Interview de Delphine Mattauer, Responsable éditorial à l’agence Braaxe

28 novembre, 2014 28 novembre, 2014   28 novembre, 2014 0 commentaire

Delphine Mattauer, racontez nous votre parcours ?

 

Delphine Mattauer

 

A 23 ans, je rejoins l’agence Braaxe en tant que Responsable éditorial. J’ai abandonné l’ambition de devenir journaliste après avoir découvert le monde de la communication et de l’entreprise. Après des stages en tant que rédactrice en presse écrite, je suis chargée de communication au sein d’une association internationale dans le cadre de ma licence à l’Université de Bordeaux. Mon Master 1 en communication et édition numérique en poche, une question s’est posée à moi il y a quelques mois : celle de continuer mes études afin d’être diplômée d’un Master 2 en communication corporate ou accepter la proposition de poste en CDI de l’agence Braaxe à l’issu d’un stage. Je n’ai pas pu refuser un CDI qui est synonyme de Graal en France et parce qu’on me proposait de faire ce que j’aime, à temps plein : Réfléchir et écrire.

Quelles sont les spécificités de votre agence ? Ou plutôt devrais-je dire de vos agences, l’agence Braaxe et l’agence Ruche et Pollen ? D’ailleurs, pourquoi avoir séparé ces 2 entités ?

Le site Braaxe

Braaxe est une agence indépendante et intégrée, deux caractéristiques essentielles pour nous ! Ruche & Pollen est le département consacré au social media. Nous souhaitons préciser nos services via des départements indépendants, tout en ayant une stratégie digitale globale cohérente pour répondre au mieux aux demandes des annonceurs.

Quelle est votre journée type au sein de ces agences ?

Ma journée type, je n’en ai pas car si j’ai un planning éditorial pré-défini, l’équipe et moi-même devons gérer les demandes de clients, appels d’offre inopinées.

Ce qui se rapproche d’une journée type pour moi, est une lecture et veille de l’actualité Web et plus particulièrement social media dès mon arrivée à l’agence. Via Twitter, newsletters de newsroom, je commence ma journée par prendre connaissance des éléments essentiels qui se sont passés durant la nuit, les relayer à l’équipe et les traiter. Cette veille d’actualités me permet de choisir mes sujets d’article de fond et billets de blog, ainsi que leurs angles. J’effectue un travail de recherche, d’élaboration de plan pour attaquer le rédactionnel pur. Sur le blog Ruche & Pollen mais également sur des sites/blogs tels que Siècle Digital, le Journal du Net ou encore Les Echos, j’écris quotidiennement. L’objectif ? Le développement interne de l’agence ! Mais plus largement, je m’occupe de tout le travail rédactionnel, du blog Ruche & Pollen, à l’entretien de blogs d’entreprise.

 

Le blog Ruche et Pollen

 

Quel est votre rôle et quelles sont vos responsabilités en tant que responsable éditorial, rédactrice web et community manager ?

J’ai une place unique et transversale au sein de l’agence. Le contenu touche aux missions social media comme purement digitales. Je coordonne la rédaction de tous les contenus (newsletter, articles de blog, contenus d’expertise) et met en place les processus éditoriaux de comptes clients. Mais si je travaille sur la qualités des contenus, je dois également m’assurer qu’ils seront visibles, lus et viraux sur le Web et les réseaux sociaux. Un travail d’optimisation, de SEO, de style, de calibrage des articles, de périodicité est à réaliser avec la Chef de projet digital.

Pouvez vous nous parlez du blog de Ruche et Pollen dont vous vous occupez ? Quelle est sa ligne éditoriale ?

Le blog Ruche & Pollen a été créé il y a un an et a déjà plus d’un milliers de followers qualifiés à son actif. C’est un canal social et privilégié qui nous permet de conseiller et d’accompagner les marques dans leurs stratégies social media. La fenêtre que le blog offre aux internautes et clients, est celle des services et expertises proposés par l’agence. Le blog est spécialisé dans la culture digitale, propose une veille des nouveaux usages des médias sociaux, tout en apportant une critique de leurs conséquences économico-commerciales. Mon objectif au quotidien est de traquer l’actualité pertinente en temps réel et d’y apporter une valeur ajoutée pour le lectorat.

Par quels moyens, outils, recueillez-vous les contenus qui vous intéressent et comment voyez-vous la curation de contenu ?

Nous vivons un contexte d’overdose publicitaire, d’info-obésité. La création, la diffusion de contenus liés à une marque, ses produits jusqu’à son marché sont au coeur des problématiques de l’annonceur. Tout le monde partage et sur toutes les plateformes. Le challenge pour les annonceurs est d’alors intéresser le client et favoriser le partage ! Selon moi, la simple stratégie de brand content n’est plus efficace, il faut miser sur une stratégie marketing de contenus ! Je dois donc connaître l’entreprise et son public. Mais une stratégie efficace ne peut pas reposer exclusivement sur des contenus créés par notre agence. L’inspiration et intérêt du client peuvent être générés par des contenus dont la marque n’est pas l’auteur. Par opposition à une stratégie de contenus, j’opte pour du lâcher prise où le contenu n’est pas forcément associé à la marque. J’allie la personnalisation du contenu, des UGC et une curation intelligente. Dès lors, la marque gagne en légitimité, expertise et engagement. Si Twitter est mon outil favori pour organiser, publier et partager ma veille, j’utilise également Scoop it et Sendtoinc.

Avez vous un blog à titre personnel ? Ou bien avez-vous une préférence pour un média social ?

Je n’en ai pas à l’heure d’aujourd’hui mais c’est en projet ! Twitter est sans aucun doute mon média social favori. Allier esprit de synthèse et pertinence est un très bon exercice !

Que pensez vous de la place qu’occupent les réseaux sociaux aujourd’hui dans la stratégie de communication d’une entreprise? Quelle sera leur place dans 10 ans, à votre avis?

Mon avis est que les réseaux sociaux tentent à ne plus être des outils de conversation. Par une écrasante domination de Facebook qui privilégie le « like » aux conversations complexes et à la popularité des applications Smartphone, nous assistons à une prédominance des contenus visuels aux contenus textuels. J’ai d’ailleurs exprimé cette vision via un article sur Siècle Digital. Le succès de Snapchat par exemple démontre que le texto laisse place au picture chatting. Plus largement, l’image est l’avenir de la communication. L’entreprise devient un média écouté et reconnu, dès lors que les bannières publicitaires laisseront place à la publicité native.

Quelles sont pour vous les bonnes pratiques qu’il faut adopter sur les réseaux sociaux ?

De nombreuses pratiques sont à réaliser afin d’utiliser les réseaux sociaux à bon escient. Mais si je peux appuyer sur l’une d’entre elles, c’est l’importance pour les marques de désormais entrer dans une logique d’attention au détriment d’une logique purement éditoriale. Les annonceurs sont soumis à « la loi du clic » . Leurs objectifs ne doivent pas être seulement de déclencher le clic sur les contenus mais aussi l’intérêt et l’attention de l’internaute. Le temps étant un élément de rareté sur le Web, la tâche est loin d’être simple.

Propos recueillis par Camille Ohresser.

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