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Les couleurs ont-elles un genre?

15 janvier, 2014 15 janvier, 2014   15 janvier, 2014 0 commentaire

Bleu, blanc, rouge… ou… bleu et rose ? La société française est parsemée de codes coloriels faisant partie de notre héritage culturel. Ces codes - souvent porteurs de stéréotypes - sont-ils des repères pour les individus ? Comment les faire évoluer ? Liberté, égalité, stéréotypes. Analyse de Womenology.fr / aufeminin.com.

D’après le CNRS, « la couleur est, par elle-même, un langage permettant de communiquer. Ce langage implique nombre de conventions d’ordre psychologique, symbolique ou religieux. Il varie de lieu en lieu et d’âge en âge. ». Souvent reliées à un événement intime, notre relation avec les couleurs est à la fois individuelle et collective. Si le deuil est irrémédiablement associé au noir dans nos sociétés occidentales, en Inde, c’est le blanc qui est choisi pour accompagner des funérailles. Nous respectons alors des codes coloriels qui définissent notre identité sociale. Notre ancrage à une communauté. Et ses traditions.

Les codes coloriels sont présents. Partout. Trop souvent

Bleu pour les garçons, rose pour les filles. Les couleurs sont dangereuses quand elles sont porteuses de stéréotypes. Astrid Leray, du cabinet Trezego, a épluché dix catalogues de jouets parus pour Noël 2013. Conclusion : 50% des filles sont habillées en rose ou violet. Les marques s’adaptent-elles aux désirs des parents ? ou les parents n’ont-ils pas d’autres choix face à une offre de produits fortement genrée ? Notre rapport aux stéréotypes est là aussi paradoxal. Si nous les condamnons ouvertement, nous avons tendance à les intérioriser. Et à les perpétuer. D’après Priscille Touraille, Docteur en anthropologie sociale : « Les études sur la socialisation de genre ont (montré) que l’outil de la couleur sert d’abord aux adultes, surtout en dehors du cadre familial à connaître le sexe des enfants dans le but de faire passer les « bons messages » quant à leurs qualités féminines et masculines escomptées. »

Le bleu incarne le consensus

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Une communication client stratégique au Centre Beaugrenelle

14 janvier, 2014 14 janvier, 2014   14 janvier, 2014 0 commentaire

Culture RP a rencontré Pierre Fischer, Directeur Associé chez NOVACOM ASSOCIE afin qu'il nous explique la stratégie de communication utilisateur client à Beaugrenelle.

La principale innovation de Com’In réside dans le Portail Commerçants, véritable plateforme collaborative pour une communication directe et temps réel, du centre et des enseignes vers les visiteurs. Qu'est-ce que cela change pour les consommateurs dans sa dimension relation client (actions e-marketing, coupons promo, création et la diffusion des contenus digitaux...)?

Le portail Commerçants offre aux enseignes présentes dans un centre commercial, un canal partagé pour la diffusion de leurs offres commerciales.

Ce canal partagé permet de communiquer :

  • sur la zone de chalandise,
  • de façon coordonnée c'est à dire sous l'égide du centre commercial (Beaugrenelle dans le cas présent),
  • tout en intégrant les caractéristiques spécifiques du point de vente.

Ce dispositif permet aux enseignes de localiser la relation client et de faire du e-marketing local.

En effet, le client est incité à se rendre à se rendre «dans le magasin qui se trouve dans ce centre commercial». La relation entre le client et le commerçant devient plus concrète et plus proche. Et cette relation s'inscrit dans une expérience shopping fluide et unifiée grâce à la coordination de la communication des différentes enseignes du centre commercial.

La collecte des données de parcours des visites permettent de mieux comprendre les facteurs qui déclenchent l’achat et d’expérimenter de nouveaux services. Quelles sont les applications dédiés et les limites de l'utilisation de ses données?

La question de la collecte des données ne se pose pas en termes d'application dédiée. Le visiteur du centre, grâce à l'application mobile, dispose d'un assistant shopping. Nous avons eu la volonté de ne pas être intrusif en veillant à permettre au visiteur de choisir à tout moment par qui il veut être notifié. C'est encore lui qui choisit d'être ou ne pas être géo-localisé lorsqu'il est à l'intérieur du centre commercial. En choisissant d'être localisé, le visiteur nous autorise à collecter les données liées à son parcours de visite, données que nous nous engageons à n'utiliser que de manière anonymisée.

