Networking, le « paradoxe de Milgram » 2.0

2 mai, 2016 2 mai, 2016   2 mai, 2016 0 commentaire

 

Tribune de Romain Mouton, conseiller en communication, fondateur de l’agence RM conseil. Il a été collaborateur parlementaire à l’Assemblée nationale, conseiller en cabinet ministériel et consultant pour plusieurs groupes internationaux de conseil et de lobbying. Par ailleurs, Romain Mouton est directeur d’un master de communication institutionnelle au sein d’une grande école de communication.

 

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« Ce n’est pas ce que vous savez qui compte mais qui vous connaissez », cette maxime semble particulièrement vraie dans une société où le réseautage prend une place sans cesse plus importante. Dès lors, avoir un maximum de relations compterait donc plus que nos compétences professionnelles ?
Pourtant, pour encore nombre d’entre nous, le réseautage est assujetti à moult préjugés et semble difficile à envisager, voir totalement rejeté. Superficiel, chronophage… autant de critiques au sujet d’une pratique pourtant devenue incontournable, particulièrement pour les personnes évoluant dans un milieu fortement concurrentiel.

Construire un réseau est en effet devenu un enjeu primordial de réussite professionnelle dans un grand nombre de secteurs. Pour se faire recruter ou pour recruter, pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale, prospecter des clients potentiels, trouver des partenaires… le réseau s’impose comme un puissant levier de développement totalement indispensable. Dans ce sens, une enquête de HEC au Féminin, HEC Alumni, Ipsos et Boston Consulting Group a été menée l’année dernière auprès de 500 cadres, pour lesquels le réseautage apparaît comme un « must have ». 66% d’entre eux pensent même que le networking est incontournable pour réussir professionnellement.

Sans compter que le networking possède aujourd’hui des moyens d’interaction privilégiés. Ainsi, le dynamisme du digital se met, plus que jamais, au service du réseautage via les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn ou même Twitter qui a lancé la Journée Européenne de l’Emploi l’an passé avec la participation massive des entreprises et institutions françaises autour du hashtag #VotreJob. Les réseaux se sont ouverts au grand public et permettent de connaître et de se faire connaître en se rendant visible.

Le réseau s’apprivoise et se développe en amont des besoins de chacun. Ainsi, de nombreux établissements d’enseignement supérieur mobilisent des associations d’Alumni pour sensibiliser au plus tôt leurs futurs diplômés sur la nécessité de l’entraide qu’ils seront susceptibles de s’apporter. En fédérant les anciens étudiants et les nouveaux autour d’une communauté qui favorise les échanges et l’insertion professionnelle, les jeunes générations prennent en considération le caractère dorénavant essentiel du réseautage dans leur quête d’un emploi futur.

Les soirées networking prennent ensuite le relais de ces associations, en contribuant au développement d’un réseau déjà embryonnaire, notamment au sein de structures favorisant les rencontres professionnelles, à l’instar du Club entreprises de la prestigieuse Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris (AROP), du Wine Business Club, de l’Automobile Club de France ou encore des fédérations professionnelles. Moyen efficace de nouer de multiples échanges informels, ces soirées permettent aux actifs, qu’ils soient entrepreneurs ou non, et jeunes diplômés d’élargir leur cercle de connaissances et de réseauter.

Cependant, pour être visible et tirer profit de tous les bénéfices qu’est susceptible d’apporter le réseautage, certaines « règles » – non exhaustives – se doivent d’être connues : identifier ses objectifs, sélectionner ses rencontres en fonction de ses secteurs d’activités et de ses priorités, savoir se présenter dans un temps relativement restreint, faire vivre son réseau en lui accordant du temps, en partageant des informations et en prenant des nouvelles.

Mais, une évidence s’impose : personne ne devient un expert chevronné du réseautage du jour au lendemain. Réseauter efficacement, pour des résultats un tant soit peu visibles, demande des compétences affûtées, une excellente connaissance des outils de communication dédiés au réseautage ainsi que la maîtrise des règles et usages d’entretien de son réseau. L’exploitation d’un carnet d’adresses important exige souvent de passer par des professionnels de la communication et des relations publics dont les conseils stratégiques peuvent être pensés en fonction des besoins concrets de chacun, car devenir un « réseauteur efficace » demande un peu plus que des qualités relationnelles.

 

 

 

 

Marc Michiels :

– Chargé de la ligne éditoriale, Interviews : Culture RP
– Community Manager : @Culturerp  @Argusdelapresse
– Artiste, Écrivain et Critique Littéraire : @lemotlachose @LaCauselit

 

 

 

 

 

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