Siècle Digital, 6 ans d’aventure et déjà un grand média !

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« Il n’y a pas d’influence sans communauté. Il est donc important d’avoir ça en tête dès qu’il y a du trafic sur le média. Ce qui veut dire qu’il faut être attentif aux lectures, aux interactions sur les réseaux sociaux et tout un ensemble de KPIs que l’on peut avoir sur le web. »

#JaimeLaPresse

« Il n’y a pas d’influence sans communauté. Il est donc important d’avoir ça en tête dès qu’il y a du trafic sur le média. Ce qui veut dire qu’il faut être attentif aux lectures, aux interactions sur les réseaux sociaux et tout un ensemble de KPIs que l’on peut avoir sur le web. » 

Valentin Blanchot,CEO, Shine Media – Rédacteur en chef, Siècle Digital.

Siècle Digital, un blog créé par deux étudiants, devenu un média tendance incontournable de vulgarisation du numérique et de la tech fête aujourd’hui ses 6 ans. Quelques chiffres : 4,5 millions de visiteurs uniques sur les 8 premiers mois de 2019, une communauté engagée sur les réseaux sociaux de plus 202 000 abonnés, une société de conseil avec Shine Media, une cinquantaine de clients issus de l’écosystème B2B, de la tech et de l’innovation et un site dédié à l’entertainment : Comiga !

« Lorsque nous avons lancé Siècle Digital, nous n’imaginions pas créer quelques années plus tard, une société pour professionnaliser le média. On s’était alors dit qu’il valait mieux “se planter” avant nos 30 ans plutôt qu’après… La refonte de l’identité visuelle et du site web illustrent également ce pas en avant. ” » – Valentin Blanchot et Arnaud Verchère

Ses co-fondateurs entendent poursuivre sur leur lancée avec une nouvelle formule «Elle sera fidèle à leur devise « les sujets inhérents au numérique ne doivent pas être compris uniquement par ceux qui les maîtrisent ».

Culture RP a voulu en savoir plus sur ce média exigeant implanté à Lyon…

Revenons à l’origine de la création du blog, quels souvenirs en gardez-vous ?

Arnaud : Comme le premier projet extra-scolaire qui avait (et l’a toujours) une ambition, mais sans objectif entrepreneurial. C’était très excitant et sans prise de tête, nous étions étudiants.

Quel est le plus gros challenge du métier aujourd’hui ? 

Arnaud : Il faut arriver, comme les médias en général, à monétiser, mais surtout rentabiliser le support tout en gardant ses lecteurs fidèles et en attirer des nouveaux.

Quel avenir pour la presse numérique face à la presse écrite ?

Arnaud : L’avenir de la presse numérique et la presse écrite sont liés ! Je pense que les difficultés de la presse écrite impactent celles de la presse numérique. J’entends par là que le métier est globalement le même, seul les usages changent. Le niveau de lecture de la presse numérique varie en fonction de l’âge de l’audience. Une personne de 60 ans lit la presse numérique tout comme un étudiant de 21 ans. La différence va résider dans le canal d’acquisition qui parfois se chevauche.

Quelles sont les valeurs, votre singularité, L’ADN de ce média en ligne ?

Arnaud : C’est l’ambition de départ : vulgariser les sujets liés au numérique et nouvelles technologies. On évite le plus possible les tons pompeux et les critiques non constructives sur les sujets traités. Lorsqu’un sujet est nouveau, les rédacteurs apprennent au même titre que les lecteurs. Tout le monde y gagne en somme.

Les  choix éditoriaux ont-ils évolués et si oui quels conseils donneriez-vous à de jeunes entrepreneurs qui souhaitent suivre votre vision métier ? 

Arnaud : Entre la création de Siècle Digital, qui était un blog et la professionnalisation pour en faire un média référent, nous avons dû élargir notre ligne éditoriale. De plus, à deux nous écrivions sur les sujets qui nous parlaient et intéressaient. Avec de nouveaux contributeurs, la ligne éditoriale s’est élargie naturellement. À présent, Valentin (en tant que rédacteur en chef de Siècle Digital) contrôle cette dernière pour garder un fil rouge, une cohérence pour nos lecteurs. Mais tout comme la société évolue et notamment le monde du numérique, Siècle Digital doit aussi évoluer.

Y-a-t-il des bonnes pratiques à respecter lorsque l’on souhaite être un média influent ?

Arnaud : Il n’y a pas d’influence sans communauté. Il est donc important d’avoir ça en tête dès qu’il y a du trafic sur le média. Ce qui veut dire qu’il faut être attentif aux lectures, aux interactions sur les réseaux sociaux et tout un ensemble de KPIs que l’on peut avoir sur le web.