Les enseignes, quand à elles, disposent d'un retour statistiques sur la performance des actions qu'elles ont proposées au visiteur : combien d'offres mises en favori, d'offres consultées, combien de coupons utilisés, combien d'inscriptions aux ventes privées ... Il s'agit de données statistiques, les données visiteurs restant, là aussi, totalement anonymes.

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FONDATION GOODPLANET

13 janvier, 2014 13 janvier, 2014   13 janvier, 2014 0 commentaire

Culture RP a rencontré Nadia Dhoukar, Responsable Communication de la Fondation GoodPlanet.

Quelle est selon vous l’importance des relations presse dans une association comme la vôtre ?

Elle est double : elles nous permettent d'une part de sensibiliser le grand public à nos actions et, plus largement, aux enjeux environnementaux. D'autre part, elles nous permettent, via cette sensibilisation, de faire appel au grand public pour nous soutenir. Cependant, conduire des relations presse dignes de ce nom, à l'année et selon une stratégie médias, est assez rare dans l'univers des ONG, faute de ressources et d'outils. Du coup, on fait ce qu'on peut !

Quelle est la spécificité de votre approche RP ?

Pas de spécificité propre, si ce n'est de parvenir à distinguer le personnage public qu'est le créateur et Président de la Fondation, Yann Arthus-Bertrand, des actions conduites par la Fondation sur le terrain de l'environnement et de la solidarité. De parvenir à en faire parler et à les relayer sans qu'il en soit forcément le porte-parole, étant lui-même occupé par ailleurs à d'autres projets. Par ailleurs, la diversité des actions conduites par la Fondation GoodPlanet (publications de livres, sorties de films, actions terrain, expositions … ) et le fait qu'elles sont menées dans le monde entier, nous conduisent à travailler avec tous types de médias, presse, papier, web, spécialistes ou pas, partout dans le monde.

Lors d’un évènement que faites-vous pour créer le buzz ?

Nous le relayons essentiellement auprès des cercles proches de la Fondation : sur le web, via nos réseaux sociaux, auprès de nos partenaires. Ensuite, il fait son chemin ! Nous travaillons aussi avec des médias solidaires qui relaient l'information (20 Minutes, Le Monde, et autres).

Quelle est la place du web 2.0 et des réseaux sociaux dans votre stratégie de communication ?

Essentielle pour communiquer quasiment en direct avec les gens, les informer et nous informer, être au plus près des réalités. Par ailleurs, en ce qui concerne l'environnement, la consommation responsable ou le mieux-vivre ensemble, nombreux sont les blogueurs à se pencher sur ces sujets et à être pionniers en matière de réflexion et d'innovation. Ils sont souvent pour nous des interlocuteurs et des relais de choix.

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Le rôle du Community manager est aussi une aventure humaine…

23 décembre, 2013 23 décembre, 2013   23 décembre, 2013 0 commentaire

« Grandir Aventure » est une association de tourisme équitable et solidaire qui organise des séjours (Tunisie, Inde, Pérou…) pour des voyageurs désireux de privilégier l’aventure humaine et soucieux des régions défavorisées.

   

   

Henintsoa Mampionona vous êtes Community Manager de « Grandir Aventure ». Comment se déroule votre journée type ?

Je n’ai pas vraiment de journée type, les tâches sont variables tous les jours et selon les priorités. Ceci dit, je débute ma journée par la consultation de ma boîte mail puis j’effectue ma veille d’information quotidienne. Je me tiens toujours disponible du Directeur de l’agence qui me définit chaque jour ses priorités, et j’accorde ainsi mon emploi du temps.

J’anime la page facebook ainsi que le compte twitter de l’agence où je relaye diverses informations sur nos activités et autres sujets sur le tourisme (solidaire) que je juge intéressants.

Mes missions ne s’arrêtent pas là car je m’occupe également de la rédaction du contenu du blog que j’alimente au moins deux fois par semaine avec un autre rédacteur des activités de l’association ou d’articles de blogs partenaires. Je les partage ensuite sur les réseaux sociaux.

