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Claire Sassonia, Directrice des contenus et de l’éditorial chez Aufeminin

27 septembre, 2018 27 septembre, 2018   27 septembre, 2018 0 commentaire

« A l’ère des réseaux sociaux, l’approche top-down du journalisme est révolue.
Les médias doivent co-construire les contenus avec leurs communautés » – Claire Sassonia.

 

 

Claire Sassonia, présentez-nous votre parcours et dites-nous pourquoi avoir choisi cette profession ?

C’est mon goût pour l’écriture, ma curiosité et ma polyvalence qui m’ont poussée à choisir le journalisme. C’est un métier qui permettait de s’intéresser à tous les sujets, et de continuer à apprendre tous les jours. Après des études littéraires et l’obtention de mon diplôme à l’ESJ, j’ai travaillé pendant deux ans au Journal des Femmes en tant que journaliste puis cheffe de rubriques. J’ai ensuite intégré le groupe aufeminin au sein duquel j’ai évolué à différents postes : cheffe de rubriques, rédactrice en chef adjointe, rédactrice en chef et directrice des contenus depuis 2012.

Claire Sassonia pour Culture RP

Avez-vous une journée type ?

Non, pas de journée type dans mon métier, et c’est tout l’intérêt.

Néanmoins, quelques routines quotidiennes :

  1. Passage en revue des audiences de la veille chaque matin en arrivant au bureau. Sur le site mais aussi sur toutes les plateformes sociales, sur lesquelles je suis différents indicateurs,
  2. Veille de l’actualité des femmes, et échanges avec l’équipe sur les sujets du moment,
  3. Validation des sujets / angles éditoriaux, relecture des titres, newsletters etc.

A cela peuvent s’ajouter selon mon agenda : un enregistrement de podcast, un brainstorming pour répondre à un brief client, un rendez-vous avec un partenaire, un cours dans une école de journalisme, l’animation ou la participation à une table ronde…

Votre définition de l’influence ?

C’est la capacité à faire passer un message à une communauté de la façon la plus authentique et convaincant possible. L’influence est aujourd’hui protéiforme. C’est une femme anonyme qui va partager son expérience sur nos forums. C’est une instagrameuse qui va donner envie d’acheter les baskets qu’elle porte. Ce sont des consommatrices testeuses qui vont vous convaincre de l’efficacité d’un produit via une plateforme de testing comme le club des expertes d’aufeminin. C’est un média qui va vous faire changer de regard sur un sujet d’actualité.

Home Aufeminin

Vous êtes en charge de l’éditorial et de la stratégie de contenus pour aufeminin. Quelle est la spécificité du magazine ?

Justement, aufeminin n’est pas un magazine, et c’est là sa spécificité. C’est une communauté de femmes. Nous créons des contenus pour rassembler et engager les femmes partout, tout le temps. C’est-à-dire sur notre site, sur les réseaux sociaux, sur les enceintes connectées avec notamment l’assistant vocal Alexa, mais aussi dans la vraie vie en leur proposant des expériences (masterclasses, ateliers etc.), 
Notre positionnement, c’est l’empowerment féminin. Avec des contenus engagés pour les droits des femmes, mais qui doivent également développer la sororité et aider les membres de notre communauté à prendre confiance en elles, sans diktat ni jugement.

Aufeminin, c’est une présence importante sur les médias sociaux de 3,1 millions personnes qui suivent votre FanPage, + de 44 300 followers sur Twitter, + de 102 600 abonnés sur la chaîne YouTube, + de 163K d’abonnés sur le compte Instagram. Comment organisez-vous vos différents périmètres d’expertises pour les axes tels que le brand content, réseaux sociaux, seo et la vidéo ?

Les équipes de production sont spécialisées par type de contenus mais aussi par plateforme de diffusion. L’équipe éditoriale gère également la production de brand content, l’idée étant de proposer à nos utilisatrices des contenus intéressants et engageants, dans lesquels les marques sont intégrées de façon native.

