Interview de Dolores Fraguela de l’agence de Communication Komadok

27 avril, 2015 27 avril, 2015   27 avril, 2015 2 commentaire

Culture RP a rencontré Dolores Fraguela, Présidente et Social Media Manager de Agence de Communication Digitale BtoB Komadok.

 

 

 

dolores fraguela pour Culture RPVous avez créé votre agence de communication digitale il y a un peu plus d’an, racontez-nous votre parcours et ce qui vous a poussé à “entreprendre” ?

J’ai un parcours atypique dans la mesure où rien ne me destinait, à priori au monde de la communication.

Forte d’un Bac + 2, j’ai démarré chez Thales Electron Devices, branche civile de Thales que j’ai quittée au bout de 2 ans car le poste n’était pas assez riche pour moi. Puis j’ai décidé de reprendre mes études pour devenir cadre en passant un Master 1 en commerce international. En parallèle, j’étais rentrée successivement dans deux autres filiales du groupe Thales, côté militaire, puis civil, Thales Broadcast, où je suis restée une quinzaine d’années au sein de la direction marketing et communication, comme assistante, puis chargée de communication pour finir comme responsable marketing et communication de la partie « services & support » sur toute la zone EMEA. C’est lors de cette dernière expérience que j’ai mis le doigt dans le digital et les médias sociaux en particulier. Et là… je suis tombée dans la marmite, pour ne plus en sortir !

Envie d’indépendance, désir de liberté, ou tout simplement crise de la quarantaine comme on dit, il y a un peu plus d’un an j’ai monté mon agence de communication, KomadoK (pour com’ ad hoc) afin de mettre au profit des TPE – PME et ETI mon expertise en communication digitale, et plus particulièrement autour du social media. En parallèle, je me suis lancée dans un MS Communications afin de labelliser ma longue expérience terrain et agrandir mon champ des possibles. Connaissant le marketing et la communication à travers un seul secteur d’activité, le high tech en BtoB, c’était important pour moi d’avoir un large spectre de ce que la communication peut être dans d’autres secteurs et environnements, d’autant que je m’orientais vers le monde du conseil et à ce titre, il était indispensable pour moi de passer par cette phase d’ouverture pédagogique.

Bio : ici

Quelles sont les compétences que vous proposez et quelles sont les valeurs de votre agence ?

La vocation de KomadoK est d’aider les entreprises – BtoB essentiellement – à définir et mettre en place leur stratégie de communication digitale, à travers les médias sociaux, pour développer leur notoriété, surveiller leur e-réputation, promouvoir leur marque employeur et engager leurs communautés.

Orienté “Solutions bout en bout”, le portfolio de KomadoK comprend du Conseil / Stratégie en communication, du community management, la création de sites web, des services d’accompagnement et des formations (inter entreprises, intra entreprise, individuelles).

Bref, je créé leur empreinte digitale, comme j’aime à dire !

Les valeurs de KomadoK, sont avant tout le respect, l’éthique, l’écoute et la proximité. Je tiens à établir une relation de partenaire plus que de fournisseur avec les entreprises ou personnes que j’accompagne. Je suis les entreprises sur la durée, une fois un livrable rendu, les choses ne s’arrêtent pas là ! C’est ce côté conseil et approche personnalisée que mes clients apprécient le plus.

Vous faites des formations tant à des professionnels en exercice qu’à des étudiants en Mastère Spécialisé à NEOMA Business School Executive Education, quel constat faites-vous sur l’approche réseaux sociaux de ces 2 populations ?

On m’a toujours dit que j’avais un côté « maîtresse d’école » pleine d’empathie. En effet j’aime démontrer, expliquer, prouver, écouter, comprendre. Je prends donc un réel plaisir dans mes activités de formation que ce soit auprès de professionnels comme de jeunes de la génération Y.

Les différences d’approches entre ces deux populations sont liées aux usages qu’elles font des médias sociaux.

Les professionnels réalisent à quel point les médias sociaux peuvent doper leur personal branding et la visibilité de leur entreprise, ils voient tous les côtés positifs niveau notoriété, génération de trafic web, création de communautés, échanges de bonnes pratiques, génération de prospects, gestion de la relation client etc…

Les jeunes, du fait qu’ils ne soient pas encore en poste, ne voient les réseaux sociaux qu’à travers l’usage qu’ils en font au quotidien, donc, à titre personnel pour échanger avec leurs amis ou commenter le dernier film regardé, ou à titre pro, avec juste un profil LinkedIn plus ou moins rempli, et plutôt moins que plus on va dire. Ils ont tendance à ne pas tirer tout le bénéfice de ce qu’on peut faire avec un profil, à savoir un CV, une lettre de motivation et un portfolio, sans parler de la partie publication ou curation de contenus, ou échanges au sein des groupes de discussion.

