Interview de Jean-François Rial, PDG du groupe Voyageurs du Monde

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Culture RP a rencontré Jean-François Rial, PDG du groupe Voyageurs du Monde.

 

Jean-François RIal PDG Voyageur du Monde par Olivier Romano Photographe

 

Lorsqu’en 1979, Carrefour des Voyages propose une nouvelle façon de voyager, basée sur la vente directe de voyages sur mesure, élaborés par des spécialistes de chaque destination, peu croient en ce pari. Dix-sept ans plus tard, Alain Capestan et Jean François Rial, repreneurs de la société devenue Voyageurs du Monde, sont eux persuadés de cette approche du monde en individuel et à la mesure de chacun. Rapidement rejoins par leurs amis Lionel Habasque, Frédéric Moulin et Loic Minvielle, ils développent des voyages sur mesure basés sur la rencontre et le partage à travers une entreprise dont le but n’est pas uniquement le profit mais également la promotion de valeurs universelles fortes.

Aujourd’hui, alors que le terme même du sur-mesure est galvaudé, Voyageurs du Monde incarne plus que jamais une autre vision du voyage: « En tant que dirigeant d’entreprise, je suis assommé d’informations toute la journée et il faut que je prenne des décisions. J’ai aussi beaucoup réfléchi sur la question de l’ego. Dans les situations de crise, dans mon métier, il faut savoir garder la tête froide » Jean-François Rial.

« On ne fait pas un voyage, c’est le voyage qui vous fait » disait l’aventurier Nicolas Bouvier. Comment avez-vous réussi à réduire les frontières entre deux mondes qui semblent à première vue opposés, à savoir celui du management, de la décision et du voyage?

Le management moderne nécessite de plus en plus, au delà des qualités classiques de rigueur, de gestion, et de vision stratégique, d’être capable de gérer les émotionnels des uns et des autres, afin que  » l’alchimie de l’équipe » soit le plus harmonieux et donc efficace possible. Le voyage » ouvre » et donc permet de progresser dans cette gestion du QE (Quotient Emotionnel)…

La gestion du QE permet également d’intégrer plus d’informations à la prise de décision la plus juste…

Tout cela est donc au fond très compatible.

Vous êtes parfois considéré comme un extraterrestre, un franc tireur et vous semblez cultiver cela avec panache. Cette carte de l’égo vous permet-elle d’influencer de façon positive dans une société devenue digitale et encline à la singularité?

La provocation et la mise en scène permet le débat et l’échange intellectuel ; j’adore cela, et pour avancer dans le changement, il faut être transgressif, tout en étant capable de changer d’avis et d’écouter si vos propres transgressions sont erronées. La condition, de la transgression, c’est d’être capable de changer d’avis.

On peut avoir raison contre tous, mais on peut aussi avoir tort contre tous.

Voyageursdumonde Home

D’ailleurs, quelle serait pour vous la définition de l’influence, de l’e-réputation, de l’engagement?

L’influence, dont l’E-réputation n’est qu’un des sous ensembles, n’existe non pas par votre audience médiatique ou votre nombre de followers, mais dans votre capacité à proposer des choses différentes qui vont susciter un débat et parfois des progressions ou des décisions.

La force alors de votre engagement, de sa sincérité et donc de sa proximité avec la vérité seront ainsi au fond vos meilleures armes d’influence.

Est-ce souhaitable « l’indentification » par le public, d’un homme à une marque pour améliorer la visibilité d’une entreprise et quelle serait la bonne distance?

Ce n’est ni souhaitable, ni non souhaitable. Cela dépend de la situation de l’entreprise, de son dirigeant, de son envie, de sa capacité à intéresser les journalistes ; bref, il faut des circonstances particulières, qui sont rarement remplies toutes à la fois. Enfin, il faut faire cela pour une entreprise qui s’adresse au grand public, pour que cela soit utile. Mais attention, car pour être entendu, il faut être transgressif (un peu au moins), et donc c’est aussi dangereux. Et SURTOUT, il ne faut pas le faire que pour cela, sinon, vous n’êtes pas dans la vérité, et donc plus entendu.

Cela ne peut pas être une stratégie. C’est arrivé tout seul pour moi, sans le décider…

Un chef d’entreprise doit-il forcément être sur les médias sociaux, si oui comment?

Il peut être sur tweeter, qui est un média de décideurs ailleurs, je n’en suis pas sûr, cela dépend de ses goûts, de son métier. Mais il ne faut pas qu’il soit sur tweeter « pour y être », mais s’il a vraiment des choses à dire: il n’y a rien de pire que des tweets inutiles.

Cela reste un outil marginal aujourd’hui, mais cela peut vite changer…

Le comité annuel de la Fondation Insolites Bâtisseurs vient de se réunir et a voté 26 projets dans 18 pays du Sud dont 7 nouveaux partenariats. Quels sont les projets qui ont plus particulièrement attirés votre attention?

C’est très difficile de les hiérarchiser car ils sont tous bien mais j’adore les projets de reforestations avec une dimension sociale très forte comme ceux pour les Sans Terre au Brésil par exemple….

Et si vous aviez la possibilité de changer quelque chose dans votre vie quelle serait-elle?

Etre moins accroc à toutes mes passions tout en restant toujours autant impliqué sur ce qui me passionne…

Un équilibre complexe pour moi !

 

 Photographie de Jean-François RIal par ©Olivier Romano

 

 

Marc Michiels :

– Chargé de la ligne éditoriale, Interviews : Culture RP
– Community Manager : @Culturerp  @Argusdelapresse
Artiste, Écrivain et Critique Littéraire : @lemotlachose @LaCauselit

 

 

 

 

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