Le plaisir de lecture est sur papier

31 mai, 2013 31 mai, 2013   31 mai, 2013 0 commentaire

Matière à réflexion : Bernard Petitjean et Corinne da Costa – Seprem Etudes & Conseil

La lecture d’informations sur Internet est une pratique qui concerne la quasi totalité des connectés. Mais, entre le support imprimé et les différents écrans, deux lecteurs de magazines sur trois privilégient le premier. Cette préférence est un atout à ne surtout pas négliger.

Selon la 3ème édition du volet français de l’étude Deloitte « State of the Media Democracy », 74% des Français préfèrent lire des magazines en version papier, même si la plupart des informations qu’ils contiennent sont accessibles en ligne.

Cette préférence de 2 Français sur 3 pour l’imprimé par rapport aux différents écrans ne s’explique que très partiellement par l’âge des répondants. En effet, si pour les 47 ans et plus, ce chiffre passe à 77%, il est tout de même de 70% chez les 24-29 ans réputés plus technophiles, et de 66% chez les 14-23 ans qui sont nés et ont grandi au milieu des écrans.

Cet attachement aux supports imprimés est tout aussi forte chez les plus petits, comme l’indiquent les résultats d’une enquête réalisée par le groupe PlayBac ( « Mon quotidien », « Le petit quotidien », « L’actu », etc) auprès de 100.000 de ses abonnés : 85% des 9-16 ans ne souhaitent pas remplacer leur journal papier par un exemplaire numérique et 47% ne veulent même pas recevoir la version numérique en complément de leur journal papier !

Pour analyser correctement ces chiffres surprenants, il faut tout d’abord bien différencier « consommation » et « préférence ».

La consommation d’information en ligne concerne désormais la quasi totalité des connectés, qu’elle se fasse via les différents portails, les moteurs de recherche, les sites de médias ou les réseaux sociaux. Face à cette concurrence, qui non seulement ne disparaitra pas mais ira en s’amplifiant, la presse imprimée n’est forte que de la préférence qui lui est accordée. Mais cette « côte d’amour » est très importante, si l’on considère que la préférence augmente la « valeur perçue » et conditionne la fidélité.

Il existe deux explications possibles pour cette préférence accordée aux supports imprimés.

La première est la capacité qu’ont les éditeurs de magazines à travailler « la forme du fond » en utilisant les différentes écritures journalistiques, la typographie, l’illustration et la maquette pour optimiser l’accès à l’information, créer des surprises et, finalement, augmenter l’utilité de lecture tout en la doublant d’une lecture plaisir. Face aux supports imprimés, cette prise en compte de l’importance de la forme est faible sur les sites de médias et la plupart des applications pour smartphones qui privilégient l’utilité. Mais elle est totale avec les applications pour tablettes et, bien sûr, les versions numériques des magazines qui en transposent les atouts sur écran en les enrichissant de fonctionnalités Web 2.0.

La seconde explication tient à la nature même du support papier qui crée une relation physique et polysensuelle avec les marques média, et qui est difficilement remplaçable pour les titres très affinitaires qui proposent des informations à centres d’intérêt ciblés comme pour ceux qui ont une fonction de découverte ou de distraction. Les enfants n’ont pas fini de guetter le facteur et les adultes de roder autour des kiosques …

Bernard Petitjean (bpetitjean@seprem.fr)
et Corinne da Costa (cdacosta@seprem.fr)

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