Valentine Petit attachée de presse musique, freelance à Londres

26 février, 2013 26 février, 2013   26 février, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Valentine Petit, attachée de presse « musique », freelance à Londres

Depuis votre expatriation à Londres il y a environ 2 ans avez-vous aujourd’hui une journée type ?

Tout l’intérêt de ce métier est là : il n’y a pas de journée-type. Je travaille avec parfois plusieurs mois d’avance sur la sortie d’un album ou d’un single pour mettre en place un plan de communication, la rédaction de communiqués et autres dossiers de présentation destinés à promouvoir le produit. Disons qu’une journée-type hors période de promotion où l’on enchaîne les interviews, consiste en la rédaction de dossiers de presse et communiqués, la relance des médias, la gestion des demandes de presse au quotidien et bien évidemment la communication via les réseaux sociaux. Mon premier geste le matin est de prendre connaissance des derniers messages postés par mes artistes, leurs fans, les médias et plus largement les différents intervenants du milieu du spectacle sur Twitter et Facebook, et d’y répondre ou relayer les informations. Je poste moi-même des news tous les jours avec des messages différents selon les cibles, cette activité « sociale »occupe une bonne partie de ma journée.

Selon vous que faut-il avoir comme qualités pour travailler dans ce domaine quand on vient de France? Et pourquoi là-bas?

C’est avant tout un métier de passion et conviction, qui requiert également des connaissances techniques en stratégie marketing et relations presse. Il est aussi utile de comprendre le fonctionnement des réseaux de production et distribution. C’est également un domaine où il faut faire preuve de beaucoup de rigueur dans le choix des messages et leur mode de distribution, le but étant de transmettre l’information et non pas de la faire. Les qualités personnelles nécessaires sont la disponibilité, le sens du relationnel et la détermination. Le fait d’être mélomane est un plus évidemment. Enfin je pense qu’il est plus facile de promouvoir des artistes auxquels on croit et que l’on aime, j’ai cette chance puisque j’ai choisi les artistes avec lesquels je travaille. La condition essentielle lorsqu’on vient de France est la maitrise de la langue anglaise, mais aussi une bonne connaissance du marché musical anglais et européen, et l’identification des médias les plus adaptés au type de musique que l’on cherche à promouvoir. Pourquoi le Royaume-Uni ? Parce que c’est le berceau du rock ! Londres est une ville qui vibre au rythme de la musique, c’est un carrefour culturel plein de métissages avec malgré tout un rayonnement international, et un marché beaucoup plus diversifié que le marché français.

Quelle est selon vous l’importance des relations presse dans le domaine de la musique dans une stratégie de communication ?

Les relations presse sont essentielles mais s’inscrivent dans une stratégie de communication globale et ne peuvent fonctionner sans un plan média réfléchi et structuré. Les RP lancent et soutiennent une campagne tandis que la créativité et l’interaction avec le public vont la relancer constamment, par le biais des réseaux sociaux notamment grâce aux campagnes de teasers sur Youtube, et aux messages relayés entre médias, fans et artistes sur Facebook ou encore Twitter.

Utilisez-vous régulièrement les médias sociaux pour communiquer auprès de vos cibles ? Et plus largement que pensez-vous de leur rôle sur le métier des RP ?

Quotidiennement oui. Si l’industrie du disque a beaucoup évolué ces dernières années, la communication musicale également. Elle devient de plus en plus sociale, privilégiant les connexions entre fans pour le partage de leurs coups de cœur musicaux. Avec le développement de radios web et autres sites communautaires de partage de musique, les codes ont changé : les relations presse traditionnelles sont aujourd’hui relayées parla communication via les réseaux sociaux où l’information est immédiate, accessible à un maximum de cibles au même moment, et, surtout, interactive.

La pratique des RP est-elle différente entre Paris et Londres, notamment dans l’univers musical ou plus largement culturel ?

La pratique des RP est différente d’une ville à l’autre surtout en matière de positionnement vis-à-vis des cibles qui varient. Le marché n’est pas le même, les médias non plus, il faut donc s’adapter au public et à la presse locale. L’univers culturel étant très varié et développé à Londres, il faut également identifier les bons médias pour la promotion de tel ou tel produit ou artiste. Là où le marché français sera plus réceptif à l’œuvre d’un chanteur, les Anglais eux vont analyser le « package » qu’il représente : sa personnalité, ses influences, ses textes, son image … Le marché britannique est l’un des plus compétitifs au monde, mais aussi l’un des plus orientés stratégie marketing. Si la musique est vue comme une industrie culturelle en France, au Royaume-Uni elle est perçue comme une activité commerciale des plus lucratives.

Comment envisagez-vous ce métier dans les années à venir ?

Notre métier est en constante évolution, de par le développement du web et ses nouvelles technologies et outils de communication mais aussi des nouveaux comportements des consommateurs. Cela reste un métier d’avenir car la gestion de l’image d’un artiste et la promotion de ses albums et tournées sont essentielles et leur succès dépend de l’accueil qu’en fait le public. Or il y a de moins en moins de filtres entre l’émetteur et le consommateur de par la propagation des réseaux sociaux. Le rôle d’attaché de presse reste donc un maillon essentiel de la chaîne de communication.

Twitter: @Honeybee2fly

 

 

 

Marc Michiels :

– Chargé de la ligne éditoriale, Interviews : Culture RP
– Community Manager : @Culturerp  @Argusdelapresse
Artiste, Écrivain et Critique Littéraire : @lemotlachose @LaCauselit

 

 

 

 

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