The Tourist in Paris by Bertrand de Volontat

23 mars, 2017 23 mars, 2017   23 mars, 2017 0 commentaire

Culture RP a rencontré Bertrand de Volontat, Founder and Editor in Chief of The Tourist in Paris, Brand Content & Social Media manager at VISEO.

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Bertrand de Volontat, comment est né ce beau projet ?

En 2013 j’étais journaliste pour la rubrique économie et monde de 20 Minutes, quand est née l’idée. J’étais dans le métro avec l’un de meilleurs amis, quand en voyant des touristes un peu pommés cherchant sur une carte en papier comment rejoindre la Tour Eiffel, nous nous sommes dit que les voyageurs étrangers manquaient terriblement d’un support qui leur soit dédié, leur proposant une information de qualité, à jour, et offrant autre chose que les 10 monuments archi-touristiques. L’idée s’est ensuite affirmée quand nous avons en faisant nos études compris que les touristes avaient une mauvaise image de la capitale. Comment cela est-il possible !? Nous en tant que Parisiens depuis plus de 20 ans, chaque semaine, chaque weekend, nous vivions au cœur d’une ville bouillonnante, qui se réinvente, s’éloigne de son centre, crée de nouveaux quartiers, qui est balayée par les révolutions culinaires, cocktails, soirées. Bref, il faut leur faire découvrir et partager tout ça, quel que soit leur profil, leur origine, avec qui ils voyagent : nous avons des bons plans de locaux pour tout le monde ! Vivez comme un Parisien, nous sommes comme votre meilleur ami qui vous attend pour votre weekend sur place ! L’une des raisons parmi lesquelles nous avons lancé the tourist est aussi de permettre aux commerçants de toucher une nouvelle cible et de permettre ainsi un essor de l’économie dans les quartiers dits “loin du centre” mais tout à fait passionnants à découvrir !

Résultat, nous avons créé en 2014 The Tourist in Paris avec cet ami, Alexandre (en charge du business développement). Au début nous voulions lancer un journal papier gratuit hebdomadaire en plusieurs langues mais face à la réalité économique et l’essor du digital, nous avons opté pour un site web responsive, puis une application avec géolocalisation et enfin une application sur tous les abribus connectés JC Decaux de la ville de Paris pour trouver les meilleures recommandations autour des abribus. The Tourist a été incubé au Comptoir de l’innovation en 2015/2016 (incubateur de JP Morgan)

 

The Tourist in Paris

 

Le site The Tourist in Paris se veut être un site d’expérience simplifiée que les touristes visitant Paris souhaitent trouver lors de leur voyage dans la capitale. Quels partenariats avez-vous tissé pour proposer un site aussi sérieux et en plusieurs langues ?

The Tourist in Paris vise initialement les visiteurs qu’on appelle les repeaters (les visiteurs qui reviennent à Paris) et nous avons donc lancé un site en anglais, mais nous avons rapidement remarqué que nous avions beaucoup de visites de Parisiens en quête de nouveauté. Nous avons donc lancé en français le site, quelques mois après. L’espagnol est venu que bien plus tard, mais est encore à l’état embryonnaire.

Point important, nous n’avons pas la prétention d’être l’annuaire des bons plans de Paris, des sites comme Time Out font ça mieux que nous, sont plus nombreux et ont plus de ressources. Leur travail de repérage est un modèle du genre mais n’est pas notre modèle. Nous partons du principe que si un touriste cherche un restaurant italien dans le Marais, il ne veut pas avoir 10 propositions mais une ou deux, que nous avons choisi pour lui en avance. Le curieux vient sur The Tourist pour les choix que nous faisons. Mais j’ai conscience qu’avant de devenir une référence à laquelle on se réfère sans aller voir ailleurs, il faudra du temps et faire nos preuves. Notre site a moins de trois ans, la marque est jeune.

Ce tri en amont aide à garder notre sérieux justement et à ne pas se disperser. Avant chaque article, je me pose la question : je suis touriste, ai-je envie d’aller voir cette expo ou aller dans ce bar ou aller se balader dans ce coin ? J’ai deux jours, quelles sont mes priorités. Or si je suis Parisien, j’ai envie de découvrir un truc cette semaine, de quoi ai-je envie. Ce tri est une responsabilité mais in fine, on sort une sélection totalement non-exhaustive et j’assume pleinement. Le jour où ma salle de rédaction comptera 10 journalistes, je changerai probablement de discours haha !

