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Pro Bono Lab est le laboratoire de l’engagement citoyen et du partage de compétences

19 mars, 2018 19 mars, 2018   19 mars, 2018 0 commentaire

Culture RP a rencontré Sylvain Reymond, nouveau Directeur Général de Pro Bono Lab.

Créée en 2011, Pro Bono Lab est le laboratoire de l’engagement citoyen et du partage de compétences (mécénat/bénévolat de compétences) en France et à l’international, membre fondateur du Global Pro Bono Network (42 organisations réunies dans 30 pays).
Sa vocation est ainsi de permettre à des organisations à finalité sociale d’accéder aux compétences dont elles ont besoin pour se développer et, à travers elles, de générer le plus vaste impact social, la plus grande valeur partagée, à l’échelle de nos territoires d’ancrage. Pour ce faire, Pro Bono Lab expérimente, co-construit et met en œuvre, partout en France, une grande diversité de formats d’engagements et de Missions Probono innovants, en coopérant avec les entreprises, les fondations, les associations, les collectivités territoriales, les universités et les grandes écoles, en France comme à l’international – probonolab.org.

 

Sylvain Reymond_Portrait

 

Sylvain, vous occupez ce poste depuis quelques mois, quel parcours vous a permis de devenir Directeur Général de Pro Bono Lab ?

Diplômé de Science Politique à la Sorbonne, j’ai débuté ma carrière au sein d’un Cabinet de Président de collectivité territoriale où j’étais en charge des partenariats économiques, des événements stratégiques et du développement de la vie associative du territoire. J’ai intégré en 2011 l’agence EXCEL\TBWA (conseil en fundraising, mécénat et RSE) – désormais Hopening – pour y conseiller près de 50 associations, fondations et entreprises responsables dans leurs stratégies de développement et politiques RSE. En 2015, j’ai rejoint IMS-Entreprendre pour la Cité – désormais Les entreprises pour la Cité –, réseau d’entreprises responsables fondé par Claude Bébéar, pour y diriger le pôle « mécénat et investissements citoyens » et y porter la vision nouvelle d’un « mécénat plus performant », faisant partie intégrante de la stratégie de l’entreprise. Rédacteur en chef du site mecenova.org durant deux ans, j’ai également coproduis durant cette période la version télévisée de l’émission A But Non Lucratif (BFM Business). Depuis janvier 2018, j’ai le plaisir de diriger Pro Bono Lab et de porter, avec toute l’équipe, nos Co-fondateurs, notre Présidente et nos Administrateurs une nouvelle dynamique collective forte en faveur de l’engagement citoyen et du partage de compétences, en France et à l’international.

Depuis les années 1970, des professionnels du monde entier partagent leurs compétences en stratégie, finance, marketing, communication, ressources humaines, web ou encore droit pour aider gratuitement les associations qui n’ont pas les moyens d’accéder à ces services. Pouvez-vous nous définir l’ADN et les enjeux de Pro Bono Lab ?

Qui n’a pas un jour donné des conseils à une association ou à une personne de son entourage qui voulait faire le bien ? Cette transmission de compétences, au service du bien public, est un engagement quasi inné, si naturel qu’il est quotidiennement pratiqué sans même le savoir.

Que l’on soit salarié d’une entreprise ou l’entreprise à travers son salarié, étudiant, retraité, demandeur d’emploi ou tout autre profil de volontaire, la pratique du pro bono consiste d’abord à donner profondément de soi : à puiser dans ses connaissances, à confronter ses expériences, à adapter son expertise, à accepter de se remettre en cause et à la cause, à se dépasser pour l’autre, pour l’amener personnellement et collectivement dans la meilleure direction à travers des conseils. Nous le savons, pour une structure d’intérêt général, les compétences n’ont pas de prix. Car, dès lors qu’elles sont parfaitement adressées, elles ouvrent d’immenses perspectives de développement. En tant que laboratoire de l’engagement citoyen et du partage de compétences, spécialisé dans la mise en place de dispositif de mécénat et bénévolat de compétences, la vocation première de Pro Bono Lab est d’ouvrir à ces structures les perspectives les plus vastes, en allant chercher les compétences là où elles sont et en les restituant aux structures à finalité sociale qui en ont le plus besoin pour se développer durablement.

Pro_Bono_Lab

Le pro bono s’étend bien au-delà du domaine juridique, votre domaine d’intervention est large et s’adresse tant à des volontaires, entreprises, fondations, pouvoir public, universités, ou organismes de recherche… Comment accompagnez-vous ces organisations qui ont un besoin de structurations, de compétences pour mieux coordonner leurs stratégies, le marketing, la communication, du digital ainsi que les ressources humaines ?

Pour organiser ce partage de compétences au profit de structures à finalité sociale, Pro Bono Lab fédère en effet une très vaste communauté de parties prenantes. Nos grands programmes sociétaux, co-construits avec nos partenaires entreprises (EDF, AG2R LA MONDIALE dernièrement), permettent de mobiliser toutes ces ressources humaines autour de causes que nous considérons comme prioritaires ou à très fort impact social. Nous menons en parallèle plusieurs travaux de prospective ou de recherche afin d’identifier les bonnes pratiques et d’expérimenter avec tous ces acteurs de nouveaux modèles d’engagement citoyen.