Quelles sont pour vous les « bonnes pratiques » pour favoriser la diffusion des articles ou des vidéos auprès de vos communautés ?

– Concevoir le contenu en fonction de la plateforme où il sera diffusé, que ce soit sur le fond comme sur la forme. Pour Pinterest, on privilégiera par exemple des sujets froids avec de beaux visuels verticaux et des épingles optimisées, alors que pour Facebook, on va plutôt se concentrer sur les sujets d’actualité.
– Ne pas avoir de certitudes et faire du test & learn quotidien.
– Suivre de près les audiences, pour comprendre ce qui plaît à sa communauté.

La vidéo que vous préférez et que vous avez publiée ? 



Il y en a beaucoup ! Si je dois choisir une vidéo récente, ce serait ce témoignage d’une femme atteinte d’albinisme, car elle résume très bien ce qu’est aufeminin : raconter des histoires de femmes, mettre en avant la diversité, prôner les valeurs d’inclusion et de tolérance… Et puis des dizaines de milliers d’interactions, de partages et de commentaires bienveillants et positifs.

Et parce que notre rôle c’est aussi de créer des émotions grâce à nos contenus, j’ai envie de citer cette belle histoire : nous avons organisé une vraie demande en mariage surprise à l’aéroport de Roissy, qu’on a diffusée en live sur la page Facebook d’aufeminin. C’était complètement fou et totalement inédit en France. Et un énorme succès d’audience.

Le site permet aussi par son forum et les tests produits de « fidéliser », de façon conviviale et responsable vos lectrices et lecteurs vers plus d’engagement, de contenus et de commentaires. Comment organiser la modération de l’ensemble de ses plateformes ?

En impliquant la communauté elle-même, avec des membres modérateurs. En rappelant régulièrement nos valeurs et notre charte à nos utilisateurs. Bien souvent quand il y a des débordements, ce sont nos users eux-mêmes qui prennent la parole pour recadrer le débat.

Si vous deviez citer LA grande évolution du métier de journaliste ces 10 dernières années, ce serait laquelle ? Comment cela a-t-il changé votre métier au quotidien ?

L’arrivée des réseaux sociaux a changé la façon de consommer et donc de concevoir les contenus. Mais surtout, cela a donné une voix aux lecteurs, qui s’expriment lorsqu’ils ne sont pas d’accord, qui remettent en question le choix des mots ou des images. Cela nous pousse à peser chaque expression, à éviter le piège de l’entre soi, des formules toutes faites ou des automatismes journalistiques, à faire attention aux visuels pour qu’ils soient le plus représentatifs possible de la société. C’est d’autant plus important lorsque l’on s’adresse à des femmes qui ont intériorisé depuis des années des codes de beauté uniques (minceur, blancheur, jeunesse…).

À votre avis, quel est le plus gros challenge du métier aujourd’hui  en France ? 

Fidéliser son audience. L’offre de contenus sur le digital est tellement vaste et les algorithmes tellement fluctuants qu’il faut se démarquer avec un ton et un positionnement propres. 

Pensez-vous que les lecteurs d’aujourd’hui et notamment la nouvelle génération, sont prêts à payer pour avoir de l’information ?

Quand on a grandi dans un monde où l’information est gratuite et accessible partout, tout le temps, il me semble compliqué de faire payer pour des contenus d’info qu’on peut par ailleurs retrouver sur d’autres médias. En revanche, on voit que de nouveaux modèles de contribution sont possibles. C’est une génération qui est prête à financer des projets éditoriaux ambitieux et originaux via des campagnes de crowdfunding par exemple.

Quelle serait pour vous la prochaine évolution d’Aufeminin ?

Aller toujours plus loin dans l’accompagnement des femmes en investissant physiquement leur environnement quotidien par exemple…

 

 

Marc MichielsRédacteur en Chef.

 

 

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