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Les débats télévisés : l’exercice de style des politiques

5 décembre, 2013 5 décembre, 2013   5 décembre, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Gaël Villeneuve, Docteur en science politique de l'université Paris 8 / Laboratoire Communication et politique et auteur de "Les débats télévisés en 36 questions-réponses" aux éditions PUG (Presses Universitaires de Grenoble).

Ces 30 dernières années, le ton adopté dans un débat politique a-t-il évolué ?

Un certain ton a disparu : le ton solennel, un peu compassé, que prenaient les élites politiques françaises pour répondre aux questions de leurs interviewers. Ce ton lent, un peu glacé, de l’élite politique, on le trouve encore dans les interviews données chez Anne Sinclair à « 7 sur 7 », ou chez les invités de François Henri de Virieu pour « l’heure de vérité ». Ce ton-là venait de loin, c’était celui d’une élite politique parisienne aux commandes de ce que Maurice Duverger avait appelé la « monarchie républicaine ». Ce ton disait en somme : « Le roi, c’est moi, et j’ai l’honneur de vous le faire entendre ». Ce ton-là a à peu près disparu dans la mesure où nos politiques sont aujourd’hui de plus en plus fascinés par les managers et les chefs d’entreprises.

Le discours politique qui se tient dans les débats télévisés est donc aujourd’hui moins littéraire, plus chiffré ; moins globalisant, il propose des projets sur le court terme ; en ce sens, les évolutions du ton dans les débats télévisés ressemblent beaucoup à celles de nos sociétés.

Les débats politiques télévisés français sont-ils différents des débats politiques étrangers ? Mon livre propose un parallèle avec le débat télévisé anglais Question Time, qui est diffusé à la BBC depuis les années 1970. La plus grande différence entre ce débat et la plupart des émissions françaises tient d’abord à leurs dispositifs. A Question Time, les questions sont posées par des quidams du public, qui interpellent les politiques invités depuis des grands gradins, en général ceux d’une université ou d’un théâtre où l’émission est enregistrée. Le politique répond, puis le présentateur de l’émission relance son invité, pour lui soumettre des objections ou lui demander des précisions. Bien sûr, l’émission est en grande partie scénarisée : les membres de ce public soumettent leurs questions au staff de l’émission qui n’en retient que quelques-unes, et le présentateur de l’émission reprend très vite la main ; au final, l’échange quidam/politique est réduit à sa portion congrue. Mais l’ensemble est tout de même assez vivant, parfois un peu brouillon ; dans cette émission, journalistes et producteurs acceptent de perdre un peu de contrôle sur l’émission produite. Cela leur est sans doute permis parce que d’une part l’émission est très ancienne, donc rodée, et que d’autre part la BBC n’a pas cette tradition française d’une image télévisée impeccable, qu’on dirait quasiment produite pour l’histoire et les archives.

Vous avez participé à de nombreux débats politiques télévisés, comment sont-ils préparés ? Les hommes politiques sont-ils en amont au courant des questions, autres invités, etc… ?

Les débats télévisés sont organisés pour faire se rencontrer des gens… qui se connaissent si bien qu’ils n’ont absolument pas besoin de se mettre au courant des questions, de l’organisation de l’émission. On pourrait chanter la petite chanson bien connue : « quand un vicomte croise un autre vicomte, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires de vicomtes ». C’est un peu ça, les débats télévisés : journalistes et invités appartiennent à un microcosme plutôt fermé, très polarisé sur les mêmes enjeux. La compétition pour les premières places – les places aux élections, au gouvernement – et les sujets d’actualité (les lois en cours, les élections à venir) passionnent les membres de ce petit groupe de femmes et d’hommes. Ils ne vivent que pour ça – et de ça, pour la plupart – et savent à peu près exactement à quoi va ressembler l’émission à laquelle ils se rendent. Pas besoin donc de tellement échanger en amont, tant qu’on est dans l’entre soi. Par contre, lorsque la conjoncture politique rencontre des épisodes plus houleux – émeutes en banlieue, échec du référendum européen, ou poussée du vote FN aujourd’hui – alors les choses se tendent, journalistes et invités doivent faire face à des problématiques, des invités inhabituels. C’est peut-être paradoxalement le moment où les débats télévisés deviennent les plus intéressants, où le diable politique sort de sa boîte et oblige journalistes et invités habituels à sortir d’un certain ronronnement.

