vendredi prochain pour une nouvelle « Matière à réflexion ».

Bernard Petitjean (bpetitjean@seprem.fr)
et Corinne da Costa (cdacosta@seprem.fr)

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