Aussi à ce jour, je suis seul rédacteur pour l’ensemble des articles, je ne peux donc pas me démultiplier. Au fil des ans, j’ai accueilli dans la rédaction des bloggeurs confirmés, des étudiants américains et une traductrice espagnole. Il y a des périodes très vivantes et avoir plusieurs plumes du monde entier qui se côtoient est une chance pour un site de contenus.

Côté partenariats purs, nous sommes régulièrement partenaires de sites de bnb (Apart Inn Paris), d’événements (Weather Festival), ventes vintage (Violette Sauvage), de lieux (le Carreau du Temple), d’éditeurs (Gallimard – livres sur Paris), de transporteurs (Chauffeur Privé), etc. Cela nous aide à être plus proche encore des visiteurs.

Comment s’établi votre éditorial au quotidien ?

Au fil de ma jeune carrière de journaliste devenu entrepreneur et également brand content / social media manager (mon emploi en parallèle de The Tourist in Paris), j’ai tissé un très large network d’agences de communication, d’influenceurs, de propriétaires de lieux, de promoteurs d’événements. Toutes ces sources associées à mes social media (Facebook, Instagram, Twitter) construits au fil des ans autour de l’actualité parisienne, me conduisent à avoir un bon maillage et une bonne visibilité de ce qui se passe à Paris, les dernières ouvertures de lieux (mais si là aussi je n’impose pas dans ma ligne éditoriale d’être le premier sur la toute dernière nouveauté car ce n’est pas cible première – le touriste n’est pas là tous les weekends), annonces d’événements, etc. Après ce travail de veille, je sélectionne les contenus que souhaite écrire chaque jour en essayant d’être varié et régulier (expos, bars, restaurants, lieux, événements, boutiques), en prenant en compte l’actualité, les tendances, les saisons, les humeurs du moment. A minima, je produis un article par jour en moyenne pour le site anglais et le français, pour lesquels je ne produis pas le même contenu, l’attente n’étant pas la même pour les francophones et étrangers.

Je précise toutefois que même sans courir après l’ultime dernier bon plan à la mode (credo trusté avec brio par My Little Paris, Do it in Paris ou Gustave et Rosalie) il est bon pour notre SEO et la qualité de notre propos général d’être à la page et de pouvoir parfois sortir quelques scoops avant tous les autres. Mon réseau et mes connaissances m’aident à avoir ces infos avant tout le monde de temps en temps, voir même des exclus !

Application The Tourist In Paris

 

Votre présence sur les médias sociaux se fait principalement en français et en anglais. Quels types d’engagement mettez-vous en place, pour quel retour de vos lecteurs et quel support utilisé est le plus adapté à votre communication ?

Sur les médias sociaux, la communication se fait à plusieurs niveaux : nous postons nos articles une fois publiés à des horaires ad hoc, en tenant compte de la localisation de notre public (si on vise les Américains, on poste l’après-midi), nous suivons bien évidemment les tendances du jour, les grosses actus, les trending topics sur lesquels nous pouvons rebondir. Facebook était originellement notre support de prédilection et même si je continue à poster quotidiennement, mais les nouvelles règles imposées par la plateforme (quasi zéro reach si vous ne payez pas) m’ont fait migré vers Twitter et Instagram, qui nous font réellement vivre au quotidien : c’est là que les voyageurs nous contactent le plus, interagissent le plus. Nous engageons régulièrement la conversation avec des voyageurs individuels, en route pour Paris, en leur proposant nos derniers bons plans et en leur suggérant de se balader sur le site. Nous sommes très à l’écoute de leurs retours et il m’arrive de faire des programmes personnalisés par mail à des familles. Dans le futur, nous entendons automatiser ce type d’échange.

Nous faisons régulièrement gagner des places ou des entrées pour des événements, où nous envoyons nos informations directement à des influenceurs dans l’espoir qu’ils la relaient : le tout nous permet d’avoir un rendement satisfaisant sur ses médias.

Côté supports efficaces, beaucoup de photos (que nous prenons nous-mêmes) et quelques vidéos (on démarre). Et sur le ton, toujours jovial, entraînant : on parle de voyage, c’est cool (tout en restant professionnel dans nos échanges directs). J’ajoute que nous avons une newsletter en deux langues pour les « anti » social media, très pratique pour recevoir nos bons plans. Et nous ne négligeons pas non plus le papier : nous éditons régulièrement des flyers pour nos partenaires.

