Transparence dans les RP ? Mais depuis quand ?

23 avril, 2013 23 avril, 2013   23 avril, 2013 0 commentaire

Voilà un mot dans l’air du temps, la transparence. Un mot quasi inusité jusqu’à présent dans la société française et qui semblait réservé à nos confrères d’Outre-Atlantique. En apparence seulement.

On demande de plus en plus aux décideurs politiques la transparence sur leurs décisions, sur leur motivation, sur leur gestion, et pas uniquement sur des questions financières ou de lutte contre la corruption.  On demande aux entreprises, aux organisations, de rendre compte des conséquences de leurs activités sur tous les sujets pouvant avoir un impact sur la santé humaine, sur l’emploi, sur l’environnement, sur les riverains, etc.

Dans nos métiers, comment mettre en œuvre ce si complexe mécanisme de transparence et surtout que recouvre-t-il ?

Les derniers développements de l’affaire désormais célèbre du buzz Carambar ont démontré que donner une information non fiable et même mensongère, est une dérive que nous, professionnels, ne saurions cautionner. En l’espèce, il s’agissait tout bonnement d’un manquement à  l’article 3 du Code de Lisbonne qui stipule :

« Dans son comportement professionnel, le professionnel de relations publiques doit faire preuve d’honnêteté, de probité intellectuelle et de loyauté.

Il s’engage notamment à bannir tous commentaires et informations qui, à sa connaissance ou appréciation, sont mensongers ou trompeurs.

Dans cet esprit, il doit veiller à éviter l’usage, même accidentel, de pratiques ou de moyens incompatibles avec le présent Code ».

Honnêteté, probité, loyauté, information : les 4 facteurs de la transparence, support de la confiance

C’est … la base déontologique de nos métiers de RP

La transparence suppose  que nous mettions à jour les mécanismes qui sous-tendent les décisions prises par nos clients, les donneurs d’ordre, sur leurs motivations, éventuellement sur leur gestion.

C’est le cas sur pratiquement tous les sujets intéressant les entreprises et les organisations auprès desquelles nous sommes missionnés afin d’établir des messages qui seront donnés aux médias.

Diable ! Voilà qui remet en cause quelques-uns des messages que nous avons pu entendre ces derniers temps… et qui souligne  la déontologie de nos métiers, pourtant bien encadrée par trois textes : le code de Lisbonne (1978) déjà cité, le code d’Athènes (1965), et l’arrêté Peyrefitte (1964) qui régit toujours notre profession.

Pour mémoire, voilà ce que dit l’article premier de cet arrêté :

« Art. 1Le Conseiller en Relations Publiques, qu’il appartienne aux cadres d’une entreprise ou qu’il soit établi à titre indépendant, a pour mission de concevoir et de proposer aux entreprises ou aux organismes qui font appel à ses services les moyens d’établir et de maintenir des relations confiantes avec le public et d’informer ceux-ci de leurs réalisations et, en général, de toutes questions intéressant leur activité. »

Autrement dit, confiance et transparence sont liées. Et c’est précisément parce qu’elles le sont que le conseiller en relations publiques, et singulièrement le conseiller en relations médias (l’ancien « attaché de presse »), se doivent d’être exemplaires dans la diffusion d’informations relatives à leurs clients.

Aujourd’hui, avec l’avènement du Web 2.0, le conseiller en relations médias est en relation directe non seulement avec son public de référence, les journalistes, mais aussi avec son public de destination, grand public ou publics spécialisés.

Sa mission de conseil l’oblige grandement. Il doit faire preuve vis-à-vis de son client d’une nécessaire pédagogie pour permettre à ce dernier de s’engager sur le chemin ardu et escarpé de la transparence et, in fine, de la confiance, en toute conscience de sa responsabilité sociétale.

Notre métier ne change pas fondamentalement de nature, mais il doit s’adapter aux nouveaux modes de communication.  Avec le 2.0 et bientôt le 3.0, nos messages sont directement disponibles sur les smartphones, les tablettes, les PC … Tout le monde peut aisément avoir accès à ces informations. De fait, les cibles sont fréquemment moins … ciblées !  Il nous appartient donc d’être encore plus responsable qu’avant dans nos manières de communiquer et de valider nos interventions.

Ethique … Et toc !

Ne nous y trompons pas, ce débat autour de la transparence  est à resituer au sein des règles qu’ont définies nos pères fondateurs. Les conseillers en relations publiques et les conseillers en relations médias doivent une stricte observance de nos codes déontologiques, piliers de démocratie. Le sujet demeure d’actualité.

A ceux qui nous rangent – parfois un peu vite – dans les  bureaux des communicants, et donc dépendant de la stratégie marketing, nous rappelons ce que l’affaire Carambar vient de démontrer : à trop mentir, on n’informe pas, on désinforme. Pire, on discrédite !

A ceux qui ne voient en nous que des auxiliaires d’information, nous répondons que notre vocation est d’instiller du sens et de permettre la confiance … dans les messages d’information d’une organisation.  En toute transparence en somme.

Marie-Pierre Medouga-Ndjikessi vice-présidente du SYNAP, Martine Cartier, membre du SYNAP

Profession et codes sur le site du SYNAP : http://www.synap.org/index.php?action=rubrique&id=20

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