Ils sont en revanche très au fait de toutes les tendances, même s’ils ne sont pas utilisateurs. Ce qui m’a le plus surpris en fait, en enseignant dans un MS communication, c’est de voir qu’aucun des étudiants n’écrivait dans un blog par exemple, alors qu’ils sont censés être des passionnés de la communication. Il y a comme un refus d’exposition, peur de se mettre en avant pour certains.

Les populations pro, quant à elles, me disent souvent que c’est par manque de temps qu’elles ne bloguent pas ou par peur de ne pas bien écrire.

Ces personnes ont une riche expérience et sont souvent expertes dans des domaines divers et variés. Elles ne demanderaient pas mieux que de maîtriser l’art de l’écriture et quelques heures de libre pour exposer leurs vues. C’est là que je rentre en action aussi me direz-vous, et que je les aide par mes conseils et interventions.

Vous accompagnez des TPE/PME dans leur approche digitale et affectionnez aussi d’accompagner les entreprises en création, en quoi ces missions vous motivent elles particulièrement ?

C’est un peu comme voir grandir l’enfant qu’on a mis au monde ! J’exagère un peu. Néanmoins, on accompagne le créateur tout au long de sa phase de création, depuis l’optimisation de son profil personnel sur LinkedIn par exemple, jusqu’à la définition d’un plan de communication, à visée de notoriété ou de génération de leads.

Voir grandir et prospérer une entreprise, jeune ou déjà établie, est extrêmement valorisant, déjà pour moi qui ait vécu ce parcours, et qui suis encore dedans car KomadoK a moins de trois ans, mais surtout de voir que le résultat de ses conseils et services porte ses fruits, c’est le Saint –Graal pour toute agence de communication ! Lire des mails ou des tweets de remerciements, c’est du pur bonheur !

Quelle serait, pour vous, la définition de l’influence ?

Ce terme revêt parfois une connotation négative dans la tête de beaucoup de personnes. On pense aux lobbyistes, à ceux qui font pression, c’est un peu tirer les gens là où on veut les amener pour satisfaire son propre intérêt.

Un influenceur est un individu qui a la capacité d’influer sur l’opinion des autres, peu importe son audience, c’est-à-dire le nombre de contacts de son réseau ou de fans/followers. L’influence est intrinsèque à toute personne qui compose un réseau pour un peu que cette personne soit légitime et pertinente.

Par exemple, Zlatan a sans doute une énorme audience avec des milliers de followers, pour autant ce n’est pas lui qui va m’inciter à aller acheter un nouveau shampoing pour mon mari par exemple. Je ne reconnais pas son influence en la matière, on ne partage pas notre réseau, il n’est pas légitime dans le domaine du soin pour le corps. L’audience n’est donc pas un indicateur fiable, c’est un levier puissant mais qui ne fonctionne pas à tous les coups.

L’influence, je la perçois quant à moi comme une composante propre à toute démarche de réseau en fait, donc de réseau social par extension.

L’influence c’est l’art de réussir à connecter les bonnes personnes entre elles, soit à titre perso, soit à titre pro. C’est l’art de faire passer le bon message au bon interlocuteur (journaliste, média, entreprise, bloggeur, etc…) par le biais de ses connections. C’est aussi un forte dose de savoir-vivre, de bon sens, de bonnes pratiques, de savoir être, qui font que vous êtes considéré comme légitime et pertinent et donc digne d’être écouté et aidé si besoin.

 

 

Retrouvez son agence sur www.komadok.fr

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Du vécu : transformation digitale de l’entreprise : le témoignage de Xavier Guépet, Dir ‘com’ de Steria
Du pratique : 8 étapes pour une stratégie social media
De bon sens : l’intérêt d’un blog pour une entreprise
De l’humain : au secours de la marque employeur
De la stratégie : réseaux sociaux BtoB : le rôle du content marketing

 

 

Propos recueillis par Carole Mazurier,
Responsable Communication externe de l’Argus de la presse

 

 

 

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    • - 30 avril, 2015 à 9:01
    • DFRAGUELA
    • Bonjour Denis. Merci tout d'abord pour vos sympathiques propos et pour votre avis constructif au regard de vos expériences. C'est toujours intéressant de confronter les vécus !