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La Communication Responsable

2 décembre, 2013 2 décembre, 2013   2 décembre, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Fabienne de La Chauvinière, Consultante en Communication et Responsabilité Sociétale ethiconseil.fr; Enseignement en Mastères – Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines (M1. Politiques de Communication), l’ISCOM Institut Supérieur de Communication et de Publicité (Communication globale des marques et entreprises) et ISCPA Institut Supérieur des Médias (Cycle mastère professionnel communication en stratégies et développement).

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu’est la communication responsable ?

La communication est dite responsable lorsque le contenu de ses messages est clair, vérifiable et qu’il a fait l’objet d’un échange voire d’une co-construction avec les parties prenantes de l’organisation émettrice. Les impacts environnementaux et sociétaux des activités de communication doivent avoir été contrôlés. Enfin, la communication doit inciter à un comportement responsable des publics cibles. Elle concerne aussi bien la communication institutionnelle, produits, médias ou hors médias. Depuis 2007, l’UDA (Union des Annonceurs), dont l’une des missions principales est de promouvoir une communication responsable, a élaboré une charte engageant ses signataires sur 5 points : bâtir un code de communication responsable, utiliser avec respect les informations relatives à la vie privée de ses collaborateurs et clients, engager un process permettant de vérifier les actions de communication avant diffusion, promouvoir un comportement responsable, intégrer l’impact environnemental dans les critères de choix des supports de communication. En 2013, une cinquantaine d’entreprises sont signataires de la charte.

Quels sont les bénéfices pour les entreprises ? La vigilance des parties prenantes à l’égard de l’entreprise et de son discours n’a eu de cesse de se renforcer depuis les premières dénonciations par les ONG et, les dix dernières années de greenwashing les ont rendues encore plus suspicieuses. Pour poursuivre son développement harmonieusement, l’entreprise doit nécessairement regagner leur confiance en montrant « pattes blanches » ; en les associant au développement de leur politique de responsabilité sociétale et de leur communication afin d’éviter toute interprétation erronée et de répondre au mieux à leurs attentes en termes notamment d’informations. Créer un tel espace de dialogue avec ses parties prenantes et montrer des preuves réelles de son engagement crédibilisent les messages de l’organisation. La communication responsable fédère les publics de l’entreprise, en particulier ses salariés, valorise son capital immatériel et est créatrice de valeur. Cette conception de la communication imposant un nouveau regard sur le projet de l’organisation est source d’innovations.

Selon le baromètre UDA 2012 sur la communication d’entreprise, les ¾ des répondants déclarent que leur entreprise est engagée dans une démarche de développement durable / RSE. Qu’est-ce qui explique cet engouement ?

Cette statistique s’explique d’une part par l’élargissement du périmètre des acteurs visés par les obligations légales en matière de communication extra-financière.En effet, depuis le Grenelle 2, les exigences de transparence en matière de RSE ont été étendues progressivement aux sociétés non cotées (SA et SCA) dont le nombre de salariés est supérieur à 500 et le chiffre d’affaires à 100 millions d’euros, aux sociétés d’investissement à capital variable, aux sociétés de gestion, aux collectivités, régions, départements et EPCI (Etablissements Publics de Coopération Internationale). D’autre part, avec plus de dix ans d’expérimentation au sein de leur entreprise, chez leurs pairs ou leurs partenaires, les dirigeants réalisent les effets vertueux d’une telle stratégie, porteuse de sens, fédératrice et créatrice de valeur et sont ainsi plus enclins aujourd’hui à intégrer les aspects environnementaux et sociétaux au cœur de leur projet de développement.

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29 outils pertinents pour le webmarketing

28 novembre, 2013 28 novembre, 2013   28 novembre, 2013 0 commentaire

Une infographie ludique, mais enrichissante. Vous y découvrirez 29 outils à utiliser tout au long de votre journée pour optimiser au mieux votre productivité : Evernote, Ez Publish, Feedly, Scoopit, Hootsuite, Tweetdeck...

N'hésitez pas à compléter celle-ci en vous rendant sur le site de razorsocial (source de l'infographie), vous y découvrirez d'autres éléments d'analyses.

     

Marc Michiels : - Chargé de la ligne éditoriale, Interviews : Culture RP - Community Manager : @Culturerp  @Argusdelapresse - Artiste, Écrivain et Critique Littéraire : @lemotlachose @LaCauselit

       

Le succès du Beaujolais Nouveau!

