Etienne Mougeotte : une rentrée 100% convergence pour le groupe FIGARO

2 novembre, 2011 2 novembre, 2011   2 novembre, 2011 0 commentaire

Interview d’Etienne MOUGEOTTE pour Culture RP :

La rentrée du Groupe Figaro a été très dense en matière d’actualité : nouvelles pages thématiques, nouvelles applications mobiles et tablettes. Malgré une progression de l’audience de tous ses supports en 2011, le groupe Figaro est toujours en alerte face à la nécessité de s’adapter sans cesse aux évolutions technologiques.

C’est Etienne Mougeotte, Directeur général adjoint du groupe Le Figaro et Directeur des rédactions, qui nous dévoile la stratégie mise en œuvre pour 2012.

Lors de la conférence de presse de rentrée du Figaro, le mot d’ordre était : “Une rentrée 100% convergente”. Pourriez-vous nous détailler cette stratégie (print, web et mobile)?

La convergence est le rapprochement entre le print et le numérique et la fusion des rédactions du quotidien et du Figaro.fr.

Aujourd’hui, Le Figaro est une rédaction bi-médias où chacun des journalistes peut travailler à la fois pour le quotidien et pour le site web.

Naturellement, ceci se fait en fonction d’une organisation précise, avec au centre une rédaction issue d’internet en charge du flux sur Lefigaro.fr. Cette rédaction s’appuie sur les services (culture, sport, économie, etc.) qui travaillent sur le quotidien et le site.

Nous sommes donc une rédaction bi-média, voire tri-média (30 émissions vidéos / semaines sur le site et un portail vidéo en Décembre 2011).

En quoi cette stratégie de convergence est-elle rentable pour le groupe?

Le développement d’Internet et le développement de la publicité online se font, en partie, au détriment du papier. Internet attire de plus en plus de publicité.

Je donnerais également l’exemple des petites annonces : 80% des PA du Figaro sont sur Figaro Classified (la plateforme internet des petites annonces, ndlr).

Nous nous devons donc d’être présents sur ces marchés. Si l’on raisonne de manière  macroéconomique, la publicité papier aura tendance à se transférer sur Internet.

Il faut donc que le Groupe Figaro se développe sur Internet mais également que nous confortions et adaptions nos publications print (Le Figaro, Le Figaro Magazine, Madame Figaro…)

Cette année, vous annoncez que les diffusions de vos différents titres (Le Figaro quotidien, Le Figaro Magazine, Madame Figaro…) sont en progression, comment expliquez-vous cette évolution?

Cela s’explique par deux choses. Tout d’abord, nous avons connu ces derniers temps une actualité fournie, intéressante dans beaucoup de domaines : le Printemps Arabe, l’affaire DSK et les diverses questions économiques et financières.

Par ailleurs, nous avons rénové le Figaro Magazine, Madame Figaro et le quotidien. Nous avons aujourd’hui des supports papiers qui répondent aux demandes nouvelles des lecteurs qui sont souvent également des internautes : 70% des lecteurs du Figaro vont au moins une fois par jour sur Internet.

Quelles sont les clés du succès du format pocket pour Madame Figaro?

Il attire un public féminin plus jeune, moins CSP+, intéressé par une publication qui reprend le contenu de Madame Figaro mais qui dans sa forme est mieux adapté à une clientèle jeune, y compris avec son prix de vente (1€).

Je suis frappé  de voir à quel point le format pocket est une formule qui fonctionne : c’est un nouveau produit de presse, qui reprend les contenus dans un autre conditionnement et distribué autrement. C’est donc une clientèle supplémentaire qui vient s’ajouter à la clientèle fidèle et à l’audience de Madame Figaro. Ce qui publicitairement est bienvenu.

Dans le courant du dernier trimestre 2011, votre offre éditoriale globale s’étoffera. Pourquoi une telle diversification, au moment où les autres groupes de presse tendent à se recentrer sur leurs fondamentaux?

C’est une diversification qui ne déroge pas à l’ADN du Figaro. Nous développons des domaines où le Figaro est parfaitement légitime : le golf, la bourse, la santé, la gastronomie et le vin.

Nous lançons le Figaro Santé Numérique, domaine qui fait partie depuis très longtemps des domaines fondamentaux du Figaro.

 

CultureRP : Etienne MOUGEOTTE nous détaille le contenu des nouvelles pages en lancement actuellement sur le Figaro.

