SÉKOU : une plateforme dédiée aux Startups et PME africaines innovantes

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Culture RP a rencontré Morgane Vannier et Axel Boeykens, co-fondateurs de SÉKOU, la plateforme dédiée à l’entrepreneuriat en Afrique.

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Sur quel constat est née l’idée de la création de SÉKOU ?

M.V. : Au Sénégal, il y a énormément d’initiatives qui se créent, beaucoup intègrent un volet social ou environnemental innovant qui change vraiment la vie des communautés. Pourtant, ces initiatives sont peu médiatisées. L’attention va davantage être portée sur l’Afrique anglophone. On parle beaucoup du Rwanda, du Kenya ou du Nigeria par exemple.

Avec SÉKOU, nous avons voulu participer à promouvoir les acteurs qui construisent cet écosystème entrepreneurial en Afrique francophone. Nous voulons les valoriser, inspirer et faire connaître ce qui se passe au Sénégal et dans la sous-région. D’ailleurs, notre nom est le reflet de cette vision : en wolof – la langue la plus parlée du Sénégal – le “sekou” désigne un perroquet, mais aussi une personne qui parle énormément.


Quels sont les services que vous proposez ?

A.B. : Nous proposons certains services gratuits, comme la mise en avant sur nos réseaux sociaux, les articles ou les présentations vidéos… Nous tenons à ce que la gratuité de ces services participe au développement de l’écosystème et au soutien des entrepreneurs en manque de financement. Aujourd’hui, nous leur proposons 3 types de services :

  • Un espace entrepreneuriat où les porteurs de projet bénéficient de visibilité et de ressources en libre accès. Sur cet espace, les startups et PME peuvent présenter leur activité en détails : leur business model,  leur avantage compétitif, l’équipe… Elles peuvent ainsi être mises en relation avec de potentiels investisseurs et profiter de notre réseau d’experts.
  • Les entrepreneurs ont également accès à des ressources utiles aux différentes étapes de leur développement. Enfin, nous réunissons une communauté d’experts, dans des domaines très variés, qui reflètent la dynamique du continent et qui peuvent être sollicités pour discuter de leurs opportunités.
  • Notre magazine qui donne la paroles aux entrepreneurs et aux acteurs de l’écosystème, parce qu’ils sont tout simplement les mieux placés pour parler de l’entrepreneuriat. Nous faisons ainsi la promotion d’entreprises inspirantes, en développement ou en devenir. D’ailleurs, notre rubrique “Ready2Start” est dédiée aux porteurs de projet sur le point de se lancer.

En parallèle, nous proposons des services payants, tels que de la conception de produits digitaux, la rédaction d’articles, du community management, des formations et workshops, du consulting, du sourcing et du recrutement.


SÉKOU recrute des ambassadeurs. Comment concrètement peut-on s’engager pour participer à promouvoir et soutenir l’entrepreneuriat social en Afrique et en France quand on est une entreprise, un porteur d’affaires ou un influenceur en France ?

M.V. : Il y a différentes façons de soutenir les entrepreneurs, selon que l’on soit une entreprise, un apporteur d’affaires ou un influenceur. Ce qui est sûr, c’est que les entrepreneurs ont besoin de visibilité, de réseau et de mentoring. Avant même d’avoir besoin de financement ! C’est en tout cas ce que nos études sur place et nos échanges au quotidien ont démontré.

Aujourd’hui, de nombreux réseaux internationaux se développent en ce sens. Les startups et l’Afrique sont deux thèmes qui ont le vent en poupe. Espérons que ce ne soit pas qu’un effet de mode…

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Vous avez été invité à la matinale de l’incubateur du Synapse Center de Dakar pour un atelier autour de « La communication digitale pour les Start up(s) ». Quel est votre constat sur le développement du digital en Afrique de l’ouest et quels sont selon vous les événements et programmes les plus importants développés autour de ce périmètre depuis quelques années ?

A.B. : Le développement digital en Afrique de l’Ouest et aujourd’hui en pleine ébullition, notamment par le mobile, qui a l’un des taux de pénétration les plus rapide du monde. Les usages ne sont donc pas les mêmes qu’en Occident, les projets doivent être pensés pour les utilisateurs mobiles. Comme partout dans le monde, la population est ultra connectée sur les réseaux sociaux et cherche à partager du contenu, à créer une économie numérique, à partager de l’information.

Toutefois, il y a encore des problématiques à prendre en compte qui ralentissent l’essor du digital. Entre autre, les tarifs des connexions internet, le débit parfois faible, le manque de moyens de paiement en ligne, la faible bancarisation de la population, l’accès à des formations de qualité…

De nombreux entrepreneurs ont conscience de ces problématiques et vont alors créer des solutions adaptées aux besoins locaux : du paiement et du transfert d’argent, de bien ou de services via mobile, des solutions de e-commerce adaptées, des solutions de formations au digital hors ligne (très récemment, la box Andu de la talentueuse équipe de Volkeno présenté à l’occasion du Kokutana à Dakar). Il y a aussi de plus en plus de structures d’accompagnement dédiés aux porteurs de projets digitaux.