21 novembre, 2013 21 novembre, 2013   21 novembre, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Anthony Collet, Responsable Marketing et Communication d'Inter Beaujolais, il fait du Beaujolais Nouveau un événement et œuvre toute l'année pour développer les autres crus.

   

La sortie du Beaujolais nouveau est toujours relayée comme un événement. Comment la préparez-vous en termes de communication et comment expliquez vous cette notoriété?

Depuis son apparition il y a 63 ans, le Beaujolais Nouveau a toujours été considéré comme un vin de fête, un vin qui annonce la sortie du nouveau millésime. Nous insistons toujours sur le côté festif de ce vin à part qui en aucun cas ne doit être comparé aux vins de garde qui ont été vinifiés différemment et qui ont subi une période de vieillissement plus ou moins longue. Personne dans le monde n’est capable d’élaborer ce type de vin qui demande un savoir faire que seuls les vignerons du Beaujolais maîtrise à la perfection.

Au fil du temps, « Beaujolais Nouveau » est devenu une marque et un rendez-vous annuel que les consommateurs attendent impatiemment. Un peu comme Noël. Les opérateurs du Beaujolais ont fait beaucoup de travail pour promouvoir et commercialiser ce vin dans le monde entier.

Depuis 2005, une campagne marketing est mis en place chaque année : nouveau visuel, campagne radio, plv… une palette complète d’outils de communication est proposée aux metteurs en marché.

Depuis 2012, nous commençons à présenter le côté événementiel de la campagne dès le mois de Mars.

Quel est selon vous l'impact de votre stratégie de communication sur les ventes ?

L’impact est difficile à mesurer. On note toutefois que grâce à nos registres de communication, nous avons revalorisé l’image du Beaujolais nouveau et attiré une cible consommateurs plus jeune et plus premium. Le post test IPSOS fait apparaître qu’aux yeux des consommateurs, le Beaujolais Nouveau est désormais un vin chic, moderne et tendance.

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Dans les coulisses du marketing de COCA-COLA

18 novembre, 2013 18 novembre, 2013   18 novembre, 2013 0 commentaire

Comment Coca-Cola fait-il pour toucher les jeunes?

Après avoir rencontré Manuel Bercquet, le directeur marketing de la marque, Gregory Pouy, décrypte pour nous cette stratégie.

Coca-Cola est l’un de ces groupes si particulier dont nous apprécions toutes les campagnes et plus globalement la manière dont les marques sont menées. Ce qui est d’autant plus admirable, c’est qu’ils arrivent depuis des décennies à conserver leur posture tout en se réinventant sans jamais faillir.

A travers cette interview exclusive, Manuel Berquet, Directeur Marketing France, nous fait entrer dans les coulisses de la stratégie du groupe et nous permet de mieux comprendre la manière dont ils ont vécu leur transformation digitale.

Ainsi, il partage avec nous leur stratégie de création de contenus, les impacts organisationnels de l’arrivée du digital, la modification des plans médias et introduit, entre autre, le concept de ce qu’il nomme “le marketing fluide”.

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Interview de Nicolas Narcisse, vice président exécutif d’ELAN

15 novembre, 2013 15 novembre, 2013   15 novembre, 2013 0 commentaire

A l'occasion de la publication de son livre "Le devoir d'influence", Nicolas Narcisse, Vice-président de l'agence ELAN, accorde une interview spéciale à Culture RP et nous donne sa vision du métier des PR, ses évolutions et ses mutations.

 

 

Au sein de la profession des communicants, beaucoup ne se reconnaissent plus dans les « gourous » et tout ceux qui usent de tous les ingrédients de la « com » pour tenter de faire un écran de fumée devant l’opinion. Nicolas Narcisse, vice-président exécutif d’ELAN, expose, dans cet ouvrage, une nouvelle vision des RP:

l’influence positive.

« Nous avions dit il y a cinq ans, à notre création, que nous voulions bouger les lignes de notre métier et de nos pratiques. C'est ce que nous nous efforçons de faire tous les jours en innovant et en participant à la professionnalisation de nos pratiques et c’est ce que nous voulons faire aussi à travers cet ouvrage! ". Cet ouvrage lève le voile sur notre conception de l’influence, un terme trop souvent tabou dont les pratiques sont trop souvent opaques! » exprime Nicolas Narcisse, vice président exécutif d’ELAN.