J’identifie également de nouveaux partenaires (presse, blogueur, bureaux des étudiants d’université et des grandes écoles…) avec qui nous tentons d’établir une collaboration : article, communiqué de presse, proposition de séjour ou échange de liens. Je m’attarde également sur notre communauté où on commence peu à peu à avoir du monde. Cette plateforme est intéressante car les membres s’y dévoilent librement, apporter leurs retours d’expériences et même nous proposer leurs idées.

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Relations presse : 7 erreurs qui font fuir les journalistes

13 décembre, 2013 13 décembre, 2013   13 décembre, 2013 0 commentaire

Valérie Bauer, coauteur avec Emmanuelle Souffi de l'ouvrage Médiatiser sa boîte, est responsable des relations médias chez Novancia Business School, école de la CCI Paris Ile-de-France. Elle est diplômée de l'IEP de Lyon.

       

La particularité des journalistes ? Être sursollicités, au quotidien, par les entreprises et les attachés de presse. Conséquence : ils consacrent peu de temps à la lecture de leurs e-mails et décrochent peu leur téléphone. Finalement, les courriers, se raréfiant, peuvent permettre de se différencier. Mais au-delà du format, pour leur taper dans l'oeil, votre communication doit être rodée et doit respecter certains codes.

Voici quelques fréquents impairs...

Ne pas se renseigner sur les journalistes

Avant que les journalistes ne s'intéressent à vous, intéressez-vous à eux. En clair, pour quel type de médias travaillent-ils ? Grand public ou professionnel ? Ont-ils des sujets de prédilection ? Quel est le rythme de parution de leurs titres ? Etc. Ces informations vous permettront d'adapter votre discours et donc d'être crédible dès votre premier contact.

Ne pas fournir d'angle

Que mettre en valeur dans votre communiqué ? L'entreprise, ses projets et son dirigeant, tout en vous interrogeant sur la nature de votre message et son originalité. "En clair, quelles informations supplémentaires vais-je pouvoir donner aux journalistes pour qu'ils puissent en tirer une histoire, un fil rouge", explique Valérie Bauer, coauteur avec Emmanuelle Souffi de l'ouvrage Médiatiser sa boîte. C'est ce qu'on appelle "l'angle" d'un papier, dans le jargon journalistique. Si vous êtes capable de le présenter clairement dans votre communiqué de presse, vous avez de fortes chances d'attirer l'oeil du journaliste. Communiquer sur votre actualité ou surfer sur un sujet d'actualité peuvent par exemple porter leurs fruits.

Être impatient

Les journalistes sont quotidiennement inondés de communiqués de presse et d'appels téléphoniques. La solution consiste donc à être percutant, à émerger du lot. Comment ? En réalisant un communiqué clair, c'est-à-dire bien construit, avec des informations précises. Ensuite, n'abusez pas des relances.

Par ailleurs, il est très important de travailler votre objet, afin que votre communiqué sorte de la masse et que le journaliste sache immédiatement de quoi vous parlez. Essayez d'être sobre et évitez la ponctuation pour ne pas être filtré par un anti-spam.

En sachant que ce n'est pas parce que vous n'avez pas de contact dans la semaine suivant l'envoi de votre communiqué que vous ne décrocherez pas un article. Cela peut vous paraître long mais un journaliste peut revenir vers vous plusieurs semaines après, dans la mesure où il a un sujet à traiter en lien avec votre communiqué.

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Les défis du handball féminin

13 décembre, 2013 13 décembre, 2013   13 décembre, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Florence Lecat, Responsable de la communication de la Fédération française de handball, à l’occasion du Championnat du monde féminin qui se déroule actuellement en Serbie. Elle s’exprime sur la communication autour de l’équipe de France féminine de handball et sa visibilité.

Comment décririez-vous votre stratégie de communication pour l'équipe féminine ?

Notre stratégie de communication est basée sur le concept de « Femmes de Défis » : d’une part, des défis sportifs pour être au sommet de l’élite mondiale, avec comme objectif donner au nouvel entraineur une médaille aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Mais également un défi en dehors des terrains avec des joueuses qui s’engagent dans des actions sociétales et des projets professionnels en marge d’une carrière sportive. Nous souhaitons valoriser notre équipe de France féminine tout au long de la saison, à la fois au travers des événements sportifs internationaux mais aussi des actions et événements sociétaux.

