Vers une transformation intérieure qui invite à repenser son rôle de décideur.

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Culture RP a rencontré Henry Sébastien pour une interview sur les raisons qui l’ont poussées à écrire « Ces décideurs qui méditent et s’engagent. Un pont entre sagesse et business » (Dunod). Après des études à l’ESSEC, et un parcours en vente et marketing, il co-fonde une entreprise de formation en management et de coaching en Asie, où il y travaille pendant près de 10 ans. Avec un siège à Hong-Kong et des filiales à Shanghai, Tokyo ainsi que Singapour, il propose son savoir à des grandes entreprises comme Bayer, Carrefour, Jonhson & Johnson, Alcatel-Lucent, General Electric, Veolia, Airbus, BNP Paribas…

Après la sortie de votre deuxième ouvrage « Quand les dirigeants s’inspirent des moines : 9 principes pour donner du sens à votre action » Ed Dunod.Vous récidivez en quelque sorte sur le thème de la méditation comme forme première d’un engagement sur le réel pour les décideurs, pour quelles raisons?

Mon livre précédent ne portait pas spécifiquement sur la méditation mais sur l’inspiration que les décideurs peuvent trouver dans ce mode de vie si différent qu’est celui des moines, en passant en revue les grands principes qui structurent leur vie.

Dans ce nouveau livre, je me concentre sur cette pratique appelée “méditation”, afin de clarifier les malentendus dont elle fait encore souvent l’objet. Pour cela, je suis allé rencontrer 60 décideurs dans 10 villes dans le monde qui ont une pratique régulière de la méditation, pour leur demander comment cette pratique a influé leur manière de diriger.

De plus en plus de signes semblent indiquer que la pratique de la méditation prend « ses quartiers » dans le monde de l’entreprise à l’échelle mondiale. Est-ce un effet de mode?

J’ai rencontré des centaines de dirigeants et managers qui ont soif d’essentiel et veulent donner plus de sens à leur action. Pris dans l’urgence du quotidien. J’ai été frappé par les interventions d’hommes et de femmes d’affaires américains lors de la conférence Wisdom 2.0 à San Francisco, à laquelle j’ai participé en 2013: les fondateurs de Linked-In et Twitter, la COO de Cisco, le PDG de Ford et bien d’autres ont parlé de leur parcours intérieur et de leur pratique de la méditation.

Ce livre s’appuie notamment sur 60 entretiens de décideurs à travers le monde. Quels sont selon vous ceux qui vous ont le plus intéressés et pourquoi?

Peut-être ceux qui étaient très sceptiques au début, et qui ont essayé tout de même pour voir. Mais également ceux pour lesquels leur pratique s’est traduite pour un repositionnement de leur ego à sa juste place, une ouverture du coeur croissante, et une envie grandissante de repenser leur rôle de décideur pour s’engager beaucoup plus à travers leur business pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux.

Dans votre ouvrage, vous mettez en avant le caractère laïc de cette pratique. Pourquoi?

Je ne dis pas qu’il s’agit d’une pratique de caractère laïque, mais d’une pratique “abordable de façon laïque”. C’est très différent, car il y a une vraie tradition méditative dans toutes les grandes religions, disponibles pour les décideurs qui souhaitent garder leurs racines dans leur propre religion. Mais le choix d’une approche entièrement laïque est tout à fait possible. Il est essentiel de la préciser car cela serait sinon un obstacle majeur pour la diffusion de cette pratique dans les entreprises.

Cela serait dommage car les bienfaits de la méditation répondent à plusieurs besoins essentiels exprimés dans de nombreuses entreprises:

moins de stress, plus de sérénité, d’harmonie, mais aussi plus de créativité

Je vous cite : « Les décideurs qui découvrent la méditation peuvent ressentir un mélange d’enthousiasme et de frustration. Souvent orientés vers l’action, ils veulent ressentir les bienfaits de leur pratique aussi vite que possible ». Quel est votre « discours », votre approche pour les aider?

Surtout,  comprendre le plus vite possible que dans la méditation il n’y a rien à atteindre, rien à réussir. Mais alors :

  • Pourquoi aménager du temps dans des emplois du temps déjà serrés pour une pratique dont il ne faudrait rien attendre?
  • Apprivoiser ce paradoxe, ce qui peut être fait rapidement ou prendre plus de temps, est la clef d’une pratique qui ne transforme pas en combat contre soi-même.
  • La méditation devient alors un espace quotidien de liberté, d’apaisement, et d’inspiration.

Pour les décideurs qui le souhaitent, la pratique de la méditation invite à un ajustement de l’ego dans leur mission quotidienne. Pensez-vous que cela soit une solution au burn-out?

Je pense en effet que la façon dont nous laissons parfois notre ego “diriger” notre action de décideur peut mener dans certaines circonstances à un burn out.

Cet épuisement peut être longtemps masqué par l’urgence de l’action, mais risque de faire surface à un moment ou à un autre.

Après un certain temps de pratique régulière, la méditation invite au contraire non à vouloir supprimer notre ego (ce qui serait impossible) mais à le repositionner à sa juste place. Nous recouvrons alors toute la liberté de choisir la direction la plus juste pour notre entreprise et plus généralement pour notre vie.

Les décideurs, en raison de leurs talents et responsabilités sur l’évolution de nos sociétés ont une responsabilité particulière dans les modifications d’une conscience collective vers un mieux « vivre ensemble ». Qu’avez-vous envie de leur dire pour suivre ce chemin, voie d’une sagesse universelle incarnée dans l’action?

Les décideurs en entreprise ont désormais une grande partie du pouvoir qu’avaient autrefois les politiques :

  • Responsabilité de chercher sans cesse la justesse de l’action.
  • Jouer un rôle dans la société à la mesure du pouvoir octroyé.
  • Ancrer son action dans une recherche permanente de sagesse.

Un exemple magnifique à mes yeux est celui de Marc Aurèle, qui n’était pas un PDG mais un empereur romain dans un période plutôt agitée.

Ses “Pensées pour moi-même” sont très inspirantes.

La bonne nouvelle est qu’il y a de dirigeants contemporains qui ont une démarche similaire, même si pas assez à mon goût.

Je conseille ainsi vivement la lecture de “Conscious capitalism”, du PDG de Whole Foods Market, John Mackey (résumé gratuit disponible sur le site www.sebastienhenry.com).

Marc Michiels :

– Chargé de la ligne éditoriale, Interviews : Culture RP
– Community Manager : @Culturerp  @Argusdelapresse
Artiste, Écrivain et Critique Littéraire : @lemotlachose @LaCauselit

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