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Doper son business grâce aux Relations Presse

14 novembre, 2013 14 novembre, 2013   14 novembre, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré Valérie Bauer-Eubriet Responsable Relations Médias – Novancia Business School Paris et co-auteur avec Emmanuelle Souffi de l'ouvrage "Médiatiser sa boîte. Doper son business grâce aux Relations Presse" Ed Ellipses.

Andy Wharol l’avait prophétisé : tout le monde aura droit à son quart d’heure de célébrité.

Alors pourquoi pas vous ?

Les journalistes aiment les belles histoires. Les entrepreneurs désirent être mieux connus. Mais le rêve peut sembler difficile à atteindre tant la concurrence est rude. Valérie Bauer, communicante, et Emmanuelle Souffi, journaliste, livrent leurs secrets pour réussir à percer dans les médias.

Les relations presse ne sont pas réservées aux grandes entreprises ! En étant malin, on peut développer sa visibilité (et son chiffre d’affaires) sans dépenser une fortune !

Constitution d'un fichier de journalistes, relances, règles du communiqué de presse et de l'interview, choix d’une agence de RP... à l’aide de témoignages d’entrepreneurs et de journalistes, les auteures dévoilent ce qu’il faut faire pour briller sous les feux de la rampe. Au-delà des relations presse stricto sensu, elles abordent d’autres leviers pour entretenir durablement la flamme : concours, blogs, réseaux sociaux, livres blancs…

Préfacé par les rois de la success story, Michel et Augustin, passés maîtres dans l'art du buzz, cet ouvrage s’impose comme l’outil indispensable pour tout patron qui souhaite faire parler de sa boîte dans les médias.

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le luxe à portée de clic, MyBeautifulDressing

12 novembre, 2013 12 novembre, 2013   12 novembre, 2013 0 commentaire

Culture RP a rencontré les co-fondatrices de MyBeautifulDressing : Sandra Mascio (présidente) et Céline Brugnon (directrice générale).

Présentez-nous le concept de MyBeautifulDressing?

MyBeautifulDressing.com est le premier site européen de luxe à permettre aux fashionistas du monde entier d’être front row sans bouger de chez elles et pouvoir, comme une acheteuse ou une rédactrice de mode, commander les pièces phares de la saison prochaine dès la sortie des défilés et être livrées plusieurs mois avant leur sortie officielle en boutique.

Nous proposons depuis fin 2012 de visualiser en live les défilés et de précommander, sans attendre leur sortie en boutique, les pièces sélectionnées. A partir d’un habillage vidéo, le « Watch, Click and Buy », la cliente peut faire son shopping directement à partir des vidéos interactives des défilés, en payant un acompte de 50% du montant total de la commande et le solde lors de l'expédition des produits. Les clientes reçoivent ensuite leur commande entre un et deux mois avant que les collections n’arrivent en boutique.

MyBeautifulDressing.com couvre les 4 principales Fashion Weeks (New-York, Londres, Milan et Paris) et propose plus de 100 créateurs défilant dans le calendrier officiel et dans le calendrier off. Tout au long de l'année, nous proposons également, sur le principe des pré-commandes, des collections capsules et les pré-collections des créateurs avec qui nous collaborons lors des Fashion Weeks, ainsi que dans la rubrique The Boutique leurs collections actuelles avec une livraison en 48h.

Comment vous est venue cette idée?

My Beautiful Dressing.com est né d'un constat simple : en dépit d’une profusion d’offres internet sur le marché du luxe, l’expérience des défilés et la possibilité de commander les tenues de la prochaine saison dès la fin des Fashion Weeks restent réservées à un cercle restreint de professionnel(le)s. Les outils informatiques et web modernes ont certes permis à de nombreux acteurs d’émerger et de proposer des boutiques virtuelles où il est possible d’acheter des articles de toutes les marques qu’on désire, mais l’expérience utilisatrice n’a guère évolué. Ces sites ne proposent finalement rien de plus que la boutique classique du bas de la rue.

L’idée et la conviction forte qu’il y avait là une expérience de rupture à proposer aux fashionistas du monde entier nous ont conduits  à lancer le site www.mybeautifuldressing.com en octobre 2012 pour digitaliser le défilé et amener le catwalk à un click des modeuses, dans leur propre salon.

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