Interview de Muriel Sola, Présidente de l’agence UNICORP

27 novembre, 2017 27 novembre, 2017   27 novembre, 2017 0 commentaire

Culture RP a rencontré Muriel Sola, Présidente d’UNICORP. Muriel Sola a créé l’agence en 1999 pour développer une communication engagée envers ses clients, leurs parties prenantes et leurs collaborateurs. Elle a constamment travaillé sur les stratégies de communication d’associations et de fédérations, qui constituent aujourd’hui l’un des cœurs de métier d’UNICORP.

Muriel-Sola_Portrait pour Culturer RP
« L’engagement est au cœur de la performance des organisations. Mais il ne peut être fort que si la relation entre l’institution, l’entreprise ou la marque et ses publics est fondée sur la confiance. Plus que la transparence, nous devons aujourd’hui privilégier le parler vrai, la cohérence entre le discours et les actes, pour construire une relation authentique et des liens pérennes. C’est la condition sine qua non d’un engagement durable, créateur de valeur pour toutes les parties prenantes. » – Muriel Sola.

 

Créer de l’engagement, c’est créer de la relation avec les différentes parties prenantes externes, internes, avec soi-même et les autres. Quelles sont les 6 actions déterminantes pour mettre en œuvre cette stratégie pour une marque, une organisation, une association. Pour ne pas être en définitive dans les 20% des Français qui passent, à l’action suite à engagement de principe alors qu’ils sont 94% à le souhaiter ?

C’est une vraie question que celle de l’engagement. Entre le désir et la réalité, il y a le courage. Le courage de franchir le pas pour les organisations, d’oser se dévoiler telles qu’elles sont. Tout d’abord, nous les aidons à opérer une translation entre les valeurs visibles et les valeurs latentes. Nous rééquilibrons les signaux entre ce qu’elles ont montré et qui n’était peut-être pas suffisamment pertinent et les pépites qui sont parfois cachées et qu’elles n’osent pas dévoiler. Nous sommes à leur côté pour les faire naître, c’est notre maïeutique « maison ». Et puis, il y a les actions car ces valeurs doivent être incarnées. Elles peuvent être diverses et variées mais toujours participer à une cohérence. Cela peut aller d’une charte d’engagement à un séminaire en passant par une application digitale. L’essentiel est de bien mixer actions dématérialisées et moments de vie, de rencontre car au-delà-du sens, la marque a besoin d’émotions, de palpitations.

L’agence intervient comme un véritable service de communication en immersion chez ses clients. Véritable ambassadeur de l’identité de la marque, chaque expert cultive la raison d’être et la valeur de chaque organisation en s’articulant autour de 4 pôles : le Conseil, le Branding, le Digital et Contenus & Influence. Quels sont les périmètres d’interventions et pour quelle expertise ?

En effet, nous avons choisi ce positionnement dès 2005 car nous avons senti qu’il y avait un besoin réel d’accompagner nos clients associations, fédérations comme un véritable service de communication externalisé. La communication demeure une variable d’ajustement pour nos clients. Nous avons connu plusieurs effets de balancier depuis 1999. Parfois, les clients décident d’internaliser, parfois d’externaliser. De notre côté, nous sommes là de manière constante pour compléter les compétences de nos clients. Certains n’ont pas le temps d’écrire, d’animer les réseaux sociaux, d’autres ne sont pas assez techniques pour suivre un projet digital de A à Z, certains préfèrent nous confier la stratégie afin d’avoir ce regard extérieur qu’ils ne pourraient avoir. L’altérité reste notre fonds de commerce et le ping-pong intellectuel notre jeu favori.

Le digital est un levier incontournable de communication, 84 % des Français attendent des marques qu’elles produisent des contenus en ligne (1). Quels sont les réseaux sociaux à utiliser quand on est une association pour quelles cibles ? En se développant, le brand content propose de fait une nouvelle lecture informationnelle, un nouveau rapport au monde qui débouche naturellement sur une notion plus large du vivre ensemble. Quelle est l’approche du brand content d’UNICORP ?

En effet, les réseaux sociaux nous permettent de voir l’autre en permanence : tout ce qui nous rapproche, comme ce qui nous sépare, nos différends irréconciliables. C’est pour cela qu’ils sont parfois chargés de haine. A nous de les utiliser raisonnablement et à bon escient. Nous avons le devoir de bien conseiller nos clients qui veulent parfois se lancer un peu trop vite sur certains réseaux.
Nous préférons les aborder tranquillement avec des communautés qui grandissent au fur et à mesure de leur attachement à la marque. Nous avons tendance à recommander Facebook pour une première approche BTOC à nos clients qui souhaitent développer leur approche sociétale. Nous utilisons twitter pour diffuser des contenus de fond et toucher les influenceurs. LinkedIn est vraiment réservé aux échanges professionnels et à la marque employeur. Instagram véhicule de l’image et peut être un bon complément à Facebook pour les clients avec lesquels nous avons construits des banques d’images dédiées et de qualité.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes la plus fière ?

Ce sont celles qui ont duré longtemps. Nous travaillons avec certains de nos clients depuis plus de 12 ans. C’est formidable de pouvoir mesurer l’efficacité de la communication corporate sur le long terme. On se rend réellement compte du chemin parcouru et des bienfaits de la communication sur l’épanouissement des marques.

Une fois par mois, UNICORP va ouvrir ses portes pour accueillir des conférences thématiques. La première aura lieu le 15 novembre et va et va convier Dominique Wolton, Directeur de recherche au CNRS en sciences de la communication. Qu’attendez de ce rendez-vous ?

Ce que nous aimons chez Dominique, c’est son agilité intellectuelle et sa quête de sens qui ne se tarit jamais. Il nous transmet aussi un espoir pour nous communicants. Il nous dit que nous pouvons lutter contre les GAFA et que ce n’est pas plus difficile que de lutter contre la suprématie de l’Eglise au 15ème siècle. Il veut nous dire que la communication peut sauver le monde si elle demeure une relation humaine et non un enchevêtrement de tuyaux.

La question de l’e-réputation est devenue une exigence permanente, tant pour les professionnels que pour les particuliers. Sur votre blog, on peut lire l’article suivant : « Bad buzz : le coté obscur » (2). On y retrouve les raisons et les conseils pour anticiper ce phénomène. Comment appréhender alors sereinement et efficacement ces nouvelles problématiques, sur un marché encore en phase de structuration ?

Nous avons rédigé cet article suite à une situation de crise que nous avons gérée pour l’un de nos clients. Nous sommes sans cesse en veille sur nos sujets. Nous tentons d’identifier les signaux faibles qui pourraient se transformer en crise potentielle. Nous affûtons nos arguments, et conseillons de produire du contenu filmé et pédagogique. Dans cet intervalle, nous nous transformons en media, en salle de rédaction survoltée.
Puis, petit à petit, au fil de la veille qui décélère, nous retrouvons notre rythme de communication corporate parfaitement maîtrisée. Il faut suivre la vague et s’adapter à son ampleur. Cela ne sert à rien de lutter dans ces moments-là.

 

(1) étude réalisée par Outbrain, plateforme de content discovery
(2) http://www.unicorp.fr/blog/bad-buzz-le-cote-obscur/

 

 

 

 

Marc Michiels,

Chargé de la ligne éditoriale, CM : @Culturerp@ArgusdelapresseArtisteÉcrivain.

 

 

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