Les mutations de la photo, ou les leçons d’une révolution numérique

14 octobre, 2011 14 octobre, 2011   14 octobre, 2011 0 commentaire

Matière à réflexion : Bernard Petitjean et Corinne da Costa – Seprem Etude & Conseil

 

 

 

Il aura suffit de quelques années pour que la photo argentique disparaisse (ou presque) au profit du numérique. Cette révolution qui s’achève a fait beaucoup moins de bruit que celle qui agite le monde des médias qui, à leur tour, sont confrontés au passage du support papier au virtuel. Dommage, car la mutation est désormais suffisamment ancienne pour qu’on puisse en tirer quelques leçons.

Le passage de la photo imprimée dont la production implique un coût, à la photo numérique qui n’en a pas, a eu pour première conséquence une très forte augmentation de la production d’images. Selon Marc Héraud, Secrétaire général du Syndicat national des supports d’image et d’information (SNSII), un propriétaire d’appareil numérique compact prend en moyenne actuellement 1.000 photos par an, soit exactement 10 fois plus qu’à l’époque de l’argentique. Comme l’information, la photo qui était rare est désormais omniprésente et a perdu une part de sa valeur.

C’est l’impression sur des supports physiques de tous ordres qui permet de redonner de la valeur aux images et aux professionnels du secteur d’envisager l’avenir avec optimisme.

Pour beaucoup de photographes amateurs, la photo papier est tout d’abord un support de stockage rassurant pour tous ceux qui s’inquiètent de la pérennité des supports numériques. C’est la revanche de la bibliothèque sur le disque dur.

Par ailleurs, l’impression des photos est aussi le moyen d’accéder à des sensations que n’offre pas le virtuel. Dans un article du « Nouvel Economiste » consacré à la photographie, Sophie Catonné, responsable marketing de Smartphoto souligne que « la consultation d’une photo papier suscite une satisfaction incomparable à celle d’un visionnage sur ordinateur » et fait une comparaison entre la lecture d’un magazine en ligne et du même titre imprimé. D’un côté, l’information efficace mais froide, de l’autre, l’émotion et la polysensualité.

La fonction de stockage et la dimension émotionnelle de la photo imprimée sont à l’origine de nouveaux usages qui induisent de nouveaux supports : l’achat de tirages livrés en vrac dans une triste boîte est en chute libre, mais les ventes d’albums et de calendriers s’envolent, car ces nouveaux supports permettent de raconter une histoire. Et lorsque la photo devient un élément de décoration ou un moyen de personnaliser des objets, c’est toujours le support physique qui augmente la valeur perçue.

Dernière leçon pour les professionnels des médias imprimés : la revanche du papier n’a été possible que parce que les professionnels de la photo ont multiplié les moyens d’accès au support physique, de l’impression à domicile au magasin en passant par les bornes et les commandes en ligne.

Bon travail, et à vendredi prochain pour une nouvelle « Matière à réflexion ».

Bernard Petitjean (bpetitjean@seprem.fr)
et Corinne da Costa (cdacosta@seprem.fr)

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