La presse hebdomadaire régionale toujours bien présente !

9 avril, 2013 9 avril, 2013   9 avril, 2013 0 commentaire

Culture RP a souhaité se pencher de plus près sur le métier de journaliste en presse hebdomadaire régionale. Nous avons ainsi recueilli le témoignage de Samuel Sauneuf, 33 ans, rédacteur en chef du Pays Malouin. Ce titre de PHR paraît chaque jeudi à 10 800 exemplaires, touche environ 38 000 lecteurs et est distribué sur la région de St-Malo.

 

 

Quelles sont selon vous les spécificités du métier de journaliste en presse hebdomadaire régionale ?

On demande avant tout à un journaliste de PHR de s’intéresser à son territoire et aux gens qui y vivent. Il est les yeux, les oreilles et le porte-parole de ce qui s’y passe.

Un journaliste de PHR est généralement très polyvalent. Nous pouvons très bien traiter un sujet économique le matin, culturel le midi et couvrir un fait-divers le soir. C’est d’ailleurs ce qui fait la richesse de ce métier. Il offre une vue panoramique de l’actualité locale. Même si nous avons tous nos préférences et nos domaines de prédilection, nous ne sommes pas spécialisés. Cela suppose des compétences et une culture générale élargies

Le localier est également proche de ses lecteurs. C’est un avantage, cela offre une vraie richesse humaine mais c’est aussi une difficulté. Je prends l’exemple d’un fait-divers de dimension nationale qui se passe sur notre secteur. De par la connaissance de son territoire et des gens qui y vivent, un journaliste de PHR aura accès plus facilement à certaines informations, contrairement à un journaliste débarqué depuis Paris. Mais ce dernier, une fois son enquête effectuée et son article rédigé, va rentrer tranquillement dans la capitale. Le localier, lui, est attendu au tournant le jour de parution. Son article sera lu et décortiqué. La responsabilité de ce que nous écrivons est d’autant plus importante. Ce jour-là, en allant chercher son pain avec ses enfants, il pourra également croiser dans la rue des personnes directement concernées par l’affaire évoquée. Cette proximité, comme vous pouvez l’imaginer, n’est pas toujours simple à gérer.

 

Selon un article récent du nouveleconomiste.fr, seul un titre sur deux appartenant à la PHR est actif sur internet. Qu’en est-il du Pays Malouin ?

Le Pays Malouin possède son propre site Internet depuis un an et demi. Nous sommes également présents sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter. Nous avons créé notre propre page Facebook avant même le lancement de notre site, il y a un peu plus de deux ans. Au départ, elle nous servait simplement à offrir une visibilité au journal. On y publiait simplement la Une chaque semaine. Depuis, nous l’alimentons davantage. Nous sommes montés en puissance tout en veillant à ne pas “deshabiller” notre version papier. Nous profitons de notre présence sur Internet pour relayer à chaud certains sujets qui seront, de toute façon, repris par les quotidiens dès le lendemain. Elle nous sert aussi à relayer des informations pratiques (météo, horaires de cinéma, etc…) à nos lecteurs. C’est un véritable service gratuit que nous leur offrons.

 

Quel en est le bilan aujourd’hui ? Avez-vous capté un lectorat différent ?

Notre page Facebook, principal relais de notre site Internet, est suivie par 2 700 “likers”. Comme je vous le disais, elle offre une visibilité numérique au journal. Nos “likers” savent ainsi, chaque semaine, quels sujets sont traités dans le journal.  C’est un plus bien évidemment pour les inciter à nous acheter ensuite en kiosque.

Journalistiquement parlant, cette page Facebook nous permet également d’échanger avec nos lecteurs. C’est aussi un véritable outil professionnel : elle peut nous servir, par exemple, à lancer des appels à témoins, à recueillir des infos, des photos, etc…

Enfin, elle nous permet aussi de nous faire connaître (et apprécié semble-t-il) auprès d’un public, peut-être plus jeune, qui ne faisait pas la démarche de nous acheter en kiosque.

 

Selon vous, qu’est-ce qu’un bon attaché de presse ?

Un bon attaché de presse ne doit pas seulement chercher  à me “vendre” un papier. Si c’est le cas, notre relation sera très limitée… Je compte sur lui, déjà, pour me faciliter la tâche en tant qu’intermédiaire, et pourquoi pas d’être une véritable source d’information, et pas seulement un relais de communication.

 

Comment envisagez-vous l’avenir de la PHR ?

Sereinement car les gens me semblent de plus en plus attachés à leur territoire. Ce qui se passe près de chez eux les intéresse. Et comme nous sommes un relais entre la population et les gens qui font vivre ce territoire, les journaux locaux continueront à avoir leur place. Maintenant sous quelle forme ? Papier ? Numérique ? J’espère les deux le plus longtemps possible.

 

 

 

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