Twittus Politicus

21 février, 2013 21 février, 2013   21 février, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Antoine Dubuquoy, co-auteur avec Nico Prat, du livre Twittus Politicus, décryptage d’un média explosif.

Qu’est ce qui vous a poussé à écrire ce livre?


Le livre est né d’une envie de comprendre l’engouement des politiques pour Twitter. Et de chercher à en expliquer l’impact réel sur le débat politique, mais aussi sur le mode d’expression des acteurs de la vie politique. Enfin, nous nous sommes interrogés, Nico Prat et moi, sur le décalage entre la notoriété acquise par le réseau social depuis l’affaire DSK, le fait qu’il soit constamment mentionné dans les médias traditionnels sans pour autant que le grand public ne s’en empare massivement. La percée de Twitter chez les ados a été constatée à la fin de l’été 2012, et aujourd’hui il ne compte qu’un peu plus de 5 millions d’utilisateurs en France, contre plus de 25 millions pour Facebook.

Selon vous, quelle est la force de Twitter par rapport aux autres médias sociaux?

La force de Twitter réside dans sa simplicité apparente, et surtout dans la contrainte des 140 caractères du tweet. C’est une école de la concision. Il faut pour avoir de l’impact avoir le sens de la formule et de la répartie. C’est un pur outil de conversation. Cela étant, j’insiste sur le mot “outil”. Twitter est d’un usage totalement polymorphe. Il se plie à toutes sortes de besoins. On peut s’en servir pour de la veille, de la conversation, de la diffusion d’informations. Il est utilisé aussi bien par des célébrités que des anonymes. On n’y sent pas la pression des marques ou de messages publicitaires car chaque utilisateur peut modeler sa TL (timeline) comme il l’entend.

Comment les médias traditionnels se positionnent-ils par rapport à Twitter ?

Il est intéressant d’analyser l’évolution de la perception de la nature de Twitter depuis 2 ans. Pendant les comparutions de DSK devant la justice américaine, des chaînes françaises demandent à leurs envoyés spéciaux de ne pas diffuser leurs informations sur Twitter en premier, pour des raisons contractuelles. Le CSA s’en émeut et recommande de ne citer ni Twitter ni Facebook puisque ce sont des marques commerciales, mais de dire “les réseaux sociaux”. Des usages se sont mis en place, d’abord spontanément comme le live tweet (LT) d’émissions de télévision (La Nouvelle Star, The Voice, L’Amour est dans le Pré, etc.), puis orchestrés par des agences. Aujourd’hui, les chaînes de télévision elles-mêmes ont intégré le LT dans le programme, avec diffusion des tweets à l’antenne. Les journalistes se sont appropriés Twitter et entrent en relation directe avec leurs publics. Twitter est devenu un média complémentaire, qui peut être utilisé soit en accompagnement d’un média classique soit à l’extrême en média de substitution pour accéder à de l’actualité chaude.

Quelles sont les limites de Twitter?

Ce qui fait sa force, à savoir cette concision extrême découlant des 140 caractères peut s’avérer un piège pour qui ne maîtrise pas l’outil. 140 caractères, c’est très court. Certains experts en communication politiques laissent entendre que Twitter hystérise la vie politique. On a pu le constater pendant le débat sur le mariage pour tous à l’Assemblée Nationale. On parle de tout, de rien, on fait des vannes, on trolle, on milite.  On interagit, parfois de façon rude avec d’autres parlementaires ou avec monde extérieur. Sans filtre. Twitter n’est à mon sens pas auto-suffisant pour qui veut mettre en place une stratégie de communication efficace. Twitter est multi-usage certes, mais n’est pas LA solution ultime.

Pensez vous que les personnalités politiques sont davantage sur Twitter que sur d’autres réseaux sociaux? Si oui pour quelles raisons?

Les personnalités politiques, locales ou nationales, ont bien compris que pour exister il fallait avoir de la visibilité dans les médias. L’accès aux médias traditionnels, radio, presse ou télévision est soumis à certains codes, à une certaine temporalité. Twitter a cet avantage d’être accessible à tout moment et de permettre de s’adresser directement à ses followers. Pour peu qu’on compte des influenceurs parmi eux, le message peut avoir un impact immédiat et se propager de façon virale par le jeu des retweets (RT).
Les politiques sont loin d’être les seuls à utiliser Twitter. Les journalistes sont présents de façon massive. Le show business, acteurs, chanteurs, artistes y voient une occasion de renforcer la relation qu’ils entretiennent avec leur public.

Si on ne devait retenir que 2 tweets sur l’année 2012, quels seraient-ils?

Sans hésiter, le tweet de Valérie Trierweiler  (@Valtrier) soutenant le rival de Ségolène Royal (“Courage à Olivier Falorni, etc.) dans une élection législative très serrée. Et celui de Barack Obama (@barackobama) annonçant sa victoire (“Four more years”)

Antoine Dubuquoy
@dubuc64

 

Articles en relation :

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à laisser une réponse.

Laisser un commentaire