Le Figaro.fr/Santé : informations médicales documentées sur les maladies, les symptômes, les traitements et l’actualité médicale.
C’est 4 pages quotidiennes en kiosque tous les lundis depuis 20 mois avec un grand succès. Sa déclinaison est un site d’information médicale avec le souci de personnaliser selon l’internaute (programmes de forme, poids, âge, sexe…)
Date de lancement : Octobre 2011

Le Figaro.fr/lavisduvin : des pages vin, champagnes et œnologie. La personnalisation est possible, nous avons une énorme plateforme d’informations sur les crus, les productions, les marchands, les foires aux vins. Nous nous adressons à ceux qui apprécient le vin et qui s’intéressent à l’œnologie.
Date de lancement : Août 2011

Le Figaro Nautisme : Les lecteurs du Figaro ont une forte affinité avec la voile. Nous proposerons des infos et services (comme la météo, le Figaro est propriétaire de Météo Consult). Nous avons en ce domaine expertise et légitimité.
Date de lancement : Novembre 2011

Les pages Paris : du lundi au vendredi, tout sur la vie parisienne, du pratique (météo, circulation, les travaux), l’actualité de la ville, culture et les évènements qui font la force de la vie parisienne.
Date de lancement : lundi 29 septembre


Quelles sont les raisons du leadership du site internet Figaro.fr?
(ndlr : Lefigaro.fr est le premier site d’information en France depuis près de 3 ans avec 11,4 millions de VU et 2,7 millions sur mobiles en moyenne entre janvier et juillet 2011 – Source Médiamétrie)

Ce succès est le fruit d’un travail de fond et d’un bon marketing. Il y a 3 ans nous n’étions pas leaders, nous y sommes parvenus via beaucoup de contributions journalistiques. De plus, nous avons bénéficié de l’expertise des journalistes du quotidien papier.

Nous avons vécu un fort changement de la manière de travailler du Figaro : nous devenons diffuseurs d’informations continues, au même titre que les télés ou les radios. On ne vit plus au rythme des bouclages comme par le passé.

En quoi vous différenciez-vous, par rapport à vos concurrents, sur le dispositif que vous allez mettre en place pour suivre les élections présidentielles?

A l’occasion des élections présidentielles 2012, nous aurons une offre très diversifiée sur Internet car nous bénéficions d’un très fort service politique du quotidien.

La politique du Groupe sur le mobile?

Un développement d’applications Smartphones est en cours, et il y a une nouvelle « appli’ » du Figaro depuis mi-septembre pour iPhone et Androïd, idem sur les tablettes pour chacun des supports du Groupe (14 applications au total).
L’internet mobile prend une place de plus en plus importante. Dans deux ou trois ans, nous estimons que 75% des connexions se feront via l’appli mobile et 25 % via le site.
Donc nous avons une stratégie ambitieuse dans l’internet mobile (Smartphones et tablettes).

La politique du Groupe sur les réseaux sociaux ?

Le Groupe Figaro exploite toute la richesse du web 2.0. Nous avons plusieurs Community managers mobilisés pour impacter notre présence sur les réseaux sociaux et fidéliser nos internautes. Nous utilisons les réseaux sociaux à la fois pour diffuser nos infos et pour créer des communautés.
Twitter est typiquement une activité mobile, Facebook moins. Facebook est un point de passage incontournable pour des grandes marques de presse. Tous nos grands concurrents (Fance et International) sont présents donc nous souhaitons nous développer sur Facebook.

Le lecteur du Figaro dans 10 ans sera-t-il différent de celui de 201?

Surement. J’ai du mal à vous dire exactement à quoi il ressemblera.

Car celui d’aujourd’hui est différent d’il y a 10 ans, non dans ses opinions mais par ses comportements de consommation des médias. Il utilise Smartphones et tablettes en plus du print. Il y a 15 ans, les gens apprenaient les informations par le journal. Aujourd’hui, ils les apprennent par Internet ou la télévision.

Le rôle du support papier est donc d’avoir une valeur ajoutée, par l’analyse et la mise en perspective.

Le comportement du lecteur du Figaro va évoluer à mesure que se développent et se propagent ces nouvelles technologies. Nous avons une réactivité forte, étudiant sans cesse comment nous adapter.

A un moment donné  nous avions pensé que l’internet était du tout-payant, là  nous revenons à un modèle économique mixte. Un grand portail financé par la publicité et des services payants à forte valeur ajoutée.

Quelles différences y a-t-il à diriger un grand groupe de presse par rapport aux fonctions que vous assuriez au sein du Groupe TF1?

Quand j’étais sur TF1, j’avais la responsabilité d’une grille de programmes avec 25% d’info 75% de divertissement. Le Figaro c’est fondamentalement de l’info et des services.

Ce qui se ressemble est que le public reste le public. L’attitude appropriée vis-à-vis de ses internautes, lecteurs et téléspectateurs est la même : comprendre leurs attentes et y répondre. C’est très différent de concevoir les pages éditoriales du Figaro et de produire la Star Ac’ mais la posture est la même, se demander ce que les gens attendent et se mettre au service de son public.

Vos souhaits pour l’année 2012?

Je souhaite que nous ayons les moyens d’adapter nos produits, nous développer pour répondre aux attentes de nos lecteurs et internautes, qui sont exigeants sur la qualité attachée à la marque Figaro et attentifs aux évolutions technologiques.

Je souhaite également que la situation économique globale s’améliore, même si j’en doute beaucoup.

 


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