Le temps passé par les étrangers pour visiter la capitale est d’une façon générale assez courte et balisé par les agences de voyage de leur pays d’origine. Que conseillez-vous aux étrangers qui veulent visiter Paris en toute sécurité, tout en voulant découvrir ce qui fait notre singularité. Quels sont vos spots favoris tant au niveau des sorties culturelles, des restaurants et disons le directement des plans un peu cachés ?

On ne recommande que ce qui n’est pas touristique : là où iraient les Parisiens, nous en parlons. J’ai un grand faible depuis que j’ai lancé le site pour le Canal de l’Ourcq qui se développe tout comme l’Est de Paris à vitesse grand V. Le printemps et l’été sur les bords du canal pour un Paris bohème à souhait, est de loin ma période préférée. La vivacité culinaire du 12ème arrondissement (de rue de Charonne au Marché d’Aligre) est un phénomène que j’adore étudier.

Côté restaurant, HaïKaï sur les bords du canal Saint-Martin, Dersou dans le 11ème, Chatomat à Ménilmontant (qui va fermer cette année !), Luz Verde à South Pigalle, Il Brigante et El Tast à Montmartre, Benedict dans le Marais, David Toutain (pour les étoilés), la Marlotte pour la brasserie française, bref, j’en ai pour des heures  Côté lieux cachés, grands faibles pour les speakeasys à Paris (Moonshiner, Candelaria, Mezcalaria, Blaine Bar), pour le jardin et le bar de l’Hôtel Particulier, le musée de la vie romantique, l’Institut suédois, le Bistrot des Dames ! Sans oublier tous les nouveaux pop-ups d’été genre Grand Train ou les bars sur les quais de Seine ! Ce que nous voulons, c’est que les voyageurs aillent au street Food Market de Belleville, boire des bières artisanales à la Fine Mousse, se rendent au dernier vernissage branché Palais de Tokyo, à des soirées à La Mano ou à Paris Minuit, se balader aux Buttes Chaumont et se poser au Pavillon Puebla, se réchauffer dans les coffee shops hipsters des Faubourgs, faire leur shopping dans les boutiques made in Paris du Marais, et quittent le tourisme mainstream déprimant pour que leur image de Paris change (on n’empêche personne de se prendre en photo devant la Tour Eiffel ! Moi-même j’adore ça, je reste un touriste à Paris 😉

BdeV The Tourist In Paris

Quel est votre plan de développement pour 2017 ?

Nous allons poursuivre notre aventure avec JC Decaux, accélérons sur la vidéo plutôt que le contenu écrit (aussi bien pour nos articles que relais social media), et sommes en train de travailler sur un gros partenariat media, dont je ne peux pas parler, pour cet été ! L’objectif est aussi cette année d’enclencher une grosse évolution de notre site web créé à l’été 2014 et de renouveler l’offre sur nos applications mobiles. Enfin, nous prévoyons une transition dans notre business model pour créer une offre qui n’existe pas encore sur le marché. Toujours en lien avec les bons plans locaux évidemment !

Pour vous Paris est-il toujours Paris ?

Vous faites référence aux propos affligeants du nouveau président américain. Inutile de mentir, le tourisme de masse a pris un coup avec les événements qui nous ont terriblement marqué. Post-attentats, j’ai eu du mal à proposer des plans « cool ». Mais j’ai à l’époque tout de suite écrit un édito qui s’intitulait : « Nous ne nous arrêterons jamais de vivre ». Et les touristes l’ont bien compris. Et Paris est plus que jamais Paris : les développements urbains actuels avec le Grand Paris, les villes qui se réveillent (Montreuil, pantin), des quartiers qui se réinventent, font que Paris est à l’orée d’une belle époque avec une nouvelle génération plus culottée question musique, nourriture, cocktail, art.

C’est génial de vivre à Paris en 2017, il y en a pour tous les goûts, tous les âges, tous les jours ! Et je ne pourrais rêver d’une meilleure activité que de baigner dans ce milieu et d’écrire dessus au quotidien pour les autres !

 

 

 

Marc MichielsChargé de la ligne éditoriale (Interviews et Tribune), Community Manager  @Culturerp  @Argusdelapresse,  ArtisteÉcrivain et Critique Littéraire

 

 

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