ITW de Reiko Mori, attachée de presse d’origine Japonaise à l’agence FORT et CLAIR

29 octobre, 2013 29 octobre, 2013   29 octobre, 2013 0 commentaire

Reiko, tout d’abord vous n’êtes pas nombreuses dans cette profession à être d’origine japonaise. Quel a été votre parcours pour occuper la fonction de Relations presse en France?

 

 

 

 

Ma passion était la cuisine. Quand j’étais étudiante à Nara, j’ai toujours travaillé dans un restaurant français. Après ma licence de philosophie à l’université nationale japonaise pour les filles (Nara Jyoshi Daigaku), j’ai décidé de venir en France pour passer le CAP cuisine, que j’ai obtenu en 2004. J’ai découvert les métiers de la communication après avoir travaillé dans des restaurants français à Paris et à Kobe, ma ville natale. Quelqu’un m’a parlé du métier d’attaché de presse que je ne connaissais pas à cette époque. J’ai découvert ensuite ce métier à l’EFAP pendant 2 ans. Dans cette école où la plupart des filles postule dans l’univers de la mode, j’ai rencontré Frédérique Ludier, un des mes enseignants travaillant dans le milieu de la restauration, qui m’a présenté Jeannine Coureau.

Je suis entrée dans l’agence de Jeannine spécialisée dans la gastronomie et le vin en tant que stagiaire. Depuis, je ne l’ai jamais quittée. En février 2013, Jeannine Coureau a associé Laurence Desmousseaux et elles ont créé toutes les deux l’agence FORT et CLAIR, toujours spécialisée dans la gastronomie, le vin et le tourisme etc.

Vous avez notamment travaillé avec la Maison de thé japonais Jugetsudo, la bière japonaise Kirin, le chocolatier Henri Le Roux et le restaurant SOLA (1 étoile Michelin), pouvez-nous nous donner les spécificités organisationnelles, les différents positionnements de communication que vous avez dû mettre en place pour ces marques?

J’ai aussi eu l’expérience de travailler dans une agence spécialisée dans la gastronomie à Tokyo, où j’ai participé à l’ouverture du 1er restaurant “Pierre Gagnaire à Tokyo”. Le métier d’attachée de presse est très peu connu au Japon et les clients japonais pensent toujours que le contrat de 1 mois suffit pour lancer un produit ou informer les médias de l’ouverture d’une boutique ou d’un restaurant. C’est toujours difficile à leur expliquer que la parution presse ne tombe pas toute seule et que le rapport que les attachés de presse construisent au fur à mesure de l’année avec les journalistes est très important. Pire, le client pense souvent que leur produit est le meilleur du monde et tous les journalistes l’admirent. Mais ce n’est souvent pas tout à fait vrai…

Il n’y a pas vraiment de différence pour des spécificités organisationnelles ni pour les différents positionnements de communication entre les clients japonais et les clients français. La langue peut-être. Nous échangeons tout le temps en japonais avec les clients japonais.

La différence entre la presse française et la presse japonaise, c’est que les journalistes font corriger leur texte à l’attachée de presse avant l’impression de l’article, ce qui est très judicieux pour éviter tout malentendu.

Avez-vous utilisé plutôt les médias traditionnels ou les médias sociaux?

Depuis que je travaille à l’agence FORT et CLAIR, j’utilise également les médias sociaux qui sont très importants à notre époque. Mais les journalistes de médias traditionnels sont ma priorité pour le moment.

Parlez-nous de la spécificité de votre agence au sein de FORT et CLAIR et notamment de l’évènement sur le saké qui c’est déroulé en juin de cette année?

FORT et CLAIR a été fondé en février 2013 par Jeannine Coureau et Laurence Desmousseaux, toutes les deux attachées de presse dans le domaine de la gastronomie et le vin. Avec Anne-Laure, nous sommes 4 personnes dans l’agence avec 2 stagiaires. Effectivement, c’est une petite agence. La spécificité de l’agence repose aussi sur ma particularité de posséder une culture japonaise. Les organisateurs du Salon du Saké étaient déjà clients de l’ancienne agence de Jeannine Coureau (restaurant SOLA 1étoile Michelin). Ils nous ont confié naturellement les relations presse de ce Salon.

Au cours de ces deux journées, pour ne citer qu’eux Ryoko Sekiguchi ( auteure), Laurent Feneau (chroniqueur gastronomique et auteur), Haruo Matsuzaki (professeur et critique en saké) ont animés diverses conférences, tables rondes. Comment s’est déroulé votre relation aux médias pour mettre en avant cette manifestation?

J’ai mis l’accent sur l’aspect “une première en Europe”. Les producteurs de Saké avaient  déjà beaucoup participé aux Salons du Vin dans le monde, mais jusqu’à maintenant, il n’y avait pas de Salon spécialement dédié au “Saké japonais”.

Par exemple, Monsieur Jihei Isawa, descendant de la prestigieuse Maison Katsuyama, est venu spécialement du Japon. Comme il était le seul producteur qui maîtrisait le français, j’ai organisé plusieurs interviews pour les journalistes audiovisuels qui souhaitaient avoir un interlocuteur francophone devant le micro.

Quelles sont selon vous, les bonnes pratiques RP lorsque l’on s’occupe d’un salon ayant pour couleur les traditions d’un pays comme le Japon?

J’ai contacté beaucoup de correspondants japonais en France et mes compatriotes dans le milieu culinaire à Paris. Ils sont souvent fiers de retrouver les produits de qualité de notre pays et ils deviennent eux-même de très bons prescripteurs pour les français.

Souhaitez-vous ouvrir d’avantage l’univers des Relations presse pour les clients français vers le Japon? Et si oui, que conseilleriez-vous aux clients français sachant que la communication est bien différente entre les occidentaux et les japonais?

Je travaille avec beaucoup de correspondants japonais à Paris, mais cela représente une petite partie de la totalité des médias japonais. Je crois que, comme son nom l’indique, l’attachée de presse doit rester près des médias. Si je voulais travailler avec les médias japonais, je devrais être à Tokyo. Ce sera très difficile de travailler à Paris avec les médias japonais à cause du décalage horaire, le nombre d’informations limité et l’organisation des événements sur place etc.

Comment voyez-vous à l’avenir l’évolution de votre métier?

Je pense que la France est un des meilleurs pays au monde quand on travaille dans l’univers de la gastronomie. Il y a une vieille tradition que le monde entier respecte et aussi les meilleurs produits qui sont certifiés de l’appellation d’origine contrôlée.

D’autre part, il me semble que beaucoup de journalistes français dans l’univers culinaire apprécient la culture japonaise. Comme je travaille notamment avec les médias français, cela a du sens que je travaille pour la promotion des produits japonais encore méconnus en France. Je suis vraiment heureuse de travailler à Paris où les deux cultures se respectent profondément.

 

 

 

Marc Michiels :

– Chargé de la ligne éditoriale, Interviews : Culture RP
– Community Manager : @Culturerp  @Argusdelapresse
Artiste, Écrivain et Critique Littéraire : @lemotlachose @LaCauselit

 

 

 

 

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