Interview d’Yves BIGOT Directeur des programmes de RTL

19 octobre, 2011 19 octobre, 2011   19 octobre, 2011 0 commentaire

Culture RP a eu le privilège de rencontrer Yves BIGOT, Directeur des programmes de RTL depuis 2010. Il nous livre des infos sur la grille de rentrée, marquée notamment par l’arrivée de Stéphane BERN, mais aussi ses réflexions sur la stratégie et la philosophie de la première radio de France.


Voilà un an que vous êtes arrivé chez RTL en tant que Directeur des programmes de RTL, quel est le bilan ?

Il est très agréable de travailler au sein d’une chaîne de radio qui soit aussi professionnelle et qui prenne autant en considération ses auditeurs. L’ADN de RTL, sa culture, au centre de toutes les décisions, c’est nos auditeurs. Ca me va bien car c’est également ma façon de penser. J’ai eu la chance, à la rentrée 2010, d’avoir le temps de m’immerger dans la culture RTL et de procéder à des réglages dans les émissions de la grille précédente, ce qui m’a permis de comprendre le fonctionnement de la maison. En un an, on aura fait un gros effort collectif.

L’an dernier, RTL a connu de très beaux succès d’audiences. Peut-on dire que 2011-2012 sera la saison de la consolidation pour vous ?

C’est le cas. Christopher BALDELLI aura changé, en 3 ans, 60% de la grille 5h-20h, et c’est beaucoup pour RTL qui est une radio de fidélité et de régularité. Mais ces changements ont tous payé, que ce soit pour l’info ou les programmes. J’ai travaillé sur une grille d’été, on en attend les retours d’audiences mais on sait d’ores et déjà que les retours qualitatifs sont excellents. Nous avons introduit pas mal de nouveaux concepts comme « Rendez-moi mon portable » avec Daniela LUMBROSO, « RTL autour du Monde »  avec Sidonie BONNEC « Mon RTL à moi » avec Philippe LABRO, qui semblent avoir plu à nos auditeurs.

Qu’y a-t-il de nouveau dans la grille de rentrée ?

Beaucoup de choses dans cette grille de rentrée dont un changement éditorial chez Flavie FLAMENT ou encore l’arrivée de Marie DRUCKER au « Journal Inattendu ». Le challenge cette année était d’avoir une offre cohérente et éclectique entre les émissions  de service de Courbet, le talk-show de Stéphane BERN, à Pradel (mystère, suspense) et Flavie FLAMENT (testimonial, écoute) et les « Grosses Têtes » (Culture). Evidemment le gros changement c’est Stéphane BERN et c’est un changement à long terme (deux saisons minimum).

Comment s’est passé votre rencontre avec Stéphane Bern et son arrivée au sein d’RTL ?

Très naturellement et simplement. Nous nous sommes rencontrés sur l’évidence que Stéphane était fait pour RTL et vice-versa. C’est un animateur qui est très RTL dans sa sensibilité. Il peut se permettre toutes les plaisanteries car il y a de l’esprit et de la culture derrière. Il incarne l’esprit français. D’ailleurs, il a toujours été influencé par Philippe Bouvard. C’était logique de lui proposer de venir chez nous, d’autant plus qu’on sentait qu’il était prêt à évoluer.

Comment se font des prises de décisions, comme changer le contenu éditorial de l’émission de Flavie FLAMENT ?

Pour ce cas particulier, ce qui nous a amené à réfléchir, c’est l’arrivée de Stéphane Bern, qui a été un changement majeur pour l’offre de programmes d’RTL parce que les auditeurs d’RTL avaient l’habitude d’un jeu à cette tranche horaire et de Jean-Pierre FOUCAULT. Collectivement nous avons décidé de faire un changement à long terme, en pensant à l’avenir. L’arrivée de Stéphane BERN et la pérennisation des « Grosses Têtes » (NDRL : qui ont prolongé leur contrat jusqu’en 2014) ont fait que nous avons une émission très consommatrice d’invités sur la tranche 16h-18h et une autre entre 11h et midi. On ne pouvait pas en avoir une autre entre les deux, notre offre aurait été trop similaire. Flavie avait exprimé le désir d’avoir une émission interactive / témoignages auprès des auditeurs, donc l’occasion était parfaite. C’est d’ailleurs RTL qui a inventé ce concept d’émission testimoniale et sociétale au début des années 60, avec « Le Courrier du Cœur » de Marcelle SEGAL, donc nous somme revenus à un des fondamentaux d’RTL et qui manquait un peu dans la grille.

Quel est le message que vous avez souhaité faire passer cette année dans la campagne pub rentrée ?

Les mots clés sont humeur, humour, pertinence et impertinence. Tout le monde parle d’indépendance, en cette année électorale. Nous, on va le prouver. Tout le dispositif électoral avec des chroniqueurs qui nous ont rejoints comme Nicolas DEMORAND. L’indépendance n’est pas un vain mot. Elle est garantie par les actionnaires. RTL offre un mélange de pertinence (avoir du sens, du décryptage, du retour immédiat, soyons dans notre époque) et d’impertinence (qui nous protège d’être parisianistes, élitistes) est ce que je souhaite et demande à tout le monde. N’oublions pas l’humanité et la proximité. Quand on dit que RTL est une famille c’est que ça inclut nos auditeurs. Ils font RTL, pas seulement à travers les émissions interactives mais parce qu’ils sont au centre de notre réflexion. Cette notion de lien, « RTL c’est vous », « Vivre ensemble » (Slogans RTL Ndrl)… C’est ça la magie, on fait de la radio pour eux, on cherche ce qui va leur plaire. J’ai un peu le sentiment que c’est quelque chose qui manque dans la société actuelle. On demande aux animateurs de mettre à la place des auditeurs : « qu’est-ce que vous demanderiez aux invités à leur place ? ».