Quels ont été vos choix de ligne de votre nouveau positionnement visuel et d’engagements pour votre lectorat ?

Valentin : Cette nouvelle identité devait trancher avec l’ancienne. Nous étions limités par les couleurs, et toutes utilisations créatives d’une manière générale. Cependant, il nous fallait garder des éléments similaires comme le S. Pour le reste, nous souhaitions avoir une identité sérieuse qui nous distingue des autres médias. Je pense que c’est réussi.

En matière d’engagement pour notre lectorat, cette identité prouve que l’on se considère aussi comme une marque, et non pas comme un média qui produit du contenu. Lui proposer un site agréable à lire, dans un bel écrin, c’était très important pour nous.

Est-ce une remise à niveau entre le fond et la forme, comme pour mieux anticiper notre baisse de l’attention au regard de l’information ou tout autre chose ? 

Valentin : Il faut évidemment proposer de nouvelles choses pour ne pas que le lecteur se lasse, mais l’idée ici était d’être identifiable. Cela nous permettra de mieux fidéliser des internautes qui ne nous connaissaient pas, puisque nous sommes plus reconnaissables à présent. Pour ce qui est de la bataille de l’attention, je pense qu’elle se joue sur la qualité de nos contenus, et notre capacité à les diffuser de la meilleure manière qui soit.

Depuis la création du blog, vous proposez une information gratuite, pourquoi ? 

Valentin : La réponse se trouve à la fois dans la question et dans la réponse à la première question. Au départ Siècle Digital était un blog sans la volonté d’en faire notre métier. C’était il y a 6 ans et nous étions des étudiants pensant évoluer en agence de communication ou en entreprise. Donc aucun business model n’avait été pensé. C’est seulement à la création de la société Shine Media que nous avons travaillé le plan et que la question s’est posée.

Nous avons décidé de conserver la gratuité de nos articles à l’heure actuelle pour justement correspondre à notre ambition de “vulgariser les sujets liés au numérique”. Souscrire à une offre mensuelle ou payer à l’article n’est pas notre vision, ne permettrait pas et bloquerait des lecteurs à consulter nos sujets. Notamment les étudiants, même si ce ne sont pas la majorité de notre lectorat.

Pensez-vous que l’avenir de la presse passe obligatoirement dans une approche papier + numérique ?

Valentin : C’est facile d’émettre des suppositions et difficile de trouver la ou les bonnes réponses… Personnellement, je pense qu’un titre de presse entièrement papier peut s’en tirer, tout comme un titre entièrement numérique. Il faut juste fixer les objectifs d’audience et financiers à la hauteur de ses choix. Aujourd’hui, si l’on veut “avoir pignon sur rue” avec un média, il faut travailler le numérique et le papier.

Selon vous quel avenir pour la monétisation de l’information ? Comment réagissez-vous sur le fait que Facebook refuse de mettre en œuvre les droits voisins ?

Valentin : C’est la question à plusieurs millions ! Si nous avions la réponse parfaite, d’autres grands médias nous auraient suivis.

Quant au droit voisin, j’ai un regard lié à mon éducation digitale… Je vois la presse demander de l’argent à des acteurs privés alors que ces derniers leur rapportent justement de l’audience et donc in fine des revenus. Si la part de trafic provenant de Facebook a globalement diminué ces trois dernières années, ça reste un support intéressant à traiter pour les médias quand on sait que 30 millions de français se connectent au moins une fois par mois à Facebook. Donc, je vois une presse en difficulté qui demande “le beurre et l’argent du beurre” à des sociétés qui n’en ont cure. 

Là où je comprends la colère de la presse, c’est que Google et Facebook les ont littéralement bernés pour pousser les médias à produire des contenus sur leur support respectif et donc à investir. Pour ensuite revenir ou délaisser leurs initiatives (Facebook for Journalists, la désindexation de Google News si les médias ne consentent pas à la politique…).

Quels seront les besoins métiers de demain pour les rédactions avec l’utilisation réelle de l’Intelligence Artificielle ?

Valentin : Je n’oserais pas m’avancer sur le terrain des applications de l’intelligence artificielle au niveau de la presse. Il y a beaucoup de peurs et / ou d’espoirs dans l’IA. Si il y a bien des preuves concrètes de l’IA dans différents domaines, c’est encore aujourd’hui un terme pour faire vendre. Les acteurs cités justement plus haut (Google et Facebook) en abusent beaucoup alors que derrière la modération, les ajustements liés à l’IA se trouvent des salariés basés en Asie où la main d’oeuvre est bon marché…

Par contre, les médias ont tout intérêt à embaucher ou travailler avec des ingénieurs, des développeurs pour répondre aux enjeux actuels du web : mobilité, rapidité et sécurité.

Marc MichielsRédacteur en Chef.

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