En tant que laboratoire, nous organisons la réflexion collective des pionniers de l’engagement citoyen et valorisons leurs démarches par l’intermédiaire de nos supports de communication ou partenariats médias. Enfin, nous accompagnons près de 50 entreprises chaque année dans la conception et la mise en œuvre de leurs parcours d’engagement des collaborateurs. Nous renouvelons ou imaginons avec eux des dispositifs de mécénat/bénévolat de compétences sur-mesure et élaborons des programmes d’actions de mobilisation de plus en plus complets. C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous opérons différents formats de Missions Probono tels que le Marathon Probono*, qui connait un grand succès en France.

*Le Marathon Probono : évènement d’une journée qui réunit des professionnels volontaires pour conseiller gratuitement une organisation à finalité sociale sur sa problématique.

Pro Bono Lab est présent en France mais aussi sur les quatre continents via le Global Pro Bono Network. Les approches et formalisations sont-elles forcément adaptées au marché, à la culture des différents pays ? Quel rôle joue donc Pro Bono Lab dans le développement démocratique de certain pays ?

On ne le sait pas forcément en France, mais Pro Bono Lab figure parmi les deux acteurs les plus en pointe à l’international sur ces sujets de mécénat/bénévolat de compétences. Nous partageons désormais ce leadership avec la Taproot Foundation, notre homologue américain, au sein d’un réseau de 42 membres dans 30 pays. En fonction des cultures et des écosystèmes territoriaux qui composent ces pays, la pratique du pro bono y prend des formes relativement différentes et y est plus ou moins répandue.

Dans ce réseau, Pro Bono Lab s’inscrit dans une logique de transmission, à travers un rôle de formateur notamment. Ce réseau international nous permet, au-delà du partage d’expériences, d’imaginer des programmes multinationaux et de proposer à nos investisseurs d’agir simultanément dans tous leurs pays d’ancrage, là où sont implantées leurs filiales, là où leurs collaborateurs exercent leurs fonctions. Dans ce cadre, nous voyons bien que les formats des missions que nous coordonnons doivent sans cesse s’adapter à la culture et aux spécificités des pays.

Quels sont les critères d’adhésion à votre réseau tant au niveau national, qu’au niveau international ?

Le seul critère d’adhésion, c’est de défendre à nos côtés l’ambition que nous portons, à savoir que d’ici 2030, 100% des organisations à finalité sociale qui en ont le besoin, aient accès à des compétences pour se développer durablement. Si tel est le cas, rendez-vous sur notre site : www.probonolab.org

Quels sont les grands événements majeurs de votre organisation et comment communiquez-vous auprès de l’ensemble des publics ainsi que de vos partenaires et des experts, des influenceurs ?

Cette année, Pro Bono Lab proposera un cycle de trois grands événements dont le lancement d’une grande campagne nationale de plaidoyer en mai prochain. Cette campagne est, pour nous, l’occasion de présenter notre nouvelle vision et la stratégie associée ainsi que notre nouvelle offre d’accompagnement. Traditionnellement, nous organisons en début d’année une série de Soirées Annuelles (une par territoire d’ancrage) qui célèbre l’année passée et dévoile les grandes orientations à venir. En novembre, nous reconduirons, au cœur de La Défense, notre grand Marathon inter-entreprises qui permet de mobiliser, autour d’une dizaine d’associations, plusieurs centaines de collaborateurs des entreprises de ce quartier d’affaires sur deux jours. Rebaptisé, Pro Bono Factory, ce programme sera dupliqué en région.
A Paris, une grande expérience prospective sera proposée par Pro Bono Lab en guise de clôture. L’objectif : utiliser les civic tech et le digital pour faire collaborer simultanément plus de 250 personnes et inventer collectivement l’engagement citoyen de demain. Rendez-vous donc le 22 mai prochain pour en savoir plus sur la nouvelle grande ambition du Lab !

Comment voyez l’évolution, l’essor du bénévolat/mécénat de compétences dans l’évolution de nos sociétés à l’aune de l’intelligence artificielle ?

Vaste question ! Je crois que cela ne fera qu’intensifier l’essor du mécénat et du bénévolat de compétences. L’entreprise de demain par exemple n’embauchera ni des bras, ni des cerveaux puisque à l’aune de l’intelligence artificielle, tout cela ne sera que fonctions automatisées. L’entreprise de demain embauchera des personnes généreuses et engagées. Elle se tournera vers des profils susceptibles et capables d’acquérir (et de transmettre) sans cesse des compétences nouvelles, du sens et des émotions. Les intelligences relationnelles et collectives, la capacité de chaque femme ou de chaque homme à s’engager pour autrui, à s’adapter aux problématiques et situations, feront sa valeur ajoutée face à toute intelligence artificielle. Toute action pro bono permet justement de susciter et développer ces différents sens. C’est pour cela que je suis convaincu que le pro bono s’imposera dans nos sociétés comme l’engagement citoyen le plus répandu.

A plus court terme, je crois aussi que ce type d’engagement va permettre de rééquilibrer les rapports entre celui qui donne et celui qui reçoit. Entre les entreprises classiques et les structures de l’ESS. 76% des volontaires que nous accompagnons disent progresser en exerçant leur générosité et développer leurs compétences en les transmettant lors des missions que nous opérons. Le pro bono ouvre indéniablement la voie d’un enrichissement mutuel. Ainsi, celui qui donne reçoit, et celui qui reçoit donne. Les compétences sont partout, partout elles se complètent. Et demain les grandes entreprises auront autant besoin des acteurs de l’ESS pour se développer que ces derniers de nos grandes entreprises…

 

Liens :

 

 

Marc Michiels / @Michielsmarc : 
Rédacteur en chef de publication de Culture RP (2016 – 2018), chargé de l’éditorial et Community Manager depuis 2011, L’Argus de la presse | Groupe CISION

 

 

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