Quel est votre rôle ?

Je suis là pour avoir une vision de ce que l’on est en train de faire et où l’on va, au delà de 5 ans dans les médias ça ne sert à rien, tout change tellement vite, mais il faut que j’ai une idée d’à quoi ressemblerait théoriquement la grille dans 3 ou 4 ans. A la radio, la vie est longue, quand on installe Stéphane BERN, on se dit que ça serait bien que ça marche assez rapidement, mais le but c’est que ça marche encore dans 10 ans. Nous sommes une radio de longévité : « Stop ou Encore » est dans sa 41ème année, « Les Nocturnes » dans la 38ème, « Les Grosses Têtes » dans la 35ème, Julien COURBET dans la 11ème. On fait du long terme. J’ai aussi un rôle dans la communication, j’ai validé les mots-clés qui ont été définis pour chaque animateur dans la campagne pub actuelle, qui correspondent à l’inflexion éditoriale souhaitée.

Vous devez passer beaucoup de temps à analyser l’audience ?

Oui, j’ai la tête dans les chiffres pour comprendre les audiences. Je suis dans le « quali’ » comme le « quanti’ ». Il faut avoir de l’expérience et savoir analyser quand un programme a besoin de temps pour s’installer, la radio a besoin de beaucoup plus de temps que la télé. Nous étudions les courriers de auditeurs, mais travaillons aussi de manière scientifique, avec des études, globales, spécifiques (focus émissions, tranches, indispensable pour ne pas commettre des erreurs).

Quelles sont vos prévisions d’audiences pour la saison ?

J’ai appris à ne jamais répondre à cette question, ni à la radio, ni à la télé. On ne sait jamais ce qu’il se passera. Des évènements peuvent arriver à tout moment et changer l’offre médias française, le marché qui évolue, de nouveaux concurrents.Ce que l’on souhaite c’est rester leader. Et préparer l’avenir.

Pourquoi RTL est leader ?

RTL a toujours été leader. C’est dans ses gènes. J’ai observé RTL toute ma vie et c’est encore plus flagrant maintenant que j’y suis : RTL est un paquebot, qui vire lentement, en s’y prenant très à l’avance et en sachant où ça va aller. Il y a une continuité et une cohérence dans sa pensée, une vision de soi même et de ses auditeurs. Le problème dans les médias aujourd’hui, c’est que certains ne savent plus quelle est leur propre culture d’entreprise et leur nature, peut-être à cause de changements permanents de management. Nos auditeurs et les équipes internes savent qui est RTL.

Au delà de la réputation de RTL (on s’y sent bien), qu’est-ce qui vous a motivé pour accepter le poste de Directeur des Programmes l’an dernier ?

Cette réputation est très vraie. Quand je suis arrivé ici, je connaissais déjà beaucoup de gens qui travaillaient ici. Celui qui m’a motivé, c’est Christopher BALDELLI. Il m’a passé un coup de fil et j’ai dit OK. On se connaissait de France 2 où il a été mon patron pendant 6 ans et c’était une vraie envie de retrouver notre collaboration, en confiance et dans le soutien. Toute ma vie, j’ai été le concurrent d’RTL. Il y avait bien un moment où il fallait qu’ils m’achètent !

Ca ne vous manque pas de ne pas revenir à vos premières amours, d’être acteur de vos émissions ?

Non, car un des plaisirs que j’ai avec RTL est que nous sommes très impliqués dans la musique. On aime mettre en avant les gens les plus talentueux et populaires, dans les émissions, les concerts au Grand studio, du rock, du jazz, là on va faire du classique dans très peu de temps. On reçoit de nombreux artistes, on donne des RDV. Mon métier, c’est la communication. C’est un seul métier de connaître des gens, de leur parler, de découvrir des talents et de répondre aux artistes même si on les refuse. On a une liste de titres qui doivent correspondre à ce que souhaitent les auditeurs d’RTL : Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, Laurent Voulzy, Alain Souchon, Francis Cabrel sont des partenaires historiques. Au-delà de cette playlist, il y a « Laissez-vous tenter », une émission quotidienne qui traite de toute l’actualité des spectacles et de la culture.

Vous vous sentez en phase vis à vis de l’engagement musical d’RTL pour la saison?

Oui. Notre offre est variée. On a Georges LANG et François JOHAN toutes les nuits pendant 4 heures. Une émission de jazz avec Jean-Yves CHAPERON tous les dimanches soir « L’Heure du Jazz ». On va proposer exclusivement de la vraie musique live au Grand Studio.On ne se désengagera pas de la musique classique à la rentrée, car on va recruter un nouveau spécialiste du classique pour « Laissez-vous tenter ». Et j’ai pris l’initiative de lancer des concerts classiques chez RTL avec un concert du pianiste Lang Lang en octobre. On a misé récemment sur l’artiste anglaise Rumeur, elle est passée en live au Grand Studio, a fait un duo avec Laurent Voulzy. On a aussi misé et diffusé tout l’été l’artiste Jali, dont l’album sort chez Barclays. Pour tous ces coups de cœurs sur des nouveaux artistes, le défi c’est de voir quels sont les artistes qui vont séduire nos auditeurs.

Comment voyez vous votre avenir professionnel? Savez-vous où vous serez dans 5 ans ?

Chaque fois qu’on tombe amoureux c’est pour la vie. Je n’y pense pas aujourd’hui, je suis heureux aujourd’hui à RTL.

 


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