      La peur que je mentionne est une appréhension d'abord de l'inconnu, car entre rédiger le contenu d'un site web et faire du blogging toutes les semaines, il y a un grand pas! Il faut s'engager sur la durée, sur une pertinence, sur une stratégie éditoriale doublée d'un planning à tenir, bref, beaucoup d'engagements qui ne sont pas forcément une priorité marketing / communication pour l'entreprise. Je parle ici plus de TPE/PME/ETI que de grands groupes bien entendu.
      Ensuite, la peur de bloguer est un peu la peur de s'exposer à Google, donc à un système qui conserve tout ce qui est posté ! Le côté "ce qui est écrit reste chez Google" et une fois que c'est vu, partagé etc... et la moindre "bêtise" peut être retenue contre vous" c'est quelque chose qui en refroidit plus d'un croyez-moi.
      Enfin, et pas des moindres peurs, on me dit souvent : si on blogue, on ouvre la boîte de pandore aux critiques de personnes plus ou moins contentes, mais aussi aux regards des concurrents et on a pas envie que les clients s'expriment "ouvertement". Incroyable mais vrai. Les entreprises ont peur du bad buzz pour leur réputation. Ce à quoi je réponds qu'il faut voir d'abord tous les bons côtés du blogging avant d'en voir les risques. Les bons côtés étant le SEO, le trafic web, l'engagement des cibles, la publication de contenus à forte valeur ajouté montrant le savoir faire de l'entreprise, la notoriété, l'image de marque... Autant d'actifs immatériels en somme. Les critiques, bonnes ou mauvaises, seront peut-être présentes oui, mais il faut les prendre comme des opportunités de mieux connaître les attentes du consommateur donc d'optimiser la satisfaction client in fine.
      Et puis, arrêtons de penser qu'il faut avoir fait des hautes études littéraires pour écrire sur un blog, il suffit de faire parler certains des collaborateurs pour recueillir des mines d'informations. Charge aux communicants de les structurer et de les "vulgariser" ensuite.
      Quant au budget dédié, c'est aussi - dans mon expérience - un frein. Ne pas avoir le temps d'écrire en interne suppose, comme vous le dites Denis, d'avoir recours à un freelance / agence, donc de libérer un certain budget de manière récurrente, car on ne blogue pas en one-shot, mais sur la durée. Or c'est un point bloquant pour beaucoup d'entreprises. Parfois elles me disent même "mais vous n'y connaissez rien à notre produit (logiciel en l'occurrence)", certes... mais combien de vos collaborateurs connaissaient votre logiciel au moment de l'embauche ? Zéro ! Les agences, c'est de l'Humain, et personne ne saurait avoir la prétention de savoir tout sur tout. En revanche, on sait apprendre vite, s'adapter et travailler avec les bons interlocuteurs en fonction des besoins et attentes du client.
    • - 29 avril, 2015 à 2:29
    • denis.gentile
    • Excellente interview avec des réponses claires et bien illustrées par l'exemple. En tant que rédacteur et blogueur, je me permets de réagir sur un point. Je trouve très intéressant le paragraphe sur la peur de bloguer des entreprises. Le blog représente un nouveau moyen de communication différent des moyens qu'utilisaient jusqu'à maintenant les entreprises (brochures, publicité, flyers, etc.) Ils n'ont pas forcément en interne la bonne personne avec les compétences adéquates pour développer un blog. La situation se trouve plus sûrement en dehors de l'entreprise avec des blogueurs indépendants. Encore faut-il qu'ils fassent la démarche et la diffusion de ce genre d'articles devrait les y inciter.
      En revanche, j'ai souvent eu des expériences différentes où la peur laisse place à la présomption : "le blog, on le développe en interne. Pas besoin d'un rédacteur, on a tous appris à écrire à l'école !" Autrement dit, parfois la communication par l'écrit ne mérite pas un budget dédié. C'est à ce genre de difficultés que je me suis souvent heurté. Qu'en pensez-vous Dolores ? Avez-vous aussi rencontré ce genre de situation ? Merci et encore bravo pour cette interview.

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