Quand un journaliste parle de RP

12 juillet, 2013 12 juillet, 2013   12 juillet, 2013 0 commentaire

“Journalistes : mode d’emploi”,
LE livre utile pour vos vacances et votre rentrée !


Vous y croiserez sous la plume de son auteur, Paul Becquart auto-éditeur du livre « Journalistes : mode d’emploi – Réussir ses relations avec la Presse », de nombreux exemples concrets, anecdotes et excellents conseils, issus de son expérience et de son regard sur les relations humaines qui font les Relations Presse. Un ouvrage débordant de bon sens, illustré par des citations, des cas pratiques sur les contraintes professionnelles d’un journaliste, sur le fichier presse, les communiqués presse et dossiers presse, ce qu’il faut faire… Et ne pas faire ! Son livre est par ailleurs animé par un ton puissamment humoristique : tout ce qu’il faut pour frapper la mémoire de ses lecteurs, à qui il suffira d’appliquer cette mine de bons conseils dès la rentrée !

 

Comment est née l’envie de partager votre expérience au travers de cet ouvrage ?

En tant que journaliste, je rencontre des centaines de chefs d‘entreprise, de porteurs de projet, de cadres, de représentants de collectivités, de membres et président(e)s d’associations et bien sûr de particuliers. Chaque jour, j’ai bien dit chaque jour, je reçois près de 300 mails dont une trentaine de « vrais » Communiqués de Presse quand ce ne sont pas directement des dossiers de presse ( !). Je me retrouve donc depuis 13 ans dans une position très favorable pour observer ces acteurs.

Et force est de constater que les Relations Presse, réelles ou virtuelles, souffrent souvent d’improvisation, de naïveté et d’un  …  certain manque de schizophrénie. J’entends par là le manque cruel de conscience qu’il puisse exister un « ailleurs » que son propre écran !

– Quelle est mon apparence ?
– Comment suis-je perçu ?
– Mon document est-il suffisamment « sexy » pour espérer être lu ?
– Comment est-il lu ?
– Que se passe t-il derrière l’écran ?
– A quoi le journaliste est-il susceptible ?
– Que puis-je pour lui ?
– Quelle image a-t-il de mon entreprise ?

J’ai donc tenté de transformer ce poste d’observation en livre, pour rendre service à tous ces acteurs et particulièrement à ceux qui ne peuvent jouir de l’apport d’un spécialiste en Relations Presse.

 

Vous évoquez, non sans humour, quelques anecdotes de la vie d’un journaliste provincial. Avez-vous le sentiment que les journalistes sont souvent incompris de leurs interlocuteurs ?…
Et que le fait d’exercer hors de la capitale soit un handicap ou au moins une spécificité qui n’est pas toujours comprise ?

Deux questions en une ! Vous êtes journaliste ?

Incompris de mes interlocuteurs ? C’est flagrant ! « On » nous place le plus souvent dans un rôle de photocopieuse quand ce n’est pas dans un rôle de « stagiaire toujours à l’heure ». Vous savez celui à qui on apprend « son » métier … Il y a un réel décalage de perception entre la personne humaine, la fonction de journaliste et les contraintes professionnelles liées au journalisme. Nous devenons souvent un « Oui mais vous les journalistes ! »

Quant à l’exercice provincial du métier de journaliste, cela dépend du média. S’il s’agit d’un média national, oui je le ressens comme un handicap dans la mesure où nous ne sommes qu’une voix et une plume pour nos rédactions. Associons à cela le statut très particulier de pigiste et nous devenons des journalistes à usage « presque » unique… Difficile de se faire une véritable notoriété auprès des acteurs locaux (sauf des particuliers).
Dans le cas d’un média régional, c’est totalement différent puisque nous sommes perçus soit comme acteur ou comme levier puisque nous sommes susceptibles de partager les mêmes sphères d’influence que nos interlocuteurs (amis, clubs, associations, connaissances, réseaux, etc.).
Mais il est clair que pour le provincial le parigot reste très attractif !

 

Qu’ont changé les médias sociaux dans votre pratique et votre façon de communiquer ?

Ahhh, la question de l’année 2013 !
Pour ma part, pas grand-chose mais mon expérience en la matière est faible. Toutefois, j’y observe beaucoup d’invitations, beaucoup de nouvelles discussions (pardon monologues), beaucoup de CV (opportunistes ?) et peu de retours !
Dans l’exercice strict de mon métier, je m’intéresse peu à l’histoire de la personne. Je n’ai donc aucune raison professionnelle de visiter tel ou tel profil. Je ne le ferai que si j’ai une idée derrière la tête …
Mais, je comprends qu’ils puissent devenir un atout professionnel pour les consultants si la personne parvient à devenir une référence à force de discuter avec intelligence sur les réseaux. Ce principe dit de « pollinisation » est un travail permanent, régulier et difficile qui peut devenir payant !

 

Vous enseignez les Relations Presse : quel sont les messages essentiels à faire passer auprès des futurs intervenants du secteur ?

Le message principal reste : « Vous n’êtes pas le seul centre du monde ! »

Parti de cet adage, je m’efforce de faire comprendre que dans l’expression Relations Presse, il y a le mot Relations. Cela implique une forme de séduction. Or quand il s’agit de séduire quelqu’un, nous masquons les boutons récalcitrants, nous mettons du sent-bon et surtout nous ne disons pas toute la vérité le premier jour ! De ce fait, on se présente de manière « séduisante » et on ne dit que ce qu’il ou elle aimerait entendre. La séduction, c’est l’art de faire accepter ses défauts … plus tard !
C’est la raison pour laquelle dans les relations Presse, il est bon de devenir schizophrène pour comprendre ce que voit, lit et entend le journaliste. Charge au communicant de vendre son « produit » à la seconde approche … donc pas dans le Communiqué de presse mais au téléphone ou de visu ! Le CP sert à séduire et non à raconter sa vie …

 

Quels retours ou commentaires avez-vous eus sur votre livre truffé d’expériences et de bons conseils ?

La phrase qui me revient le plus souvent, doublée d’une mimique de consternation est : « c’est vrai … et en plus c’est évident ». Cela ne veut pas dire que de ce livre jaillit la vérité ! Heureusement ! Cela veut dire que beaucoup d’aspects humains sont devenus tellement évidents qu’ils ont été oubliés de la mémoire collective. Il faut juste prendre un peu de recul.
Je suis, également, assez étonné que certains (provinciaux) puissent évoquer avec autant de précision certains passages du livre. Cela m’encourage à continuer dans cet exercice et de partager par écrit mes observations, mon expérience et pourquoi pas mes échecs … professionnels, bien sûr ! Quoique …

 

 

 

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