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Thierry Gadault, focus sur le fondateur et rédacteur en chef du site Hexagones.fr

10 novembre, 2014 10 novembre, 2014   10 novembre, 2014 0 commentaire

Cité parmi les innovations 2014 lors des assises du journalisme de Metz qui ont eu lieu du 16 au 18 octobre dernier, le site hexagones.fr entame son quatrième mois d’existence sur la toile. Une opportunité que nous avons saisie pour faire connaissance avec Thierry Gadault, le fondateur et rédacteur en chef du site.

 

 

site d'info hexagones

Pouvez-vous nous décrire d’abord l’idée derrière la création du site Hexagones.fr et ensuite en quoi consiste votre ligne éditoriale ?

Révéler la France telle qu’elle est. Nous sommes un site magazine, uniquement du reportage, de l’enquête et de l’investigation. Pas d’actu. Cette ligne est la traduction de deux éléments qui s’imposent à nous : d’une part, faire du journalisme c’est d’abord prendre son temps et éviter de réagir à chaud à des faits d’actu bruts; d’autre part, seuls les lecteurs peuvent financer la presse par leur abonnement. Mais pour les convaincre de s’abonner, nous devons leur proposer un contenu différent des sites d’actu gratuits, donc une information enrichie par l’enquête et le reportage qui donne un sens à l’actu.

 

 

Photo thierry Gadault

 

 

 

Pourquoi avoir choisi le nom Hexagones ?

Le projet étant de parler de la France dans toutes ses composantes, le nom Hexagones, avec un s pour traduire ces différentes dimensions, s’est imposé naturellement, au moment de l’élaboration de la ligne éditoriale il y a un an.

 

 

Quel est l’avantage d’avoir une telle implantation régionale lorsque l’on veut traiter d’une actualité à envergure nationale ?

C’est non seulement un atout mais aussi une nécessité pour appréhender au mieux les différentes réalités du pays. L’information « nationale » n’est pas seulement produite à Paris, mais sur l’ensemble du territoire. Pour faire une enquête sur l’islam en France- sujet « national » s’il en est- il n’est pas nécessaire d’être à Paris; en revanche, la capacité de faire des reportages sur ce thème aussi bien à Marseille qu’à Strasbourg ou Brest permet de montrer comment cette question est vécue dans ces différentes parties du pays.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus concernant la taille de votre rédaction et comment fonctionnez-vous en règle générale ?

La rédaction compte une quinzaine de journalistes pigistes réguliers- une partie à Paris et l’autre installée dans plusieurs grandes villes- et nous sommes ouverts aux collaborations plus ponctuelles. Tout ce qui compte, c’est l’intérêt du sujet proposé et la manière dont il sera traité et mis en forme.

Quel est votre rythme de production sur une semaine ?

Nous avons deux éditions par semaine (mardi et vendredi). Le nombre de papiers publiés dans chaque édition varie en fonction du type de sujet traité : ça va de l’enquête avec un seul papier à un dossier de 6 papiers. Nous publions aussi des chroniques (généralement le vendredi) et avons ouverts un espace blog pour permettre à des non-journalistes de s’exprimer.

Est-ce que être passé sur le web change votre manière de faire du journalisme ? Peut-on dire que vous faites du web journalisme ?

Le web-journalisme n’existe pas en tant que tel. Un journaliste fait du journalisme, quel que soit le support qui diffuse son contenu. Le web, en cela, ne change rien à la pratique du métier qui est de sortir, d’aller sur le terrain, de rencontrer des interlocuteurs et de raconter en essayant d’être le plus honnête possible.

En revanche, avec les technologies numériques, le web a permis la fusion des différents types d’écritures journalistes (écrit, son, image, photo). Il est évident que cette nouvelle écriture multimédia constitue un atout essentiel et permet d’accroître significativement la qualité du contenu proposé aux lecteurs.

Quelles sont les deux raisons principales qui vous ont poussé à choisir le format web ? Auriez-vous pu faire la même chose au format papier ?

Le web est devenu le support majeur de diffusion de l’information, il était donc normal de nous lancer sur internet. D’autant que les coûts générés y sont très faibles par rapport notamment à la presse papier traditionnelle. Nous pouvons concentrer nos moyens sur l’achat du contenu.
Ce projet n’aurait pas pu exister sous une forme papier, en raison justement des coûts élevés générés par la fabrication et la distribution.

Justement quel est votre avis concernant l’avenir du format papier ?

Le papier est en fin de vie. Il est actuellement remplacé par de nouveaux supports de lecture, comme les smartphones et les tablettes. Et demain très certainement par le « papier électronique« .

Votre modèle économique est basé sur les abonnements en ligne : combien en avez-vous aujourd’hui et quel est votre objectif à court et à moyen terme ?

Hexagones est en ligne depuis le 20 juin 2014. Nous avons franchi la barre des 600 abonnés. Notre point d’équilibre est autour de 7000 abonnés, un niveau que nous comptons atteindre en 2 ou 3 ans.

Revenons à la genèse de ce projet : parlez-nous brièvement de votre carrière et comment êtes- vous arrivé sur le web ?

J’ai commencé en 1990 à la Cote Desfossés (quotidien boursier). J’ai travaillé ensuite à La Tribune, à L’Expansion puis au Nouvel Economiste. En 2005, j’ai créé une lettre professionnelle sur les télécoms et les médias EuroTMT et en parallèle j’ai commencé à travailler sur différents projets de site d’information en ligne.

A peu près à la même époque, Denis Robert m’a fait rencontrer l’un de ses copains, Marcel Gay, qui avait un petit site d’information locale en Lorraine (Infodujour) et qui souhaitait le transformer en portail national d’information régionale. Quand ce projet s’est arrêté en 2013, j’ai poursuivis ma réflexion sur l’évolution de l’information nationale en ligne, ce qui a abouti à la création d’Hexagones.

Et pour finir : quel est le sujet ou le dossier que vous avez traité et qui vous a apporté le plus de satisfaction ? Pourquoi ?

Il n’y en a pas un seul, mais quasiment tous. L’interview de Jean-Luc Mélenchon publiée au mois de juillet constitue ainsi un moment très fort : cette interview longue sur des sujets de fond a mis le feu à la presse et au système politique. De même, le dossier sur les mosquées est aussi une réussite par la qualité de l’ensemble qui montre bien qu’il n’y pas de problème d’intégration de cette religion dans la République.

Pour aller plus loin :
La bio de Tierry Gadault sur Hexagones.fr
http://www.hexagones.fr/redaction/thierry-gadault

 

Propos recueillis par  Alexander Paull

 

 

 

 

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