Quand avez-vous créé le site "Femmes de Défis" et quel en était l'objectif ?

Le site a été créé en 2007 en accompagnement de la stratégie de communication lancée pour le Mondial 2007 en France avec le concept de « Femmes de Défis ». Nous l’avons remanié en 2012 avant les Jeux-Olympiques de Londres.

Quels outils de communication utilisez-vous ?

Nous sommes présents sur la communication externe et les relations presse, ainsi que sur la communication interne. Pour la communication externe, il s’agit essentiellement de communication autour des événements, relayés par des campagnes d’affichage diffusées sur les réseaux JCDecaux, RATP et autres réseaux grand public. Nous mettons également en place des campagnes media avec nos partenaires L’Equipe et RMC, sous la forme de visibilité dans le quotidien, bannières internet et spots radio.

En ce qui concerne les relations presse, nous menons des actions sur les événements et tout au long de l’année au travers de points et conférences de presse, dossiers et communiqués, ainsi que la présence de joueuses ou cadres dirigeants en radio et télévision, ou en interviews pour la presse écrite ou internet. Pour la communication interne, nous nous appuyons sur le site « Femme de Défis » et le site de la fédération, sur lesquels nous diffusons des bannières ; les sites sont optimisés pour l’affichage de résultats, et nous adaptons nos signatures mails. Nous sommes également présents dans la revue fédérale et nous menons des campagnes sur les sites partenaires et des campagnes d’emailings vers nos structures affiliées. Nous proposons aussi des clips vidéo et sommes visibles sur les réseaux sociaux.

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Data Marketing : le futur se prépare aujourd’hui !

12 décembre, 2013 12 décembre, 2013   12 décembre, 2013 0 commentaire

Le sujet "Big Data" prend une importance très différente selon la fonction et le niveau hiérarchique de la personne qui le prend en charge (DG, DSI, Directeur Marketing…). Les entreprises vont devoir compter sur un véritable Système d’Information Marketing fort différent des architectures de gestion et production que les DSI avaient jusque-là mis en place. Soit un Système d’Information Marketing alimenté par les (Big) Data Marketing. Ces nouveaux outils (gestionnaire d’actions marketing, moteur de personnalisation, business intelligence…) seront de plus en plus indispensables pour :

  • Pousser des offres & tarifs cohérents tout au long du parcours client
  • Adapter la distribution à des comportements de plus en plus infidèles
  • Optimiser les investissements selon les segments de clientèle
  • Personnaliser la relation et les produits pour anticiper des tendances de plus en plus mouvantes…

Mais alors que la notion de  Data est sur le devant de la scène, force est de constater que la création de ce socle de données est un investissement au mieux réalisé à l’économie ou, au pire, reporté aux calendes grecques. Collecter des données est un travail long et quotidien qu’il faut initier au plus vite pour espérer des volumes & historiques au bout de quelques mois ou années. Intégrer la Data Quality au plus vite, c’est éviter de dépenser des fortunes demain dans le traitement des “Bad Data”.

C’est une nouvelle façon de travailler, aux multiples impacts, qui nécessite du temps pour être intégrée. Inversement, ces derniers, en prenant en main leur stratégie Data dès aujourd’hui s’assurent à la fois des bénéfices court terme (ex : améliorer le ROI de leurs investissements marketing) et long terme en préparant leur organisation aux enjeux de demain.
Vous trouverez une infographie réalisée par Camp de Bases ici Source : http://datamanagement-le-blog.com/wp-content/uploads/2013/11/FeuilledeRoute112013VW.html
     

Marc Michiels : - Chargé de la ligne éditoriale, Interviews : Culture RP - Community Manager : @Culturerp  @Argusdelapresse - Artiste, Écrivain et Critique Littéraire : @lemotlachose @LaCauselit

       

Les débats télévisés : l’exercice de style des politiques

5 décembre, 2013 5 décembre, 2013   5 décembre, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Gaël Villeneuve, Docteur en science politique de l'université Paris 8 / Laboratoire Communication et politique et auteur de "Les débats télévisés en 36 questions-réponses" aux éditions PUG (Presses Universitaires de Grenoble).

