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Zoom sur le métier de pigiste online

5 juin, 2015 5 juin, 2015   5 juin, 2015 0 commentaire

Culture RP a rencontré Lucile Pinero qui nous ouvre la porte de son univers de journaliste web.

 

lucile pinero Journaliste Pigiste

 

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis journaliste pigiste permanente sur le site web d’un grand titre de la presse magazine people. Mais il ne faut pas croire que la téléréalité ou les vies de châteaux constituent mes seuls centres d’intérêt. Je suis passionnée par l’histoire de la mode et la façon dont elle se construit aujourd’hui, l’art contemporain, l’écriture, la musique, le théâtre… Après une licence en lettres et arts, j’ai été admise au Centre universitaire d’enseignement du journalisme (Cuej), à Strasbourg et durant mon master, je me suis spécialisée en presse écrite et web.

Quelle est votre journée type en tant que journaliste pigiste ?

Sur le web, l’information n’attend pas. Aussi, il y a toujours un membre de l’équipe présent, de 6h à 23h30. Je fais une revue de presse, un tour de l’actu sur les médias français, américains ou anglais et sur les réseaux sociaux. Il faut rester en alerte sur de nouveaux sujets « chauds » qui peuvent tomber. C’est un job très prenant !!

En tant que journaliste pigiste, avez-vous une carte de presse ? Recevez-vous régulièrement des appels ou mails d’attachés de presse ?

Je n’ai pas de carte de presse pour l’instant, car dans mes missions actuelles, il n’est pas nécessaire et peu utile d’en avoir une. En tant que pigiste : nous ne sommes pas toujours présents dans les rédactions qui nous embauchent. Je travaille à 80% de chez moi, et je n’ai pas d’adresse mail professionnelle, c’est donc difficile pour une attachée de presse d’entrer directement en contact avec moi.

Que pensez-vous de la notion de « journalisme de qualité » que Google semble mettre en ligne en Europe ?

Google est un outil formidable, de technologie mais aussi de business en imposant ses propres règles de référencement. Google a déjà changé nos façons de travailler et d’écrire : plus de rapidité et donc moins de sujets de fond et de mots plus pertinents que d’autres pour remonter en référencement. Résultat : on est dans la course à l’information et l’appauvrissement du vocabulaire, une catégorisation de la pensée.

On cherche le buzz, on s’enferme dans un genre d’information qui certes fait « cliquer », mais qui ne satisfera pas forcément notre lectorat, alors que les journalistes devraient ouvrir des débats, des perspectives, enquêter, révéler. Google a « encouragé » la quantité plutôt que la qualité pour faire vite.

Avoir un blog pour un journaliste pigiste peut être un bon moyen de se faire connaitre. Tenez-vous un blog personnel ?

Je ne suis pas très blog, à mon sens, Il ne s’agit pas d’information, mais plutôt de communication. Et puis qu’est-ce que je raconterais ? Qui suis-je pour donner mon avis et tenter de convaincre mes lecteurs en racontant ma vie ? Je fournis des infos, en restant le plus objective possible, quelle que soit mon opinion personnelle. C’est ça mon métier.

Pensez-vous qu’un journaliste web est par définition un influenceur ? Comment définiriez-vous ce terme ?

Oui un journaliste quel qu’il soit, peut influencer selon la façon dont il angle son sujet. Sur le web aussi. Et ce, même si on reste objectif. Un journaliste expert dans son domaine est mieux placé pour influencer et donc, interagir sur le jugement de son public. Influencer, c’est orienter la manière de penser et de décider. Le risque avec le journalisme d’influence, c’est d’être amené à écrire des articles de « connivence » pour des marques diverses. Bien sûr, il y a des sujets plus opportuns que d’autres. Dans le People, on écrit davantage pour divertir qu’influencer.

Est-ce que le journaliste web a encore le choix de son actualité ?

On peut dire, pour le coup, qu’on est influencé par l’audience. Les titres de presse sont de vraies entreprises, qui doivent faire fructifier leurs informations. On sait que certain sujets vont mieux marcher que d’autres. On écrit pour être lu avant tout. Et le but premier d’un média online est de satisfaire le public, pour augmenter l’audience et le nombre de visiteurs uniques.
Pour un site people, on passe au crible toute l’actualité. Donc même si une personnalité intéresse moins nos lecteurs, si son actualité a de l’intérêt, on ne peut pas passer à côté.

Prenez-vous en compte dans la rédaction de vos articles, la mobilité de l’information et la lecture sur Smartphone ou tablette ?

Le site pour lequel je travaille, cartonne au niveau téléchargement de l’application mobile. Donc bien sûr, je dois être vigilante quant au format rédactionnel : articles courts et percutants, images optimisées, notifications push etc… Les contenus éditoriaux s’adaptent à l’évolution fulgurante des nouveaux supports de l’information.

 

 

 

 

Propos recueillis par Charlotte Robert,
Chargée de clientèle Younomie, experte en relations presse, en charge d’un portefeuille clients et accompagne les commerciaux en avant-vente / @CharlottRobert

 

 

 

 

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