Le COVID, une opportunité pour l’image employeur

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Tribune de Gaël Chatelain-Berry, conférencier-écrivain-chroniqueur : les enjeux d'aujourd'hui et de demain dans le bien-être au travail.

#ParoledeDircom

Le monde a changé pour beaucoup d’entre nous, et une bonne image employeur est celle qui, en tout point, ressemble aux attentes que nous avons vis-à-vis d’une entreprise.

Gaël Chatelain-Berry, Conférencier- Écrivain- Chroniqueur

Selon un sondage réalisé auprès de 1 123 personnes, 73% des salariés se déclarent moins ou nettement moins motivés aujourd’hui qu’avant le confinement. En 2017, selon une étude Gallup réalisée au niveau mondial, seulement 6% des salariés français se déclaraient totalement engagés dans leur travail, les plaçant dans le peloton de queue des salariés dans le monde du point de vue de l’engagement.

Tout cela n’est pas encourageant au premier abord.

Et pourtant, il y a une formidable opportunité pour les entreprises françaises. En effet, les entreprises françaises font partie des dernières dans le monde a avoir intégré une véritable stratégie de Qualité de Vie au Travail (QVT) dans leur stratégie globale. Il aura fallu attendre la vague de suicide chez France Télécom et Renault en 2008 pour que ces politiques deviennent une réalité et cela ne fait que quelques années qu’elles prennent conscience que pour attirer, et garder des talents, le bien-être au travail des salariés est essentiel.

Ne nous y trompons pas !

La crise sur le marché de l’emploi sera passagère et nous reviendrons bien vite sur des marchés en tension où les talents auront le choix entre plusieurs entreprises. Le rapport de force entre les candidats et les entreprises s’est inversé depuis quelques années, notamment pour les jeunes diplômés,  poussant, par exemple, des sociétés comme EY, célèbre société de conseil, en Australie à offrir 12 semaines de congés que les salariés peuvent prendre de façon consécutives pour réussir à attirer des candidats.

Lorsque l’on parle de bien-être au travail, le COVID aura changé quelque chose de central : certes, la qualité des bureaux est toujours essentielle, la qualité du management l’est tout autant, mais la sécurité sanitaire est subitement arrivée en tête des attentes des salariés. Quel candidat souhaiterait intégrer une entreprise qui pratique toujours du flex-office non sécurisé, ne donne pas de masques, pas de gel hydro-alcoolique ? Certes, le Gouvernement impose depuis peu ces règles de base, mais non seulement ne sont-elles pas nécessairement appliquées, notamment dans les PME, mais il ne s’agit que du minimum de la sécurité sanitaire.

Des  entreprises vont beaucoup plus loin dans la gestion de cette crise sanitaire et ont transformé une forte contrainte pour les salariés en un argument de recrutement. Veolia, par exemple, avant le déconfinement, proposait déjà de tester ses salariés et la température de ces derniers était prise avant de pouvoir entrer dans les locaux créant ainsi un sentiment de sécurité en interne.

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Aujourd’hui, 98% des salariés souhaitent garder une partie de télétravail.

Avant la crise, il n’y avait que 16% des entreprises qui avaient des accords de télétravail alors que plus de 60% des salariés souhaitaient pouvoir en faire. Avec le COVID, ce sont 98% des salariés qui souhaitent garder une partie de télétravail, et pour 72%, avec 2 ou 3 jours par semaine.

Certaines entreprises souhaitent revenir à ce qu’était la normalité avant le confinement. Soyons clair, cela ne sera pas possible du fait des attentes des salariés. Ce que le confinement nous aura appris, c’est que certains métiers que l’on pensait inéligibles au télétravail, en fait, le sont. Nous allons assister dans les semaines et mois à venir à une opposition de styles. Il y aura d’un côté les entreprises qui feront absolument tout pour revenir à l’organisation du travail pré-COVID… et les autres, celles qui auront compris que le monde du travail et, surtout, les exigences des salariés ont radicalement changé. Les premières n’ont pas encore conscience des dégâts que cela va avoir sur leur image employeur et verront sans aucun doute leur turn-over exploser dans les mois à venir.

Il est aisé de comprendre qu’entre deux entreprises proposant un travail équivalant avec un salaire identique, l’une proposant une organisation avec la possibilité d’avoir jusqu’à 50% de télétravail et l’autre n’en proposant pas, le choix des candidats sera vite fait. Les entreprises qui souhaiteraient utiliser cette période de façon positive en termes d’image employeur devront l’afficher de façon claire, bien au-delà du discours imposé par la sécurité sanitaire.

Enjeux pour l’avenir.

Il y a deux mois, Jack Dorsey, le PDG de Twitter, a annoncé que le télétravail à 100% pourrait se prolonger, même quand le COVID aura disparu. Facebook a lancé ses premiers recrutements 100% à distance. Travailler son image employeur, c’est inscrire la politique de bien-être au travail, dont fait partie le télétravail, dans le long terme, et pas uniquement en réponse à une crise. Il est anxiogène pour les salariés de ne pas savoir à quelle sauce ils seront mangés une fois le COVID parti. À l’inverse, il est incroyablement motivant de savoir que son entreprise est arrivée à tirer du positif de l’une des crises les plus néfastes de l’histoire de nos économies.

Le monde a changé pour beaucoup d’entre nous, et une bonne image employeur est celle qui, en tout point, ressemble aux attentes que nous avons vis-à-vis d’une entreprise. La France est très en retard en termes de télétravail. Le COVID donne l’opportunité aux entreprises non seulement de rattraper ce retard, mais d’aller au-delà en inventant de nouvelles organisations du travail qui correspondent aux aspirations des salariés. Une entreprise qui annoncerait aujourd’hui que ses salariés pourront travailler autant qu’ils le souhaitent en télétravail même quand le COVID aura disparu verrait sans aucun doute son nombre de candidatures spontanées exploser.

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Irréaliste ?

Pas vraiment plus que les entreprises comme NETFLIX qui depuis des années donne la possibilité à ses salariés de prendre autant de jours de congés qu’ils le souhaitent. Cela fonctionne pour une bonne raison : les salariés n’en abusent pas et restent globalement au même nombre de jours de congés annuel qu’un salarié « classique »… mais de savoir que s’ils voulaient en prendre plus, ils pourraient, cela change tout.

La question est de savoir si des entreprises françaises auront cette vision à moyen et long terme de leur politique de recrutement à un moment où les impératifs économiques nous poussent à avoir une pensée court-termiste. Mais, n’en doutons pas, l’entreprise qui annoncera cela verra son image employeur transformée, car elle aidera les salariés à se projeter dans l’avenir de façon optimiste, chose dont nous avons tous et toutes cruellement besoin. Alors… chiche ?

Marc Michiels

Marc Michiels

Rédacteur en chef : Donner la parole à l’autre sous la forme d’une tribune, une interview est en quelque sorte se donner à lire, comme une part de vérité commune… / Retrouvez-moi sur LinkedIn

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