Ces 30 dernières années, le ton adopté dans un débat politique a-t-il évolué ?

Un certain ton a disparu : le ton solennel, un peu compassé, que prenaient les élites politiques françaises pour répondre aux questions de leurs interviewers. Ce ton lent, un peu glacé, de l’élite politique, on le trouve encore dans les interviews données chez Anne Sinclair à « 7 sur 7 », ou chez les invités de François Henri de Virieu pour « l’heure de vérité ». Ce ton-là venait de loin, c’était celui d’une élite politique parisienne aux commandes de ce que Maurice Duverger avait appelé la « monarchie républicaine ». Ce ton disait en somme : « Le roi, c’est moi, et j’ai l’honneur de vous le faire entendre ». Ce ton-là a à peu près disparu dans la mesure où nos politiques sont aujourd’hui de plus en plus fascinés par les managers et les chefs d’entreprises.

Le discours politique qui se tient dans les débats télévisés est donc aujourd’hui moins littéraire, plus chiffré ; moins globalisant, il propose des projets sur le court terme ; en ce sens, les évolutions du ton dans les débats télévisés ressemblent beaucoup à celles de nos sociétés.

Les débats politiques télévisés français sont-ils différents des débats politiques étrangers ? Mon livre propose un parallèle avec le débat télévisé anglais Question Time, qui est diffusé à la BBC depuis les années 1970. La plus grande différence entre ce débat et la plupart des émissions françaises tient d’abord à leurs dispositifs. A Question Time, les questions sont posées par des quidams du public, qui interpellent les politiques invités depuis des grands gradins, en général ceux d’une université ou d’un théâtre où l’émission est enregistrée. Le politique répond, puis le présentateur de l’émission relance son invité, pour lui soumettre des objections ou lui demander des précisions. Bien sûr, l’émission est en grande partie scénarisée : les membres de ce public soumettent leurs questions au staff de l’émission qui n’en retient que quelques-unes, et le présentateur de l’émission reprend très vite la main ; au final, l’échange quidam/politique est réduit à sa portion congrue. Mais l’ensemble est tout de même assez vivant, parfois un peu brouillon ; dans cette émission, journalistes et producteurs acceptent de perdre un peu de contrôle sur l’émission produite. Cela leur est sans doute permis parce que d’une part l’émission est très ancienne, donc rodée, et que d’autre part la BBC n’a pas cette tradition française d’une image télévisée impeccable, qu’on dirait quasiment produite pour l’histoire et les archives.

Vous avez participé à de nombreux débats politiques télévisés, comment sont-ils préparés ? Les hommes politiques sont-ils en amont au courant des questions, autres invités, etc… ?

Les débats télévisés sont organisés pour faire se rencontrer des gens… qui se connaissent si bien qu’ils n’ont absolument pas besoin de se mettre au courant des questions, de l’organisation de l’émission. On pourrait chanter la petite chanson bien connue : « quand un vicomte croise un autre vicomte, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires de vicomtes ». C’est un peu ça, les débats télévisés : journalistes et invités appartiennent à un microcosme plutôt fermé, très polarisé sur les mêmes enjeux. La compétition pour les premières places – les places aux élections, au gouvernement – et les sujets d’actualité (les lois en cours, les élections à venir) passionnent les membres de ce petit groupe de femmes et d’hommes. Ils ne vivent que pour ça – et de ça, pour la plupart – et savent à peu près exactement à quoi va ressembler l’émission à laquelle ils se rendent. Pas besoin donc de tellement échanger en amont, tant qu’on est dans l’entre soi. Par contre, lorsque la conjoncture politique rencontre des épisodes plus houleux – émeutes en banlieue, échec du référendum européen, ou poussée du vote FN aujourd’hui – alors les choses se tendent, journalistes et invités doivent faire face à des problématiques, des invités inhabituels. C’est peut-être paradoxalement le moment où les débats télévisés deviennent les plus intéressants, où le diable politique sort de sa boîte et oblige journalistes et invités habituels à sortir d’un certain ronronnement.

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