Le développement du digital se fait donc en prenant en compte les caractéristiques et les besoins locaux de la population et en cherchant à réduire les problématiques qui freinent aujourd’hui son avancée.

L’un des événements les plus importants devrait avoir lieu en novembre 2017 à Abidjan, l’Africa Web Festival. Il va réunir les principaux acteurs de l’écosystème numérique d’Afrique francophone et d’ailleurs.


Quelles tendances observez-vous actuellement dans l’entrepreneuriat en Afrique ?

 M.V. : Nous sommes aujourd’hui confrontés à des défis considérables, tant au plan social qu’au plan environnemental. Les entrepreneurs des pays émergents en ont plus que jamais conscience car ils font souvent partie des premiers impactés. Nombre de projets ont ainsi vocation à trouver une solution aux problèmes existants (comme l’accès à l’eau ou à l’électricité) ou à venir (comme le boom de l’urbanisation). Il est frappant de voir à quel point la technologie sert cet objectif : agriTech, healthTech, finTech, cleanTech, edTech !

Les entrepreneurs africains ont un défi de taille à relever, celui de construire des projets innovants adaptés au continent. Et pas seulement des copies de ce qui se fait ailleurs. Sur ce point, l’entrepreneuriat ne peut pas tout faire. Un cadre favorable et le soutien des pouvoirs publics sont essentiels.


Quelles sont les autres plateformes innovantes, quelques exemples des 100 marques et entreprises majeures en Afrique et qui sont à la pointe du développement  sur les grands enjeux du développement durable, de l’énergie, de l’éducation,  dans l’économie, le  FinTech, la Communication et le Marketing ? Et pourquoi cette sélection, sur quels critère ?

M.V. : C’est une question très difficile. Il faut bien garder à l’esprit que l’Afrique est un continent, avec ses disparités et ses spécificités régionales. Même à l’échelle nationale, la situation est parfois très différente entre le Nord et le Sud d’un pays. Ce sont ces spécificités locales qui vont notamment influencer le secteur d’activité des entrepreneurs. Au Sénégal par exemple, beaucoup vont privilégier l’agroalimentaire et la santé. Ce sont deux secteurs où les attentes de la population sont très fortes.

Ce qui est sûr, c’est que les énergies renouvelables sont un enjeu crucial pour le développement des entreprises en Afrique. Pas de développement sans électricité. Et pas d’électricité sans énergie.


Quels sont vos projets de développement, vos ambitions, vos événements  pour la rentrée ?

M.V. : Notre gros projet en cours, c’est SÉKOU Pulse (http://startups.sekou.org/bourse/). Un dispositif d’accompagnement dédié aux entrepreneurs et porteurs de projet du Sénégal. Nous avons récemment mené une enquête sur les besoins des entrepreneurs afin d’identifier clairement ce qui se cache derrière la recherche de financement (https://goo.gl/kJooKv). Les entrepreneurs ont exprimé des besoins très concrets : créer son site web, imprimer ses cartes de visite, se former à la gestion financière…

Nous avons donc conçu ce dispositif en sollicitant notre réseau. Chaque partenaire contribue dans la mesure de ses moyens, en proposant des services gratuits ou à tarif préférentiel correspondant aux besoins des entrepreneurs. En ce sens, SÉKOU Pulse est un dispositif innovant et participatif.

Nous prévoyons également de développer notre réseau de partenaires locaux, afin d’intégrer des équipes SÉKOU Côte d’Ivoire, SÉKOU Burkina Faso, SÉKOU Cameroun… Pour cela, nous lancerons prochainement une campagne de recrutement d’Ambassadeurs à travers l’Afrique francophone.

Portraits

Passionnés de l’aspect humain des aventures entrepreneuriales, des actions solidaires et responsables, Morgane Vannier et Axel Boeykens ont cofondé SÉKOU, un espace dédié à l’entrepreneuriat des pays émergents ayant pour objectif de promouvoir projets, startups et initiatives en recherche de visibilité, de levée de fonds et d’être un lieu de parole et de conseil pour les professionnels.

Marc Michiels

Marc Michiels

Rédacteur en chef Culture RP, Content Marketing et Social Média Manager : « Donner la parole à l’autre sous la forme d’une tribune, une interview, est en quelque sorte se donner à lire ; comme une part de vérité commune, pour qu'apparaisse le sens sous le signe… ». / Retrouvez-moi sur LinkedIn

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