Journalistes et RP, cause commune contre la défiance

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Tribune de Natacha Favry, fondatrice et CEO de L’AgenceRP : Avant de penser à réinventer notre métier, revenons au pourquoi, au sens de ce que nous faisons et à notre mission...

#Paroled’Agence

Nous nous devons d’être une source d’information crédible. Il en va de notre responsabilité, vis-à-vis des journalistes et de nos clients, mais aussi et surtout de notre responsabilité envers la société.

Natacha Favry, fondatrice et CEO de L’AgenceRP

Dans sa Tribune, Natacha Favry, fondatrice et CEO de L’AgenceRP, estime que la crise que nous traversons est l’occasion de revenir à l’essentiel : les RP sont les partenaires des journalistes et les premiers garants d’une information fiable. Ensemble ils pourront donner à nouveau confiance aux Français. 

C’est historique. Dans le 33e baromètre de confiance dans les médias réalisé par Kantar pour La Croix en janvier 2020, l’intérêt des Français pour l’information a atteint son plus bas niveau depuis son lancement en 1987. Quatre Français sur dix s’en détournent par manque d’intérêt et seuls 50 % d’entre eux jugent que les informations diffusées à la radio sont crédibles, 46 % pour la presse écrite, 40 % pour la télévision et – accrochons nous –  23 % pour les sites internet.

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Gilets Jaunes, réforme des retraites et coronavirus 

Une désaffection qui s’explique en grande partie par la couverture qu’ont fait les médias de la vague de mobilisation des Gilets Jaunes et de celle consécutive à la réforme des retraites. Il leur a été reproché une trop grande proximité avec le pouvoir et d’être les relais d’une parole officielle qui n’admet pas la contradiction. 

Des griefs qui semblent désormais cristallisés puisque d’après un sondage BVA pour Europe 1 et Orange publié fin mars, la confiance des Français dans les informations données par les médias sur le coronavirus plafonne à 42 %. 

Parfaitement conscients de ce manque de crédit et de ses conséquences possibles sur leur emploi, les journalistes tentent de se réinventer, de coller aux attentes de leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Les contenus types « fact-checking » fleurissent dans quasiment toutes les salles de rédactions, les lanceurs d’alerte, protégés par statut légal depuis 2016, sont mis en avant et la parole est de plus en plus donnée à de vrais experts.

La nécessité d’alimenter la machine

Toutefois, les médias restent confrontés à un amer dilemme : comment continuer à alimenter le besoin continu d’informations généré par notre mode de vie ultra-connecté et consumériste, tout en garantissant une information de qualité ? Ce besoin de nourrir la machine en permanence donne lieu à l’établissement quasi à demeure de profils sachants en tout, spécialistes en rien : des « éditorialistes » qui passent du football à la politique étrangère, des médecins généralistes qui s’expriment sur un virus qu’aucun infectiologue ne comprend, des critiques culinaires qui parlent mondialisation ou encore des acteurs qui signent des tribunes vides de sens et de proposition. 

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RP et journalistes, les ouvriers de l’information

Alors revenons aux fondamentaux. Journalistes et RP sont tous deux des ouvriers de l’information qui interviennent à des stades différents de sa chaîne de production. Nous partageons la responsabilité de fournir une information fiable, pertinente, vérifiée, non-commerciale, provenant d’experts compétents. De l’aveu même de journalistes, trop d’entre nous se contentent d’alimenter la bande passante, de sauter sur la moindre opportunité pour placer un client et ne les voient que comme une cible à qui « vendre » quelque chose. Ce n’est pas notre métier. Ce n’est pas là que les journalistes et nos clients nous attendent. Nous avons une responsabilité vis-à-vis des publics et de la société. Désinformer ou mal informer a des conséquences, influe sur les comportements, biaise les jugements.

Alors que depuis quelques semaines la mode est au « Monde d’après ». De grands penseurs, de brillants entrepreneurs, nous expliquent comment la crise va impacter nos comportements, changer nos habitudes, avec l’espoir secret qu’elle fasse de nous de « meilleurs humains » et change radicalement notre société. 

Qu’en est-il de notre métier ? Le changement, radical, est-il vraiment nécessaire ?

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Pourquoi chercher le neuf, quand un retour aux fondamentaux est suffisant… 

Avant de penser à réinventer notre métier, revenons au pourquoi, au sens de ce que nous faisons et à notre mission : informer et révéler au grand public les gens qui savent, qui font avancer les choses. Réellement !

Permettons aux véritables experts d’émerger, mettons-les en lumière même si ce ne sont à priori pas de « bons clients », privilégions le factuel au sensationnel. Positionnons-nous comme le premier filtre, des artisans de la vérification de l’information et sensibilisons y nos clients. Nous ne sommes pas des publicitaires, nous ne devons pas en être. 

Ce n’est pas nouveau, mais nous avons aujourd’hui l’opportunité de passer d’un simple discours qui séduit lors des dîners en ville à une application concrète de ces principes. Ceux qui s’étaient éloignés de cette mission fondamentale d’utilité publique tiennent la chance de se remettre en question et de se tourner vers une manière plus éthique de travailler.

Nous nous devons d’être une source d’information crédible. Il en va de notre responsabilité, vis-à-vis des journalistes et de nos clients, mais aussi et surtout de notre responsabilité envers la société. Notre survie dépend finalement elle aussi de ce taux de confiance.

Ce n’est qu’avec une presse en bonne santé que les relations presse pourront prospérer.

Marc Michiels

Marc Michiels

Rédacteur en chef : Donner la parole à l’autre sous la forme d’une tribune, une interview est en quelque sorte se donner à lire, comme une part de vérité commune… / Retrouvez-moi sur LinkedIn

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